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DossierDémographie · Eurostat

Les femmes font-elles moins d'enfants, ou plus tard ?

En France, l'indicateur conjoncturel de fécondité est passé de 2,03 enfants par femme en 2010 à 1,61 en 2024. Le report des naissances à des âges plus avancés n'explique pas cette baisse : corrigé du calendrier, l'indicateur recule au moins autant, de 2,17 en 2014-2016 à 1,90 en 2021-2023. Les femmes nées en 1989 ont moins d'enfants à 35 ans que leurs aînées. Pour finir à deux, il leur faudrait en avoir plus après 35 ans qu'aucune des générations qui ont atteint 45 ans n'en a eu entre 35 et 45 ans.

Publié le 23 octobre 2026 · 10 min de lecture

Données : Statistiques nationales par catégorie (Eurostat, extraction du 22 octobre 2026)

À jour vérifié le 27 octobre 2026 État des données

Indicateur conjoncturel de fécondité, France, 20241,61enfant par femme, contre 2,03 en 2010
Corrigé du calendrier, France, 2021-20231,90enfant par femme en moyenne, contre 2,17 en 2014-2016
Âge moyen au premier enfant, 202429,4 ans+1,2 an depuis 2013
Femmes nées en 19742,02enfants par femme en moyenne, la plus jeune génération qui a atteint 50 ans
Indicateur conjoncturel de fécondité, observé et corrigé du calendrier, France, 2013-2024

Eurostat, demo_frate et demo_fordagec, d'après les instituts nationaux · CC BY 4.0 · calculs Prisme, correction de Bongaarts et Feeney (1998) par rang de naissance ; bande : selon le lissage de l'âge moyen (deux, quatre ou six variations annuelles)

Données de la figure
AnnéeObservéCorrigé (2 variations)Corrigé (4 variations)Corrigé (6 variations)
20131,99———
20142,002,21——
20151,962,142,17—
20161,922,152,112,11
20171,892,082,072,06
20181,872,012,032,06
20191,862,002,042,04
20201,822,051,991,96
20211,822,061,981,99
20221,781,871,96—
20231,661,79——
20241,61———

La courbe orange donne ce qu'aurait été l'indicateur de l'année si l'âge des mères n'avait pas augmenté. La bande montre ce qu'elle devient quand on lisse plus ou moins cette hausse. L'écart entre les deux courbes mesure l'effet du report.

Les mères ont leurs enfants de plus en plus tard

L'âge moyen des mères a baissé jusqu'en 1977 (26,5 ans), puis il est remonté, jusqu'à 31,1 ans en 2024.

De 2013, première année où les rangs de naissance français sont comparables, à 2024, il augmente à chaque rang : +1,2 an pour le premier enfant, +0,8 an pour le deuxième, +0,6 an pour le troisième et +0,6 an pour les suivants.

Quand l'âge moyen au premier enfant augmente de 0,11 an chaque année, comme en moyenne de 2013 à 2024, les premières naissances d'une année s'étalent sur un peu plus d'un an. L'indicateur de l'année en compte alors environ 11 % de moins que si le calendrier n'avait pas bougé. Ces naissances sont déplacées, non perdues : c'est l'effet de calendrier.

Âge moyen des mères à la naissance de leurs enfants, France, 1960-2024

Eurostat, demo_frate et demo_fordagec, d'après les instituts nationaux · CC BY 4.0 · âge moyen d'une génération fictive soumise aux taux de l'année ; France métropolitaine jusqu'en 1997, France entière ensuite ; par rang depuis 2013

Données de la figure
AnnéeToutes les naissancesPremier enfantDeuxième enfant
196027,6——
196127,6——
196227,5——
196327,4——
196427,4——
196527,3——
196627,3——
196727,3——
196827,3——
196927,3——
197027,2——
197127,1——
197227,0——
197326,9——
197426,8——
197526,7——
197626,6——
197726,5——
197826,6——
197926,7——
198026,8——
198127,0——
198227,1——
198327,1——
198427,3——
198527,5——
198627,7——
198727,9——
198828,0——
198928,2——
199028,3——
199128,4——
199228,5——
199328,7——
199428,8——
199529,0——
199629,1——
199729,2——
199829,3——
199929,3——
200029,3——
200129,4——
200229,4——
200329,5——
200429,6——
200529,7——
200629,7——
200729,8——
200829,8——
200929,9——
201030,0——
201130,0——
201230,1——
201330,228,130,9
201430,328,330,9
201530,428,531,0
201630,528,531,1
201730,628,731,1
201830,628,731,2
201930,728,931,3
202030,828,931,4
202131,029,131,5
202231,029,131,6
202331,029,131,6
202431,129,431,7

Corrigée du calendrier, la fécondité baisse autant

En 1998, les démographes John Bongaarts et Griffith Feeney ont proposé de rendre à l'indicateur de chaque rang ce que la hausse de l'âge moyen lui retire, puis d'additionner les rangs. L'indicateur corrigé dit combien d'enfants les femmes auraient eus cette année-là si elles n'avaient pas retardé leurs naissances.

En 2014-2016, l'indicateur corrigé valait 2,17 enfants par femme en moyenne, pour 1,96 observé. Le report retranchait déjà 0,21 enfant à l'indicateur. En 2021-2023, il en retranche 0,15 : le report n'a pas accéléré.

La baisse ne vient donc pas du report. De 2014-2016 à 2021-2023, l'indicateur observé perd 0,21 enfant par femme et l'indicateur corrigé 0,26 enfant. À calendrier égal, le nombre d'enfants de l'année diminue.

Les choix de calcul ne changent pas ce constat. Il tient quand on lisse davantage la hausse de l'âge moyen (quatre ou six variations annuelles au lieu de deux, sur des années plus proches) et quand on corrige toutes les naissances sans distinguer les rangs. Selon la variante, l'indicateur corrigé baisse de 1,2 à 1,4 fois ce que baisse l'indicateur observé.

D'une année à l'autre, l'indicateur corrigé bouge davantage que l'observé : de 1,79 à 2,21 entre 2014 et 2023. La méthode a cette faiblesse connue, parce qu'elle dérive l'âge moyen d'une année à la suivante. D'où les moyennes de trois ans, et la prudence devant une année isolée. L'indicateur corrigé de 2024 n'est pas encore calculable : il lui faut l'âge moyen de l'année suivante.

Les plus jeunes générations ont pris du retard

L'indicateur d'une année additionne des femmes de tous âges. Suivre une génération, les femmes nées une même année, donne le nombre d'enfants qu'elles ont eus à chaque âge. Le calendrier ne fausse pas cette mesure, mais elle n'est complète qu'à 50 ans.

Les femmes nées de 1945 à 1974 ont toutes eu deux enfants en moyenne, ou un peu plus : de 2,00 pour la génération 1969 à 2,21 pour la génération 1945. Celles nées en 1974, les plus jeunes à avoir atteint 50 ans, en ont eu 2,02.

Les femmes nées en 1984 en avaient 2,00 à 40 ans, un peu plus que celles nées en 1974 au même âge (1,96).

Le retard apparaît avec les générations suivantes et grandit chez les plus jeunes. À 35 ans, les femmes nées en 1989 ont eu 1,60 enfant en moyenne, 0,12 de moins que celles nées en 1979 au même âge. À 30 ans, celles nées en 1994 en ont eu 0,88, 0,22 de moins que celles nées en 1984.

Elles peuvent encore rattraper une partie de ce retard. Pour finir à deux enfants en moyenne, les femmes nées en 1989 devraient en avoir 0,40 de plus après 35 ans. Or aucune des générations qui ont atteint 45 ans (nées de 1945 à 1979) n'en a eu autant entre 35 et 45 ans : au plus 0,35, pour celle née en 1979. Celles nées en 1994 devraient en avoir 1,12 de plus après 30 ans, contre 0,96 au plus entre 30 et 45 ans jusqu'ici. Ces chiffres disent ce qu'il leur faudrait, sans rien prévoir.

Nombre moyen d'enfants des femmes à 30, 35, 40, 45 et 50 ans, selon leur année de naissance

Eurostat, demo_frate et demo_fordagec, d'après les instituts nationaux · CC BY 4.0 · calculs Prisme en suivant chaque génération ; France métropolitaine jusqu'en 1997, France entière ensuite ; pointillés : deux enfants par femme

Données de la figure
Née enÀ 30 ansÀ 35 ansÀ 40 ansÀ 45 ansÀ 50 ans
19451,822,092,192,212,21
19461,772,052,152,172,18
19471,722,022,122,142,14
19481,681,982,092,122,12
19491,651,972,092,112,11
19501,641,962,092,112,11
19511,631,952,092,112,11
19521,621,952,092,122,12
19531,601,952,092,122,12
19541,591,952,102,122,13
19551,591,962,102,132,13
19561,571,952,102,132,14
19571,561,952,102,132,13
19581,551,942,102,132,14
19591,531,922,092,132,13
19601,501,902,082,112,12
19611,461,872,062,102,10
19621,431,852,042,082,09
19631,381,822,032,072,07
19641,341,802,012,052,06
19651,301,781,992,042,04
19661,271,751,972,022,02
19671,241,741,972,022,02
19681,221,731,962,012,02
19691,191,711,952,002,00
19701,171,701,942,002,00
19711,151,691,942,002,00
19721,121,681,942,002,00
19731,111,681,942,002,01
19741,111,691,962,022,02
19751,101,691,962,03—
19761,101,691,972,04—
19771,111,712,002,07—
19781,111,722,012,07—
19791,111,722,012,07—
19801,121,722,01——
19811,121,722,01——
19821,111,712,01——
19831,111,712,00——
19841,111,702,00——
19851,101,69———
19861,091,68———
19871,071,66———
19881,051,63———
19891,021,60———
19901,00————
19910,97————
19920,95————
19930,91————
19940,88————

En Europe aussi, la baisse tient surtout à moins d'enfants

Dans l'Union européenne, l'indicateur est de 1,34 enfant par femme en 2024, et l'âge moyen au premier enfant de 29,8 ans en 2023.

La même décomposition, sur les mêmes années (2014-2016 et 2021-2023), porte sur les 21 pays européens d'au moins 40 000 naissances par an dont les naissances par rang sont publiées ces années-là. Dans 13 d'entre eux, l'indicateur observé a baissé d'au moins 0,05 enfant.

Dans 10 de ces 13 pays, dont la France, l'indicateur corrigé baisse au moins des trois quarts de ce que baisse l'indicateur observé. Le report pèse davantage au Danemark, en Pologne et en Suède, où il s'est accéléré : la correction y efface plus de la moitié de la baisse.

Avec un lissage plus fort de l'âge moyen (variante comparant 2015-2017 et 2020-2022), 9 des 13 pays en baisse gardent ce constat. L'indicateur observé a au contraire augmenté en Bulgarie, en Tchéquie, en Hongrie, au Portugal, en Roumanie, en Serbie et en Slovaquie.

L'Italie et l'Espagne, où l'on a son premier enfant le plus tard (31,9 ans et 31,5 ans en 2024), ont aussi les générations les moins fécondes de ces pays : les femmes nées en 1974 y ont eu 1,44 et 1,38 enfant en moyenne. La fécondité y est basse depuis longtemps, et tient d'abord à un petit nombre d'enfants.

Variation de l'indicateur de fécondité, observé et corrigé du calendrier, de 2014-2016 à 2021-2023

Eurostat, demo_frate et demo_fordagec, d'après les instituts nationaux · CC BY 4.0 · calculs Prisme (Bongaarts et Feeney, 1998), moyennes de trois ans ; pays d'au moins 40 000 naissances par an

Données de la figure
PaysNaissances par anIndicateur 2024Âge au 1er enfant, 2024Variation observée, 2014-2016 à 2021-2023Variation corrigéeFemmes nées en 1974 (à 50 ans)Femmes nées en 1984 (à 40 ans)
Monténégro7 0211,75—————
Bulgarie61 8321,7126,9+0,16+0,181,631,68
Albanie28 6021,6427,5————
Serbie63 7971,6428,5+0,12+0,07——
France758 4651,6129,4−0,21−0,262,022,00
Islande4 3541,5628,9−0,17−0,342,221,96
Slovénie19 2921,5229,1−0,01−0,051,671,58
Turquie1 035 7951,4827,3————
Irlande61 0181,4731,2−0,27−0,262,081,84
Danemark59 3441,4730,3−0,14−0,061,961,77
Croatie36 1941,4629,5+0,100,00——
Slovaquie54 3421,4627,4+0,15+0,06—1,46
Norvège56 0921,4430,2−0,27−0,362,031,83
Belgique118 7361,4429,6−0,17−0,271,871,82
Macédoine du Nord20 5221,4427,80,00+0,21—1,61
Suède111 0421,4330,2−0,31−0,131,961,81
Pays-Bas171 6071,4330,5−0,16−0,241,771,74
Hongrie92 0201,4129,0+0,10+0,171,741,47
Portugal83 9911,4130,3+0,10−0,181,601,49
Roumanie190 4441,3827,3+0,08−0,131,601,61
Chypre9 7701,3830,0+0,12+0,05—1,48
Liechtenstein3671,3731,3————
Tchéquie106 2551,3629,0+0,06+0,071,821,61
Allemagne745 3241,36—————
Autriche83 3481,3130,0−0,09−0,211,661,55
Suisse85 2951,2931,3−0,13−0,161,661,54
Luxembourg6 2901,2531,6−0,14−0,381,821,58
Finlande50 5741,2530,0−0,30−0,351,911,70
Grèce84 9021,2431,20,00−0,031,571,48
Lettonie18 9261,2328,1−0,23−0,32——
Italie439 2141,1831,9−0,14−0,151,441,36
Estonie12 8961,1828,9−0,13−0,491,861,76
Pologne339 3031,1428,7−0,070,00—1,44
Espagne373 1001,1031,5−0,17−0,231,381,29
Malte4 3601,0129,9−0,28−0,26—1,45

Ce que le dossier ne dit pas

  • La correction de Bongaarts et Feeney suppose que, dans une année, le report touche tous les âges d'un même rang de la même façon, et que le nombre d'enfants n'évolue pas d'un âge à l'autre. Quand ces hypothèses ne tiennent pas, l'indicateur corrigé se trompe, dans un sens qu'on ne connaît pas. La méthode est discutée chez les démographes. Elle est donnée ici avec ses variantes, comme une estimation et non comme une mesure exacte.
  • L'indicateur corrigé n'annonce pas le nombre d'enfants qu'auront les générations : il dit ce qu'aurait été l'année sans report. Seule la descendance à 50 ans est définitive.
  • Le dossier mesure la fécondité sans dire pourquoi elle baisse. Les revenus, le logement, l'emploi ou l'envie d'enfants n'entrent pas dans ces données.
  • Les rangs de naissance français ne sont comparables qu'à partir de 2013. De 2000 à 2006, ils donnent plus d'un premier enfant par femme (jusqu'à 1,16) et les premiers rangs font 58 % des naissances en 2006, contre 42 % en 2013 : une autre définition du rang, que la page écarte.
  • L'Allemagne et la Turquie n'ont pas de naissances par rang utilisables toutes les années comparées (rangs absents ou tous comptés au premier) : ces pays sont hors de la comparaison européenne. Ailleurs, les naissances de rang inconnu, rares, sont réparties au prorata des rangs connus, âge par âge.
  • La France est la France entière depuis 1998 (Mayotte comprise depuis 2014, ce qu'Eurostat marque comme une rupture), la France métropolitaine avant. Les générations nées de 1949 à 1982 sont donc suivies sur deux champs. Les années où les deux sont publiés, l'indicateur de la France entière dépasse celui de la métropole de 0,013 à 0,019 enfant : l'ordre de grandeur de la rupture.
  • Eurostat tient encore pour provisoires les taux français de 2018, 2022, 2023 et 2024 : une révision des estimations de population les déplacerait.
  • Les taux de moins de 15 ans et de 50 ans ou plus ne sont pas lus : l'indicateur est ici la somme des taux de 15 à 49 ans. Depuis 2000, sur les 124 années et pays où la Banque mondiale publie aussi l'indicateur, l'écart ne dépasse pas 0,009 enfant.
  • Une génération est suivie dans le pays chaque année, migrantes comprises. C'est la descendance des femmes qui y vivent à chaque âge, pas celle de personnes suivies une à une, et le décès des femmes n'y joue aucun rôle.

Recoupé avec les chiffres publiés

Une analyse peut être cohérente avec elle-même et fausse, à cause d'une jointure qui perd des territoires, d'une unité mal lue ou d'un champ voisin du bon. Ces chiffres de la page sont donc comparés à ceux que publient des sources de référence. L'écart admis tient à ce qui les sépare (champ, méthode, année, arrondi) ; au-delà, la page n'est pas publiée.

Chiffres de Prisme et chiffres publiés par les sources de référence
ChiffrePrismePubliéÉcart
Indicateur conjoncturel de fécondité, France, 20241,611,61
Insee
0,00
admis : ± 0,01
Âge moyen des mères au premier enfant, France, 202429,4 ans29,3 ans
Eurostat
+0,1 an
admis : ± 0,1 an
Nombre moyen d'enfants à 40 ans des femmes nées en 1984, France2,002,00
Insee
−0,01
admis : ± 0,015
Sources, champs et écarts admis
  1. Indicateur conjoncturel de fécondité, France, 2024. Chiffre publié : 1,61 (2024 (provisoire) ; France (Mayotte comprise), enfants par femme). Source : Insee, Bilan démographique 2025 — Naissances, natalité et fécondité, tableau NAIS3 (indicateur conjoncturel de fécondité et âge moyen à l'accouchement), consulté le 22 octobre 2026. Publié pour 100 femmes (161) ; ramené à une femme. Chiffre de Prisme : somme des taux par âge révolu de 15 à 49 ans publiés par Eurostat (code FR). Écart admis (± 0,01) : même état civil : l'Insee transmet ses naissances à Eurostat. L'Insee arrondit à l'unité pour 100 femmes, somme des taux par âge atteint dans l'année et recalcule avec ses estimations de population de janvier 2026 ; Eurostat publie des taux par âge révolu, dont la page somme les âges de 15 à 49 ans. Une autre année, un autre champ (la métropole, à 1,58 la même année) ou des âges oubliés s'en écarteraient.
  2. Âge moyen des mères au premier enfant, France, 2024. Chiffre publié : 29,3 ans (2024 (provisoire) ; France, âge moyen des femmes à la naissance du premier enfant). Source : Eurostat, Indicateurs de fécondité (demo_find), âge moyen des femmes à la naissance du premier enfant (AGEMOTH1), consulté le 22 octobre 2026. Chiffre de Prisme : taux par âge révolu de 15 à 49 ans répartis par rang, âge a + ½. Écart admis (± 0,1 an) : même source, calcul différent : Eurostat arrondit au dixième (0,05 an) et compte les mères de moins de 15 ans et de 50 ans ou plus, que la page ne lit pas ; la page tire les taux du premier rang du rapport entre naissances par rang et taux par âge. Une erreur de rang (le deuxième enfant, à 31,7 ans selon Eurostat) ou d'année s'en écarterait.
  3. Nombre moyen d'enfants à 40 ans des femmes nées en 1984, France. Chiffre publié : 2,00 (génération 1984, fin 2024 ; France hors Mayotte jusqu'en 2013, France à partir de 2014). Source : Insee, Bilan démographique 2025 — Naissances, natalité et fécondité, tableau NAIS4 (descendance des femmes à divers âges par génération), consulté le 22 octobre 2026. Onglet « France », génération 1984, colonne « 40 ans » : 200,1 enfants pour 100 femmes, ramenés à une femme. Chiffre de Prisme : taux Eurostat par âge révolu (code FR, depuis 1998), suivis sur la diagonale de la génération. Écart admis (± 0,015) : même champ et mêmes naissances ; l'Insee cumule des taux par âge atteint dans l'année, la page les approche par la moyenne de deux âges révolus voisins et lit les populations d'Eurostat, transmises avant la dernière révision de l'Insee. Un an d'âge de décalage s'en écarterait (l'Insee publie 196,7 pour la même génération à 39 ans), comme un champ réduit à la métropole ou des âges oubliés.
Méthode détaillée

Données : taux de fécondité par âge révolu de la mère, de 15 à 49 ans (Eurostat, demo_frate, naissances vivantes de l'année rapportées au nombre moyen de femmes de cet âge), et naissances vivantes par âge révolu de la mère et rang de naissance (demo_fordagec). Indicateur conjoncturel : somme des 35 taux, calculée seulement si tous sont publiés. Âge moyen : moyenne des âges pondérée par les taux, chaque âge révolu a valant a + ½.

Taux par rang : le taux de l'âge, multiplié par la part de chaque rang dans les naissances de rang connu de cet âge ; les naissances de rang inconnu sont ainsi réparties au prorata. Une année n'a pas de taux par rang si un rang n'a aucune naissance, si plus de 5 % des naissances sont de rang inconnu, si la somme des rangs s'écarte de plus de 0,5 % du total, ou si l'indicateur du premier rang dépasse un.

Correction du calendrier (Bongaarts et Feeney, 1998) : pour chaque rang, l'indicateur de l'année divisé par 1 − r, où r est la hausse annuelle de l'âge moyen à ce rang, moyenne des deux variations qui encadrent l'année (demi-écart entre l'âge de l'année suivante et celui de l'année précédente) ; l'indicateur corrigé est la somme des rangs. Variantes : moyenne de quatre ou six variations annuelles, et correction de l'ensemble des naissances sans rangs. Décomposition : moyennes de trois ans au début et à la fin des années corrigées (2014-2016 et 2021-2023 pour la variante principale) ; la variation de l'indicateur corrigé est la part du nombre d'enfants, le reste celle du calendrier. Les autres pays sont pris aux mêmes années que la France, ceux d'au moins 40 000 naissances par an (moyenne de ces années).

Générations : la descendance à un âge cumule, année après année, le taux de la génération à la fin de l'année où elle atteint cet âge (convention de l'Insee). Les taux étant publiés par âge révolu, une même année et un même âge mêlent deux générations ; le taux d'une génération une année est la moyenne des taux aux deux âges qu'elle a cette année-là, avant puis après son anniversaire. Une année manquante interrompt la série : rien n'est estimé. Rattrapage : ce que les générations ont eu entre un âge et 45 ans, comparé à ce qu'il manque à une génération plus jeune pour atteindre deux enfants.

Pour aller plus loin

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Les données

Citer ce dossier

Prisme, « Les femmes font-elles moins d'enfants, ou plus tard ? », 23 octobre 2026, https://www.prisme-donnees.fr/analyses/fecondite-calendrier. D'après : Eurostat, d'après les instituts nationaux de statistique, Taux de fécondité par âge révolu de la mère (demo_frate) (CC BY 4.0) ; Eurostat, d'après les instituts nationaux de statistique, Naissances vivantes par âge révolu de la mère et rang de naissance (demo_fordagec) (CC BY 4.0).

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'indicateur conjoncturel de fécondité ?

C'est la somme des taux de fécondité de chaque âge observés une année : le nombre moyen d'enfants qu'aurait une femme qui connaîtrait toute sa vie les taux de cette année-là. Il ne suit aucune femme réelle, et baisse dès que les naissances sont retardées.

Les femmes font-elles moins d'enfants en France ?

Celles qui ont fini d'en avoir, nées jusqu'en 1974, en ont eu deux en moyenne. Les plus jeunes en ont moins au même âge : 1,60 à 35 ans pour les femmes nées en 1989, contre 1,72 pour celles nées en 1979. La baisse récente de l'indicateur annuel ne tient pas au report des naissances.

À quel âge les femmes ont-elles leur premier enfant en France ?

À 29,4 ans en moyenne en 2024, contre 28,1 ans en 2013. Toutes naissances confondues, l'âge moyen des mères est de 31,1 ans en 2024.

Pourquoi l'indicateur baisse‑t‑il quand les naissances sont retardées ?

Parce qu'il compte les naissances d'une année. Si les femmes ont leurs enfants un peu plus tard chaque année, une partie des naissances attendues passe à l'année suivante : l'indicateur baisse sans que les femmes aient, au bout du compte, moins d'enfants.