Analyse · Emploi · Eurostat

L'écart de salaire entre femmes et hommes : où, à quel âge, dans quels secteurs

En 2024 (provisoire), le salaire horaire brut moyen des femmes était inférieur de 11,8 % à celui des hommes en France, et de 11,1 % dans l'Union européenne. L'écart se resserre : il était de 17,3 % en France en 2007 et de 15,8 % dans l'UE en 2010. Il grandit avec l'âge, culmine dans la finance et l'assurance et reste moins marqué dans les entreprises publiques. Là où peu de femmes travaillent, il se lit avec prudence : l'emploi y retient davantage les femmes les plus diplômées.

Publié le 21 octobre 2026 · 10 min de lecture

Écart en France11,8 %du salaire horaire des hommes, 2024 (provisoire)
Écart dans l'UE11,1 %moyenne pondérée des 27 pays, 2024 (provisoire)
Une génération, dix ans après8,4 → 12,5 %en France, de 25-34 ans en 2014 à 35-44 ans en 2024

Un écart qui se resserre

En France, la série commence en 2007 à 17,3 %. Depuis 2010, début de la série européenne, l'écart français a été le plus haut en 2018 (16,7 %), puis a reculé jusqu'à 11,8 % en 2024 (provisoire), soit −4,9 points depuis ce sommet. Pour l'UE à 27, la série commence en 2010 à 15,8 % et descend à 11,1 % en 2024 (provisoire), soit −4,7 points. Depuis 2015, l'écart français dépasse la moyenne européenne, de 2,3 points au plus (en 2019).

Le recul est général : de 2010 à 2024 (provisoire), l'écart a baissé dans 24 des 27 pays de l'UE ; il a augmenté en Croatie, en Italie et en Slovénie. Les valeurs depuis 2023 sont provisoires : elles seront révisées avec la prochaine vague de l'enquête sur la structure des salaires.

Écart de salaire horaire entre femmes et hommes, France et UE, 2007-2024

Eurostat, earn_gr_gpgr2, CC BY 4.0 · écart non ajusté, industrie, construction et services hors administration publique, entreprises de 10 salariés ou plus ; UE à 27 depuis 2010 ; points creux : valeurs provisoires

Données de la figure
AnnéeFrance (%)UE (%)Provisoire
200717,3—
200816,9—
200915,2—
201015,615,8
201115,716,2
201215,616,4
201315,516,0
201415,515,7
201515,615,5
201615,915,1
201716,314,6
201816,714,4
201916,013,7
202015,012,7
202113,712,3
202212,812,2
202312,311,7oui
202411,811,1oui

Où l'écart est-il le plus fort ?

En 2024 (provisoire), l'écart est le plus fort en Estonie (18,8 %), en Tchéquie (18,5 %) et en Autriche (17,6 %), le plus faible au Luxembourg (−0,8 %), en Belgique (0,7 %) et en Roumanie (3,7 %). Les femmes y gagnent en moyenne plus que les hommes de l'heure au Luxembourg. La France est au 13e rang sur 27, du plus fort au plus faible. Ces écarts ne disent pas d'eux-mêmes où les femmes sont le mieux payées : un écart faible peut venir de ce que peu de femmes travaillent, et que celles qui travaillent sont les plus qualifiées (voir plus bas).

Écart de salaire horaire entre femmes et hommes par pays de l'UE, 2024

Eurostat, earn_gr_gpgr2, CC BY 4.0 · écart non ajusté, industrie, construction et services hors administration publique ; en noir la France, en gris foncé l'UE à 27 ; définition différente en 2024 : Tchéquie (voir limites)

Données de la figure
PaysÉcart (%)Provisoire
Estonie18,8oui
Tchéquie18,5oui
Autriche17,6oui
Hongrie16,9oui
Finlande16,3oui
Slovaquie15,7oui
Allemagne15,6oui
Danemark14,0oui
Lettonie13,9oui
Grèce13,4oui
Bulgarie12,0oui
Chypre11,8oui
France11,8oui
Pays-Bas11,2oui
Suède11,2oui
Lituanie10,0oui
Irlande8,3oui
Slovénie8,0oui
Espagne7,3oui
Portugal7,0oui
Croatie6,6oui
Italie5,3oui
Malte4,9oui
Pologne4,0
Roumanie3,7
Belgique0,7oui
Luxembourg−0,8oui

À quel âge ?

En France, en 2024 (provisoire), l'écart grandit à chaque tranche d'âge : 6,2 % à 25-34 ans, 12,5 % à 35-44 ans, 14,4 % à 45-54 ans et 21,5 % à 55-64 ans. Avant 25 ans, il est de −5,2 % : les jeunes femmes gagnent en moyenne plus que les jeunes hommes de l'heure. Dans l'UE, l'écart des 45-54 ans dépasse celui des 25-34 ans dans 20 pays sur 25 (médianes : 6,6 % et 13,8 %), mais il ne croît à chaque tranche, de 25 à 64 ans, que dans 10 pays.

Une image prise une seule année ne dit pas que l'écart d'une femme grandira avec l'âge. Chaque tranche est une autre génération : les femmes de 55 ans aujourd'hui sont entrées sur le marché du travail à une autre époque que celles de 30 ans. L'écart par âge mêle donc ce qui tient au cycle de vie, en particulier les naissances, qui selon de nombreux travaux ralentissent davantage les carrières des mères que celles des pères, et ce qui tient à la génération.

Une génération, dix ans plus tard

Suivre une génération démêle en partie les deux. Avec des tranches de dix ans, les 25-34 ans de 2014 sont les 35-44 ans de 2024. En France, leur écart est passé de 8,4 % à 12,5 % : il a grandi au fil de leurs carrières. Au même âge, l'écart des 25-34 ans de 2024 (provisoire) est plus faible que celui de leurs aînés de dix ans (6,2 % contre 8,4 %).

Le premier constat vaut dans la plupart des pays de l'UE : l'écart d'une génération a grandi entre 25-34 et 35-44 ans dans 18 pays sur 24 (test du signe, p = 0,023 ; médianes 7,5 % puis 10,7 %). Le second, non : au même âge, l'écart des 25-34 ans n'a baissé en dix ans que dans 14 pays sur 24 (p = 0,541), ce qui ne permet pas de parler d'une tendance européenne. Sans les 4 pays dont la série porte une rupture entre 2014 et 2024, la génération voit son écart grandir dans 14 pays sur 20 (p = 0,115) : le sens demeure, mais le test ne suffit plus à lui seul.

Ces comparaisons restent fragiles : la hausse au fil d'une génération mêle l'âge et l'époque (l'écart de tous les âges a bougé en dix ans), et la comparaison au même âge mêle la génération et l'époque. Aucune donnée ne sépare les trois sans hypothèse supplémentaire.

Écart de salaire horaire par âge en France, 2014 et 2024

Eurostat, earn_gr_gpgr2ag, CC BY 4.0 · écart non ajusté, industrie, construction et services hors administration publique ; flèches pointillées : la même génération de 2014 à 2024 ; 2024 provisoire

Données de la figure
Âge2014 (%)2024 (%)
< 25 ans−3,8−5,2
25-34 ans8,46,2
35-44 ans13,212,5
45-54 ans19,214,4
55-64 ans21,321,5
65 + ans30,117,8
Pays25-34 ans en 2014 (%)25-34 ans en 2024 (%)35-44 ans en 2024 (%)Rupture de série
Belgique1,1−5,0−0,1
Bulgarie13,715,319,6
Chypre−0,98,35,7
Tchéquie12,912,521,6
Allemagne11,96,414,5oui
Danemark11,711,113,5
Espagne6,6−0,55,8
Finlande11,68,614,3oui
France8,46,212,5
Grèce2,16,411,9
Croatie1,75,28,2
Hongrie10,215,221,6oui
Irlande2,53,97,6
Italie6,22,15,3
Lituanie13,19,510,6
Lettonie14,711,616,8
Malte5,8−4,55,4
Pays-Bas−0,80,96,3
Pologne9,85,08,5
Portugal5,36,610,4
Roumanie1,12,56,4
Slovaquie13,212,618,7
Slovénie6,310,310,8oui
Suède9,26,911,5

Dans quels secteurs ?

Les secteurs se comparent sur 2022, la dernière vague de l'enquête sur la structure des salaires, en prenant pour chacun la médiane des pays de l'UE (l'UE n'est publiée que pour l'ensemble). L'écart est le plus fort dans la finance et l'assurance (23,2 %), l'information et la communication (20,3 %) et la santé et l'action sociale (18,4 %), le plus faible dans la construction (−3,9 %) et l'eau et les déchets (−0,3 %). Dans l'eau et les déchets (15 pays sur 27) et la construction (16 pays sur 27), les femmes gagnent plus que les hommes de l'heure dans la majorité des pays. L'écart non ajusté ne dit pas pourquoi : une explication souvent avancée est que les femmes de ces secteurs y occupent plus souvent des postes de bureau, et les hommes des postes d'ouvriers, ce que ces données ne permettent pas de vérifier.

En France, l'écart va de 32,9 % dans la finance et l'assurance à −11,4 % dans la construction.

Écart de salaire horaire par secteur d'activité, 2022

Eurostat, earn_gr_gpgr2, CC BY 4.0 · sections de la NACE Rév. 2, entreprises de 10 salariés ou plus ; point gris : médiane des pays de l'UE, barre : moitié centrale des pays ; losange : France

Données de la figure
SecteurMédiane (%)1er quartile3e quartilePaysÉcart négatifFrance (%)
Finance et assurance23,219,429,427032,9
Information-communication20,314,425,827012,5
Santé et action sociale18,49,221,02708,6
Commerce18,015,921,827017,6
Industrie manufacturière17,911,923,027011,8
Activités scientifiques et techniques16,212,319,927117,9
Arts et spectacles13,27,419,927120,5
Autres services12,47,915,82735,3
Énergie10,61,014,4256−8,8
Immobilier10,26,517,827117,4
Services administratifs et de soutien9,86,312,62747,3
Enseignement9,05,711,92719,9
Hébergement-restauration8,46,610,72705,9
Administration publique8,14,512,522112,8
Industries extractives7,51,412,62667,0
Transports5,50,08,92771,5
Eau et déchets−0,3−4,64,82715−8,1
Construction−3,9−11,47,92716−11,4

Public ou privé ?

En 2022, l'écart est plus faible dans les entreprises sous contrôle public que dans les entreprises privées dans 23 pays sur 25 (test du signe, p < 0,001 ; médianes 7,9 % et 15,3 %). En France, 10,8 % contre 14,8 %. Les vagues précédentes allaient dans le même sens, moins nettement : 16 pays sur 26 en 2010, 18 pays sur 25 en 2014 et 22 pays sur 27 en 2018.

Le « public » de ces chiffres n'est pas la fonction publique : l'administration publique (section O) est hors du champ, et le contrôle public désigne les entreprises et établissements dont les capitaux publics dépassent la moitié. Ces employeurs ne se répartissent pas entre secteurs comme les entreprises privées : la comparaison ne dit pas qu'à poste égal, le public paie plus également.

Écart de salaire horaire selon le contrôle de l'entreprise, 2022

Eurostat, earn_gr_gpgr2ct, CC BY 4.0 · industrie, construction et services hors administration publique, entreprises de 10 salariés ou plus ; contrôle public : capitaux publics à plus de 50 %

Données de la figure
PaysContrôle public (%)Contrôle privé (%)
Chypre−2,621,1
Pays-Bas10,921,0
Tchéquie16,420,4
Allemagne12,119,9
Autriche17,519,2
Lettonie13,418,2
Slovaquie13,417,9
Hongrie17,317,8
Irlande3,717,6
Grèce13,415,9
Italie3,915,9
Finlande16,715,6
Portugal5,215,3
France10,814,8
Bulgarie6,914,5
Espagne7,014,1
Pologne1,013,9
Croatie5,313,3
Danemark11,913,0
Lituanie7,911,7
Slovénie10,610,1
Suède7,49,7
Luxembourg−4,96,9
Roumanie0,76,7
Belgique−0,86,3

Le paradoxe de la sélection

Un écart faible n'est pas forcément une bonne nouvelle. Là où peu de femmes ont un emploi, celles qui travaillent pourraient être surtout les plus diplômées, aux salaires plus proches de ceux des hommes ; les autres, absentes des statistiques de salaire, ne tireraient pas la moyenne vers le bas. L'écart de salaire serait alors faible parce que l'emploi des femmes est rare : c'est le paradoxe de la sélection. Les données permettent d'en vérifier les deux maillons.

En 2022, l'écart de taux d'emploi entre hommes et femmes de 25 à 64 ans est le plus grand en Grèce (21,9 points, écart de salaire 13,5 %), en Italie (20,7 points, écart de salaire 3,8 %) et en Roumanie (18,8 points, écart de salaire 1,5 %), le plus petit en Finlande (1,1 point, écart de salaire 16,0 %), en Lituanie (1,2 point, écart de salaire 10,5 %) et en Lettonie (3,2 points, écart de salaire 18,9 %). Le lien va dans le sens attendu, mais il est trop faible pour être établi : entre les 27 pays, la corrélation est de −0,33, intervalle à 95 % de −0,63 à 0,06, un intervalle qui contient zéro. Il en va de même à chaque vague depuis 2010 (de −0,33 à −0,28).

Le premier maillon, lui, se voit nettement : là où l'écart de taux d'emploi est grand, l'emploi retient davantage les femmes diplômées du supérieur. Partout, les femmes en emploi sont plus souvent diplômées que l'ensemble des femmes, et cet écart dépasse celui des hommes (le « surplus de diplômées ») ; il atteint 9,3 points en Grèce, contre 1,5 point en Finlande (corrélation avec l'écart de taux d'emploi : 0,71, intervalle à 95 % de 0,45 à 0,86). Le second maillon aussi : ce surplus de diplômées va avec un écart de salaire plus faible (−0,58, intervalle à 95 % de −0,79 à −0,26). L'écart de temps partiel entre femmes et hommes, en revanche, n'y est pas lié de façon nette (0,03, intervalle à 95 % de −0,35 à 0,41).

Ce sont des corrélations entre 27 pays, pas des effets : les pays où les femmes travaillent peu diffèrent aussi par leurs structures de salaires, leurs secteurs et leurs politiques familiales, qui peuvent agir à la fois sur l'emploi et sur les salaires. Elles disent seulement qu'un écart de salaire faible se lit avec le taux d'emploi des femmes à côté.

Écart de taux d'emploi, écart de salaire et diplôme des femmes en emploi, pays de l'UE, 2022

Eurostat, earn_gr_gpgr2, lfsa_ergaed et edat_lfse_03, CC BY 4.0 · 25-64 ans pour l'emploi et le diplôme ; surplus de diplômées : part des diplômées du supérieur parmi les femmes en emploi moins parmi toutes les femmes, moins la même différence chez les hommes (calcul de Prisme)

Données de la figure
PaysÉcart de salaire (%)Emploi des femmes (%)Emploi des hommes (%)Écart d'emploi (points)Surplus de diplômées (points)Écart de temps partiel (points)
Allemagne17,777,885,77,90,638,7
Autriche18,773,982,18,21,641,1
Belgique0,771,479,58,14,628,0
Bulgarie12,675,282,47,24,00,3
Chypre11,974,686,211,62,74,5
Croatie7,767,977,19,25,52,1
Danemark13,878,784,45,72,518,3
Espagne9,266,177,911,85,515,0
Estonie21,181,585,43,92,19,2
Finlande16,079,680,71,11,510,1
France12,872,979,46,52,619,1
Grèce13,558,280,121,99,37,0
Hongrie17,578,188,210,12,83,4
Irlande9,373,385,712,44,419,4
Italie3,857,378,020,77,224,1
Lettonie18,977,080,23,22,04,6
Lituanie10,580,481,61,21,93,4
Luxembourg−0,774,482,07,62,724,2
Malte5,872,787,715,05,413,8
Pays-Bas14,078,787,79,02,646,1
Pologne7,872,685,512,96,24,4
Portugal6,377,583,56,03,94,6
Roumanie1,562,281,018,86,9−0,7
Slovaquie16,876,483,67,22,72,3
Slovénie6,877,183,86,75,05,6
Suède10,481,386,85,53,115,4
Tchéquie18,476,691,414,80,47,3
Corrélations entre pays de l'UE, 2022

Eurostat, CC BY 4.0 · calculs de Prisme ; corrélations de Pearson entre 27 pays, intervalles de Fisher à 95 % ; en gris clair, intervalle qui contient zéro

Données de la figure
RelationCorrélationBorne basseBorne hauteRangs (Spearman)p corrigé (BH)
Écart de salaire et écart de taux d'emploi−0,33−0,630,06−0,320,128
Surplus de diplômées et écart de taux d'emploi0,710,450,860,600,000
Écart de salaire et surplus de diplômées−0,58−0,79−0,26−0,720,003
Écart de salaire et écart de temps partiel0,03−0,350,410,040,875
VaguePaysSalaire et emploiIntervalleDiplômées et emploiIntervalle
201027−0,32−0,62 à 0,070,760,53 à 0,88
201427−0,28−0,60 à 0,110,700,43 à 0,85
201827−0,30−0,61 à 0,090,680,41 à 0,84
202227−0,33−0,63 à 0,060,710,45 à 0,86

Ce que le salaire horaire ne voit pas

L'écart se calcule sur le salaire de l'heure. Or en France, en 2025, 25,4 % des femmes en emploi de 25 à 64 ans travaillent à temps partiel, contre 7,5 % des hommes ; dans l'UE, 26,8 % contre 6,9 %. Sur un mois ou une année, l'écart de revenu du travail est donc plus grand que l'écart horaire ; il l'est plus encore si l'on compte les femmes sans emploi, moins nombreuses à travailler que les hommes.

Part du temps partiel dans l'emploi des 25-64 ans, femmes et hommes, jusqu'en 2025

Eurostat, lfsa_eppga, CC BY 4.0 · enquête Forces de travail, temps partiel déclaré par la personne

Données de la figure
ZoneSexeAnnéeTemps partiel (% de l'emploi)
FranceFemmes202525,4
FranceHommes20257,5
Union européenneFemmes202526,8
Union européenneHommes20256,9

Ce que l'analyse ne dit pas

  • L'écart non ajusté n'est pas une mesure de la discrimination : il compare le salaire horaire moyen de toutes les salariées à celui de tous les salariés, quels que soient leur métier, leur secteur, leur expérience ou leur temps de travail. Une partie s'explique par ces différences, qui peuvent elles-mêmes résulter d'inégalités ; Eurostat précise qu'il mesure un concept plus large que « à travail égal, salaire égal ».
  • Salaire horaire brut : le temps partiel, bien plus fréquent chez les femmes, n'y pèse pas, alors qu'il réduit les revenus mensuels et annuels. Les personnes sans emploi n'y sont pas non plus.
  • Champ : salariés des entreprises de 10 salariés ou plus, industrie, construction et services hors administration publique (NACE Rév. 2, sections B à S hors O), temps partiel compris, primes non régulières exclues. Les entreprises de moins de 10 salariés et l'administration publique sont donc hors champ ; certaines années s'écartent de cette définition (drapeau « d » d'Eurostat) : Grèce (2008), Roumanie (2007-2009) et Tchéquie (2015-2018 et 2023-2024). La Tchéquie y couvre aussi l'administration publique et les entreprises de moins de 10 salariés, selon les métadonnées d'Eurostat.
  • Ruptures de série : l'écart vient de l'enquête sur la structure des salaires tous les quatre ans, et d'estimations nationales entre deux vagues, révisées à chaque nouvelle vague (ruptures signalées : Allemagne (2022), Finlande (2024), Hongrie (2017 et 2019), Lituanie (2010) et Slovénie (2023)). Les valeurs de 2007 sont rétropolées dans la nomenclature d'activités actuelle, à titre indicatif ; les plus récentes sont provisoires.
  • L'âge vient de coupes transversales : une tranche d'âge est aussi une génération, et la composition des salariées change avec l'âge (sorties d'emploi, passages à temps partiel). Les pseudo-générations suivies supposent que les salariés de 35-44 ans sont les mêmes que ceux de 25-34 ans dix ans plus tôt, entrées et sorties d'emploi mises à part.
  • Les corrélations entre pays portent sur 27 observations : leurs intervalles sont larges, et elles décrivent des pays, pas des personnes.
Méthode détaillée

Écart de rémunération non ajusté (Eurostat, earn_gr_gpgr2, earn_gr_gpgr2ag, earn_gr_gpgr2ct) : (salaire horaire brut moyen des hommes − celui des femmes) / celui des hommes × 100. Pour l'UE, moyenne des écarts nationaux pondérée par le nombre de salariés, publiée depuis 2010 et pour l'ensemble seulement. Les ventilations par âge et par contrôle portent sur l'industrie, la construction et les services hors administration publique.

Âge : écarts de 2014 et de 2024, tranches de dix ans de 25 à 64 ans. Pseudo-générations : tranche 25-34 ans en 2014 comparée à la tranche 35-44 ans en 2024, pays par pays ; nombre de pays où l'écart monte, test du signe bilatéral. Même calcul sans les pays dont la série porte un drapeau de rupture (b) dans l'une des deux tranches entre les deux dates.

Secteurs : sections B à S de la NACE Rév. 2 publiées par au moins la moitié des pays en 2022, médiane et quartiles des pays. Contrôle public ou privé : comparaison pays par pays, test du signe.

Sélection, en 2022 et pour chaque vague depuis 2010 : écart de taux d'emploi = taux d'emploi des hommes − celui des femmes, 25-64 ans, tous diplômes (lfsa_ergaed). Surplus de diplômées = (part du supérieur parmi les femmes en emploi − part dans toute la population féminine) − (même différence chez les hommes), en points ; la part parmi les personnes en emploi se déduit de la répartition par diplôme (edat_lfse_03) et des taux d'emploi par diplôme (lfsa_ergaed), sur les trois niveaux de la CITE 2011. Écart de temps partiel : part des femmes en emploi à temps partiel − part des hommes (lfsa_eppga). Corrélations de Pearson, intervalles de Fisher, corrélations de rangs en contrôle, p corrigés pour quatre tests (Benjamini-Hochberg).

Citer cette analyse

Prisme, « L'écart de salaire entre femmes et hommes : où, à quel âge, dans quels secteurs », 21 octobre 2026, https://www.prisme-donnees.fr/analyses/ecart-salaire-femmes-hommes. D'après : Eurostat, Écart de rémunération entre hommes et femmes, non ajusté, par activité (earn_gr_gpgr2) (CC BY 4.0) ; Eurostat, Écart de rémunération entre hommes et femmes, non ajusté, par âge (earn_gr_gpgr2ag) (CC BY 4.0) ; Eurostat, Écart de rémunération entre hommes et femmes, non ajusté, par contrôle public ou privé (earn_gr_gpgr2ct) (CC BY 4.0) ; Eurostat, Taux d'emploi par sexe, âge et niveau d'éducation (lfsa_ergaed) (CC BY 4.0) ; Eurostat, Population par niveau d'éducation, sexe et âge (edat_lfse_03) (CC BY 4.0) ; Eurostat, Emploi à temps partiel par sexe et âge, en % de l'emploi total (lfsa_eppga) (CC BY 4.0).

Questions fréquentes

Quel est l'écart de salaire entre les femmes et les hommes en France ?

En 2024 (provisoire), le salaire horaire brut moyen des femmes est inférieur de 11,8 % à celui des hommes dans les entreprises de 10 salariés ou plus (hors administration publique), contre 11,1 % dans l'UE. C'était 17,3 % en 2007.

L'écart de salaire augmente‑t‑il avec l'âge ?

En France, en 2024 (provisoire), il passe de 6,2 % à 25-34 ans à 21,5 % à 55-64 ans. La génération qui avait 25-34 ans en 2014 a vu son écart passer de 8,4 % à 12,5 % dix ans plus tard ; une partie de ce qui ressemble à un effet de l'âge tient toutefois aux différences entre générations.

L'écart de salaire mesure‑t‑il la discrimination ?

Non : l'écart non ajusté compare les salaires moyens de toutes les femmes et de tous les hommes salariés, sans tenir compte du métier, du secteur ou de l'expérience. Il dépend aussi de qui travaille : là où peu de femmes ont un emploi, l'emploi retient davantage les plus diplômées d'entre elles, ce qui peut rapprocher leur salaire moyen de celui des hommes.