Données publiques · France et Europe · sources citées sous chaque figure À proposCharte éditorialeEnglishFlux Atom
prisme
DossierSanté · Insee, DREES

Qui vit le plus longtemps en France ?

Aux conditions de mortalité de 2025, les femmes vivent 5,5 ans de plus que les hommes en France métropolitaine. L'écart a atteint 8,3 ans, et il se referme depuis. Entre départements, les écarts ne se réduisent plus depuis 1990 : en moyenne sur 2023-2025, 5,8 ans séparent les hommes de la Nièvre de ceux des Hauts-de-Seine. Cette carte suit le milieu social, bien plus que l'accès aux médecins.

Publié le 22 octobre 2026 · mis à jour le 23 octobre 2026 · 12 min de lecture

Données : Statistiques de l'état civil (Insee, extraction du 22 octobre 2026), Recensement de la population 2023 (Insee), Filosofi 2023 (Insee), APL aux médecins généralistes 2024 (DREES), ADMIN EXPRESS COG CARTO 2026 (IGN)

À jour vérifié le 27 octobre 2026 ; prochaine diffusion annoncée en juin 2027 (Recensement de la population) État des données

Écart entre femmes et hommes5,5 ansd'espérance de vie à la naissance en 2025, France métropolitaine, contre 8,3 ans au plus haut
Écart entre départements5,8 anspour les hommes, entre la Nièvre et les Hauts-de-Seine, moyenne 2023-2025
Mortalité avant 65 ans, 1998-2025−19 à −27 %en France métropolitaine, fourchette due à l'arrondi au dixième des taux publiés

L'écart entre femmes et hommes se referme

Aux conditions de mortalité de 2025, une femme peut espérer vivre 85,9 ans en France métropolitaine, un homme 80,4 ans. Leur écart, 7,9 ans en 1975, est monté jusqu'à 8,3 ans en 1987 et de 1990 à 1992, avant de se refermer.

Écart d'espérance de vie entre femmes et hommes, France métropolitaine, 1975-2025

Insee, statistiques de l'état civil et estimations de population · Licence Ouverte 2.0 · espérance de vie du moment ; années récentes provisoires

Données de la figure
AnnéeÉcart à la naissance (ans)Écart à 60 ans (ans)
19757,94,8
19768,04,9
19778,15,0
19788,15,0
19798,25,1
19808,25,1
19818,15,0
19828,25,0
19838,15,0
19848,15,1
19858,15,1
19868,25,1
19878,35,3
19888,25,1
19898,15,2
19908,35,2
19918,35,2
19928,35,4
19938,25,2
19948,25,3
19958,05,2
19968,05,3
19977,75,3
19987,65,3
19997,55,1
20007,55,1
20017,45,0
20027,35,0
20037,14,8
20047,25,0
20057,14,9
20067,05,0
20077,05,0
20086,84,9
20096,74,8
20106,74,7
20116,64,7
20126,34,6
20136,24,6
20146,14,5
20156,14,5
20166,04,5
20175,84,4
20185,94,4
20195,84,4
20206,04,5
20216,04,5
20225,84,3
20235,64,2
20245,54,0
20255,54,1

Il se referme parce que les hommes ont gagné davantage, 11,4 ans depuis 1975 contre 9,0 ans pour les femmes. L'épidémie de Covid-19 l'a un peu rouvert en 2020, puis la baisse a repris.

À 60 ans, l'écart a suivi le même chemin et vaut encore 4,1 ans en 2025. Les décès avant 60 ans n'en expliquent donc qu'une partie.

L'écart a reculé dans les 96 départements de métropole, à des rythmes différents. Il reste le plus grand là où les hommes vivent le moins longtemps : en Nièvre (7,2 ans), en Haute-Marne (7,1 ans) et en Creuse (7,0 ans) en moyenne sur 2023-2025. Il est le plus petit dans le Val-de-Marne, dans l'Ain et dans l'Essonne.

Les écarts entre départements ne se réduisent plus

Pour les hommes, l'écart entre les 10 % de départements où l'on vit le plus longtemps et les 10 % où l'on vit le moins longtemps a reculé de 3,5 ans à 2,8 ans de 1975 à 1990. Il ne s'est plus réduit depuis, et vaut 3,4 ans en 2025.

Espérance de vie à la naissance dans les départements de métropole, 1975-2025

Insee, statistiques de l'état civil et estimations de population · Licence Ouverte 2.0 · 96 départements, moyenne non pondérée ; années récentes provisoires

Données de la figure
AnnéeHommes, moyenneFemmes, moyenneHommes, écart interdécileFemmes, écart interdécile
197569,277,03,52,4
197669,477,43,82,3
197770,078,03,32,2
197870,178,13,42,0
197970,478,53,02,0
198070,578,63,22,2
198170,778,73,42,0
198271,079,13,12,1
198371,079,03,41,7
198471,479,53,41,9
198571,579,63,22,0
198671,979,93,22,0
198772,380,43,11,9
198872,680,73,11,9
198972,880,83,01,9
199073,081,12,81,7
199173,281,32,81,8
199273,481,62,81,8
199373,581,63,21,9
199473,981,92,81,7
199574,182,02,91,8
199674,282,12,81,6
199774,682,33,01,6
199874,882,42,81,8
199975,082,53,01,8
200075,382,83,21,8
200175,582,92,81,8
200275,783,02,81,9
200375,983,02,81,5
200476,783,82,71,9
200576,783,83,01,8
200677,284,13,21,8
200777,484,32,92,1
200877,684,23,32,2
200977,684,33,51,8
201077,984,53,11,9
201178,384,83,22,2
201278,484,73,02,2
201378,784,82,91,9
201479,185,23,11,9
201578,984,92,82,0
201679,185,13,02,0
201779,285,22,82,0
201879,485,22,92,0
201979,585,33,21,9
202079,185,03,02,4
202179,185,13,12,3
202279,185,03,02,3
202379,885,43,32,0
202479,985,43,52,3
202580,085,43,42,3

Chez les femmes, l'écart suit le même chemin : 2,4 ans en 1975, 1,7 an en 1990, 2,3 ans en 2025. Les départements en retard ont pourtant gagné davantage d'années de 1975 à 2019 (pour les hommes, corrélation de −0,61 entre le niveau de départ et le gain). D'autres écarts, qui se sont creusés, compensent ce rattrapage.

La figure suit la moyenne simple des départements, où chacun pèse autant quel que soit son nombre d'habitants. Elle donne 80,0 ans pour les hommes en 2025, un peu moins que les 80,4 ans de la métropole. Les chiffres nationaux de ce dossier sont ceux que l'Insee publie pour la France métropolitaine.

En moyenne sur 2023-2025, les hommes vivent le plus longtemps dans les Hauts-de-Seine (83,0 ans), puis dans le Val-de-Marne et dans les Yvelines. Ils vivent le moins longtemps en Nièvre (77,1 ans), puis en Haute-Marne et dans le Pas-de-Calais. Les femmes vivent le plus longtemps dans les Hauts-de-Seine (87,4 ans), puis dans le Rhône et à Paris.

Espérance de vie des hommes à la naissance par département, moyenne 2023-2025

Insee, statistiques de l'état civil et estimations de population · Licence Ouverte 2.0 · contours : IGN, ADMIN EXPRESS COG CARTO, Licence Ouverte 2.0

Données de la figure
CodeDépartementHommes (ans)Femmes (ans)Écart femmes − hommes (ans)
58Nièvre77,184,47,2
52Haute-Marne77,284,37,1
62Pas-de-Calais77,383,56,2
36Indre77,584,36,9
23Creuse77,684,67,0
02Aisne77,683,55,9
55Meuse78,084,96,9
08Ardennes78,084,56,5
18Cher78,183,95,8
89Yonne78,184,36,2
80Somme78,284,05,8
22Côtes-d'Armor78,484,66,3
88Vosges78,484,25,8
11Aude78,584,76,2
70Haute-Saône78,584,76,2
59Nord78,684,45,8
10Aube78,684,35,7
27Eure78,684,76,1
03Allier78,685,06,4
66Pyrénées-Orientales78,785,36,6
76Seine-Maritime78,784,75,9
29Finistère78,984,85,9
50Manche79,085,46,4
39Jura79,085,26,1
57Moselle79,083,94,9
14Calvados79,185,46,3
16Charente79,185,56,4
61Orne79,284,75,5
51Marne79,284,95,6
71Saône-et-Loire79,285,66,3
54Meurthe-et-Moselle79,384,75,4
56Morbihan79,485,36,0
82Tarn-et-Garonne79,485,96,5
24Dordogne79,485,25,8
90Territoire de Belfort79,584,75,2
17Charente-Maritime79,585,56,0
60Oise79,584,55,0
09Ariège79,584,85,3
79Deux-Sèvres79,585,25,7
25Doubs79,585,56,0
28Eure-et-Loir79,584,85,3
04Alpes-de-Haute-Provence79,685,86,2
43Haute-Loire79,785,55,8
86Vienne79,885,65,9
87Haute-Vienne79,885,05,2
07Ardèche79,885,75,9
72Sarthe79,985,85,9
15Cantal79,984,54,6
63Puy-de-Dôme79,985,65,7
47Lot-et-Garonne80,085,35,3
85Vendée80,085,65,6
19Corrèze80,185,35,2
41Loir-et-Cher80,185,35,2
46Lot80,185,25,1
45Loiret80,185,35,2
12Aveyron80,285,14,9
48Lozère80,284,74,5
65Hautes-Pyrénées80,285,35,1
68Haut-Rhin80,285,35,1
84Vaucluse80,285,85,5
40Landes80,385,55,3
44Loire-Atlantique80,386,25,8
53Mayenne80,386,36,0
67Bas-Rhin80,385,14,8
21Côte-d'Or80,386,05,7
30Gard80,485,55,2
34Hérault80,486,25,8
83Var80,486,05,5
32Gers80,585,44,9
26Drôme80,685,75,2
42Loire80,785,85,1
93Seine-Saint-Denis80,785,64,9
05Hautes-Alpes80,886,25,4
77Seine-et-Marne80,885,44,6
06Alpes-Maritimes80,986,35,4
35Ille-et-Vilaine80,986,25,3
13Bouches-du-Rhône81,086,05,0
37Indre-et-Loire81,086,35,3
2BHaute-Corse81,085,54,5
73Savoie81,186,65,5
95Val-d'Oise81,185,74,6
33Gironde81,186,25,1
49Maine-et-Loire81,286,65,5
64Pyrénées-Atlantiques81,286,35,1
81Tarn81,586,44,8
38Isère81,786,65,0
01Ain81,885,94,1
74Haute-Savoie81,886,64,8
91Essonne81,986,34,4
31Haute-Garonne82,086,44,4
2ACorse-du-Sud82,186,64,6
69Rhône82,187,25,0
75Paris82,387,04,7
78Yvelines82,486,84,5
94Val-de-Marne82,686,74,1
92Hauts-de-Seine83,087,44,4

La mortalité avant 65 ans recule davantage dans les départements diplômés

La mortalité avant 65 ans est passée de 2,2 à 1,7 décès pour 1 000 habitants de moins de 65 ans en France métropolitaine, de 1998 à 2025. C'est une baisse de 19 % à 27 %, car les taux sont publiés au dixième et l'arrondi ne permet pas d'être plus précis. Elle a reculé dans 95 départements sur 96.

Mortalité avant 65 ans dans les départements de métropole, 1998-2025

Insee, statistiques de l'état civil et estimations de population · Licence Ouverte 2.0 · taux standardisés, publiés au dixième ; bande : du 1er au 9e décile des 96 départements

Données de la figure
Année1er décile (‰)Médiane (‰)9e décile (‰)Rapport D9/D1
19981,902,202,601,37
19991,902,102,551,34
20001,902,102,551,34
20011,902,102,601,37
20021,852,102,501,35
20031,902,102,501,32
20041,802,002,401,33
20051,802,052,501,39
20061,802,102,401,33
20071,802,002,401,33
20081,802,002,451,36
20091,802,002,501,39
20101,752,052,501,43
20111,752,002,501,43
20121,702,002,401,41
20131,651,902,301,39
20141,601,902,201,38
20151,601,902,251,41
20161,601,802,251,41
20171,551,802,201,42
20181,551,802,201,42
20191,501,802,201,47
20201,501,802,201,47
20211,501,802,201,47
20221,501,802,201,47
20231,401,802,151,54
20241,451,802,101,45
20251,451,802,101,45

Entre le haut et le bas de l'échelle des départements (9e et 1er décile), l'écart a peu changé en points : 0,70 point en 1998, 0,65 en 2025. Comme le niveau a baissé, il s'est creusé en proportion. Les départements du haut avaient une mortalité 1,37 fois plus forte que ceux du bas en 1998, et 1,45 fois plus forte en 2025.

Les départements qui partaient de plus haut n'ont pas davantage reculé. Le recul suit plutôt le diplôme : −25,9 % en médiane de 1998-2000 à 2023-2025 dans le quart des départements le plus diplômé, −14,1 % dans le quart le moins diplômé.

Part de diplômés du supérieur et évolution de la mortalité avant 65 ans, par département

Insee, statistiques de l'état civil et estimations de population ; recensement 2023 ; Filosofi ; DREES, APL · Licence Ouverte 2.0 · évolution entre les moyennes de 1998-2000 et de 2023-2025 ; droite des moindres carrés

Données de la figure
CodeDépartementDiplômés du supérieur 2023 (%)Mortalité 1998-2000 (‰)Mortalité 2023-2025 (‰)Évolution
92Hauts-de-Seine58,71,931,20−37,9 %
2ACorse-du-Sud30,32,231,47−34,3 %
94Val-de-Marne44,72,031,40−31,1 %
59Nord31,92,902,00−31,0 %
74Haute-Savoie38,61,871,33−28,6 %
73Savoie35,62,001,43−28,3 %
93Seine-Saint-Denis32,12,371,70−28,2 %
77Seine-et-Marne34,32,131,53−28,1 %
91Essonne40,01,901,37−28,1 %
75Paris65,92,031,47−27,9 %
38Isère37,81,801,30−27,8 %
33Gironde38,52,071,50−27,4 %
63Puy-de-Dôme33,22,331,70−27,1 %
44Loire-Atlantique39,42,231,63−26,9 %
40Landes28,62,171,60−26,2 %
69Rhône44,51,801,33−25,9 %
78Yvelines49,51,801,33−25,9 %
64Pyrénées-Atlantiques35,72,071,53−25,8 %
01Ain33,01,871,40−25,0 %
29Finistère34,62,672,00−25,0 %
43Haute-Loire27,42,171,63−24,6 %
35Ille-et-Vilaine38,82,071,57−24,2 %
56Morbihan31,52,501,90−24,0 %
60Oise28,52,371,80−23,9 %
34Hérault37,02,231,70−23,9 %
13Bouches-du-Rhône36,62,101,60−23,8 %
95Val-d'Oise36,61,971,50−23,7 %
62Pas-de-Calais24,32,972,27−23,6 %
67Bas-Rhin35,22,001,53−23,3 %
2BHaute-Corse27,12,071,60−22,6 %
49Maine-et-Loire31,02,001,57−21,7 %
30Gard30,12,171,70−21,5 %
89Yonne23,22,632,07−21,5 %
42Loire28,22,031,60−21,3 %
41Loir-et-Cher25,12,201,73−21,2 %
15Cantal23,72,371,87−21,1 %
31Haute-Garonne46,11,771,40−20,8 %
27Eure25,52,431,93−20,5 %
06Alpes-Maritimes36,22,001,60−20,0 %
21Côte-d'Or34,22,031,63−19,7 %
81Tarn29,71,901,53−19,3 %
83Var31,32,101,70−19,0 %
55Meuse22,22,371,93−18,3 %
45Loiret30,52,201,80−18,2 %
19Corrèze27,12,201,80−18,2 %
80Somme26,12,602,13−17,9 %
57Moselle29,22,271,87−17,6 %
02Aisne21,62,702,23−17,3 %
37Indre-et-Loire33,81,931,60−17,2 %
05Hautes-Alpes33,92,131,77−17,2 %
22Côtes-d'Armor29,62,532,10−17,1 %
26Drôme32,21,971,63−16,9 %
68Haut-Rhin29,71,971,63−16,9 %
23Creuse22,92,602,17−16,7 %
82Tarn-et-Garonne27,42,001,67−16,7 %
28Eure-et-Loir26,52,231,87−16,4 %
54Meurthe-et-Moselle31,42,231,87−16,4 %
71Saône-et-Loire24,72,231,87−16,4 %
84Vaucluse30,02,071,73−16,1 %
58Nièvre22,12,772,33−15,7 %
14Calvados30,42,231,90−14,9 %
03Allier23,52,472,10−14,9 %
48Lozère29,12,271,93−14,7 %
07Ardèche28,52,071,77−14,5 %
65Hautes-Pyrénées28,32,071,77−14,5 %
85Vendée25,42,101,80−14,3 %
90Territoire de Belfort30,52,101,80−14,3 %
08Ardennes22,22,632,27−13,9 %
53Mayenne25,11,931,67−13,8 %
76Seine-Maritime27,92,432,10−13,7 %
70Haute-Saône23,72,271,97−13,2 %
87Haute-Vienne30,22,101,83−12,7 %
88Vosges23,32,432,13−12,3 %
24Dordogne25,32,201,93−12,1 %
17Charente-Maritime28,42,231,97−11,9 %
51Marne29,72,231,97−11,9 %
72Sarthe25,62,131,90−10,9 %
50Manche24,92,232,00−10,4 %
32Gers29,31,931,73−10,3 %
25Doubs31,42,001,80−10,0 %
10Aube24,52,372,13−9,9 %
18Cher24,72,472,23−9,5 %
12Aveyron29,01,831,67−9,1 %
61Orne21,42,272,07−8,8 %
04Alpes-de-Haute-Provence30,81,971,80−8,5 %
09Ariège28,02,172,00−7,7 %
86Vienne30,01,971,83−6,8 %
46Lot29,22,031,90−6,6 %
39Jura27,32,071,93−6,5 %
79Deux-Sèvres26,72,001,90−5,0 %
47Lot-et-Garonne25,02,031,93−4,9 %
16Charente25,72,031,97−3,3 %
66Pyrénées-Orientales27,92,202,13−3,0 %
52Haute-Marne20,32,402,33−2,8 %
11Aude26,92,132,10−1,6 %
36Indre21,52,272,37+4,4 %

Le lien tient entre départements d'une même région (corrélation de −0,52, contre −0,62 sur l'ensemble). Une opposition entre grandes régions ne suffit donc pas à l'expliquer. L'épidémie ne l'explique pas non plus : arrêté en 2017-2019, le même calcul donne −0,65. Le lien mêle deux mouvements que ces données ne séparent pas : l'évolution de la santé de ceux qui restent, et le renouvellement des habitants quand des actifs diplômés s'installent dans les métropoles et que d'autres partent.

La carte de l'espérance de vie suit le milieu social

Plus la part d'ouvriers est forte, plus l'espérance de vie des hommes est courte (corrélation de −0,75, intervalle de −0,90 à −0,46). C'est le lien le plus marqué du profil social. La part de cadres, celle des sans-diplôme et le niveau de vie dessinent une carte proche (corrélations de 0,64 à 0,68 en valeur absolue), et les intervalles ne permettent pas de les départager.

Ensemble, la part d'ouvriers, celle des sans-diplôme et le niveau de vie rendent compte de 64 % des écarts entre départements pour les hommes. C'est la part de leurs différences que reproduit une régression, pas une mesure de cause.

Part des ouvriers parmi les actifs et espérance de vie des hommes, par département

Insee, état civil et estimations de population ; recensement 2023 ; Filosofi 2023 ; DREES, APL 2024 · Licence Ouverte 2.0 · 96 départements de métropole

Données de la figure
VariableSexeCorrélationBorne basseBorne haute
Part d'ouvriershommes−0,75−0,90−0,46
Part d'ouvriersfemmes−0,68−0,87−0,34
Part de cadreshommes0,680,470,81
Part de cadresfemmes0,630,430,77
Part de sans-diplômehommes−0,65−0,81−0,42
Part de sans-diplômefemmes−0,66−0,81−0,44
Niveau de vie médian (log)hommes0,640,450,77
Niveau de vie médian (log)femmes0,600,390,75
Densité (log)hommes0,530,010,83
Densité (log)femmes0,460,020,75
Accès aux généralistes (APL)hommes0,21−0,120,50
Accès aux généralistes (APL)femmes0,25−0,070,52

Là où les ouvriers sont nombreux, l'écart entre femmes et hommes est aussi plus grand. Dix points d'ouvriers en plus parmi les actifs vont avec 2,0 ans d'espérance de vie en moins pour les hommes, 1,2 an pour les femmes : l'écart y est plus grand de 0,8 an.

L'accessibilité potentielle localisée (APL) mesure les consultations de médecin généraliste accessibles par an et par habitant, compte tenu de la distance et de l'âge des habitants. Seule, elle ne rend compte que de 4 % des écarts entre départements pour les hommes. À composition sociale égale (part d'ouvriers, de sans-diplôme et niveau de vie), son lien disparaît : −0,14 an par consultation, intervalle de −0,41 à +0,13. L'accès aux généralistes est meilleur là où les sans-diplôme sont moins nombreux (corrélation de −0,45) : sans tenir compte du milieu social, on prêterait aux médecins ce qui lui revient.

Le lien entre accès aux généralistes et espérance de vie, selon la façon de le mesurer

Insee, état civil et estimations de population ; recensement 2023 ; Filosofi 2023 ; DREES, APL 2024 · Licence Ouverte 2.0 · moindres carrés, erreurs robustes ; « dans une même région » : effets fixes régionaux ; intervalles à 95 %

Données de la figure
ModèleSexeAnnées par consultationIntervalle à 95 %Part des écarts expliquée (R²)
Seulhommes+0,39−0,01 à +0,794 %
À composition sociale égalehommes−0,14−0,41 à +0,1364 %
Et dans une même régionhommes+0,23−0,09 à +0,5550 %
Composition seulehommes——64 %
Seulfemmes+0,30+0,05 à +0,546 %
À composition sociale égalefemmes−0,04−0,24 à +0,1556 %
Et dans une même régionfemmes+0,23+0,04 à +0,4249 %
Composition seulefemmes——56 %

Entre départements d'une même région, le lien redevient positif : +0,23 an pour les hommes (intervalle de −0,09 à +0,55) et +0,23 an pour les femmes (intervalle de +0,04 à +0,42). Il ne se distingue de zéro que pour les femmes : un lien modeste et fragile.

À l'échelle des départements, l'accès aux généralistes n'explique pas les grands écarts d'espérance de vie, et le milieu social les explique mieux. Cela ne veut pas dire que les médecins sont sans effet. Une moyenne départementale mélange des cantons très différents, et l'APL mesure une offre, pas les soins reçus. La géographie de cette offre est l'objet du dossier sur les déserts médicaux.

Ces données ne disent pas pourquoi l'on vit moins longtemps là où les ouvriers sont nombreux. Les travaux épidémiologiques évoquent les expositions professionnelles, le tabac et l'alcool, ou un recours aux soins plus tardif, qui diffèrent aussi selon le sexe.

Ce que le dossier ne dit pas

  • L'espérance de vie est un indicateur « du moment » : elle résume les taux de mortalité d'une année, pas la durée de vie réelle d'une génération. Les deux dernières années sont provisoires et seront révisées.
  • Les valeurs des départements sont moyennées sur 3 ans, parce que les petits comptent peu de décès chaque année. Deux rangs proches dans un classement ne se distinguent pas. Le taux national de mortalité avant 65 ans n'est publié qu'au dixième, d'où la fourchette de son évolution.
  • Ce sont des liens entre départements, pas entre personnes. L'espérance de vie d'un département décrit ceux qui y résident. Les migrations, à la retraite notamment, déplacent des personnes, et la composition sociale, mesurée en fin de période, a elle-même changé.
  • L'APL mesure une offre potentielle de médecine générale, pas le recours effectif ni la qualité des soins. Elle ne couvre ni les spécialistes ni l'hôpital.
  • Composition sociale et accès aux soins sont liés entre eux. Une régression répartit leur lien commun avec l'espérance de vie sans établir de cause.
  • Les départements d'outre-mer, dont les séries sont plus courtes et les situations très différentes, sont hors du champ.

Recoupé avec les chiffres publiés

Une analyse peut être cohérente avec elle-même et fausse, à cause d'une jointure qui perd des territoires, d'une unité mal lue ou d'un champ voisin du bon. Ces chiffres de la page sont donc comparés à ceux que publient des sources de référence. L'écart admis tient à ce qui les sépare (champ, méthode, année, arrondi) ; au-delà, la page n'est pas publiée.

Chiffres de Prisme et chiffres publiés par les sources de référence
ChiffrePrismePubliéÉcart
Espérance de vie des hommes à la naissance, France métropolitaine, 202580,4 ans80,4 ans
Insee
0,0 an
admis : ± 0,1 an
Écart d'espérance de vie entre femmes et hommes, France métropolitaine, 19757,9 ans7,9 ans
Insee
0,0 an
admis : ± 0,1 an
Écart d'espérance de vie des hommes entre les Hauts-de-Seine et la Nièvre, 20256,3 ans6,3 ans
Insee
0,0 an
admis : ± 0,2 an
Sources, champs et écarts admis
  1. Espérance de vie des hommes à la naissance, France métropolitaine, 2025. Chiffre publié : 80,4 ans (2025 (provisoire) ; France métropolitaine, hommes, espérance de vie à la naissance). Source : Insee, Bilan démographique 2025 — Décès, mortalité, espérance de vie (tableau DEC5), consulté le 21 octobre 2026. Écart admis (± 0,1 an) : même source et même champ : l'Insee publie au dixième d'année, et les valeurs de 2025, provisoires, peuvent être révisées d'un dixième entre le bilan de janvier et la série en ligne
  2. Écart d'espérance de vie entre femmes et hommes, France métropolitaine, 1975. Chiffre publié : 7,9 ans (1975 ; France métropolitaine, espérance de vie à la naissance). Source : Insee, Bilan démographique 2025 — Décès, mortalité, espérance de vie (tableau DEC5), consulté le 21 octobre 2026. Différence des deux valeurs publiées : 76,9 ans pour les femmes, 69,0 ans pour les hommes. Écart admis (± 0,1 an) : même source : différence de deux valeurs publiées au dixième, dont l'arrondi peut déplacer l'écart d'un dixième ; 1975 est une année définitive
  3. Écart d'espérance de vie des hommes entre les Hauts-de-Seine et la Nièvre, 2025. Chiffre publié : 6,3 ans (2025 (provisoire) ; hommes, espérance de vie à la naissance, Hauts-de-Seine moins Nièvre). Source : Insee, Espérance de vie en 2025 : comparaisons régionales et départementales, consulté le 21 octobre 2026. Différence des deux valeurs publiées : 83,2 ans dans les Hauts-de-Seine, 76,9 ans dans la Nièvre. Écart admis (± 0,2 an) : même source et même année : différence de deux valeurs départementales publiées au dixième et provisoires, chacune pouvant être arrondie ou révisée d'un dixième
Méthode détaillée

Espérance de vie à la naissance et à 60 ans, par sexe, et taux de mortalité prématurée standardisé (décès avant 65 ans pour 1 000 habitants de moins de 65 ans, à structure d'âge standard) : Insee, état civil et estimations de population, France métropolitaine et 96 départements de métropole, 1975-2025 pour l'espérance de vie, 1998-2025 pour la mortalité. Écart entre les sexes : femmes moins hommes, chaque année, sur les valeurs publiées au dixième d'année.

Départements : moyennes sur trois ans au début et à la fin des séries. Dispersion : écart entre le 9e et le 1er décile des départements, chaque année. Rattrapage : corrélation entre le niveau de 1975 et le gain 1975-2019, avant la surmortalité de 2020-2022. Baisse de l'écart entre les sexes dite nette quand elle dépasse sa marge à 95 % (aléas annuels estimés sur la série du département). Évolution nationale de la mortalité avant 65 ans : rapport des taux de fin et de début, bornes calculées en plaçant chacun aux extrémités de son arrondi.

Composition sociale : part d'ouvriers et de cadres parmi les actifs, part de sans-diplôme et de diplômés du supérieur (recensement 2023), niveau de vie médian et taux de pauvreté (Filosofi 2023), densité, APL aux médecins généralistes (2024, moyenne départementale pondérée par la population). Corrélations de Pearson sur tous les départements puis à région égale ; correction de Benjamini-Hochberg pour les tests multiples ; moindres carrés avec erreurs robustes (HC1), puis effets fixes régionaux. Part des écarts expliquée : R² de la régression. Des départements d'une même région se ressemblent, et un intervalle qui ignorerait cette ressemblance serait trop étroit : l'intervalle à 95 % de chaque corrélation se calcule par jackknife sur les 13 régions : la corrélation est recalculée en retirant tour à tour chaque région, et l'intervalle suit la loi de Student à autant de degrés de liberté que de régions, moins un.

Pour aller plus loin

À lire aussi

Fiches territoires

Dans l'atelier

Les données

Corrections

  • 23 octobre 2026 · Méthode revue. Avant : « Là où les ouvriers sont nombreux, on vit moins longtemps, les hommes surtout : de tout le profil social, c'est ce qui ordonne le mieux la carte. […] La part d'ouvriers suffit presque à ordonner les départements : plus elle est forte, plus l'espérance de vie des hommes est courte (corrélation de −0,75, intervalle de −0,83 à −0,65). ». Désormais : « Là où les ouvriers sont nombreux, on vit moins longtemps, les hommes surtout : la carte de l'espérance de vie suit celle du milieu social. […] Plus la part d'ouvriers est forte, plus l'espérance de vie des hommes est courte (corrélation de −0,75, intervalle de −0,90 à −0,46). C'est le lien le plus marqué du profil social, mais pas le seul : la part de cadres, celle des sans-diplôme et le niveau de vie dessinent une carte proche (corrélations de 0,64 à 0,68 en valeur absolue), et les intervalles ne permettent pas de les départager. ». Méthode : les intervalles supposaient les départements indépendants ; ils tiennent désormais compte de la ressemblance des départements d'une même région, en retirant tour à tour chacune des 13 régions, et sont environ deux fois plus larges, dans le tableau des corrélations comme dans le texte. L'intervalle ne garantit plus un lien fort, ni que la part d'ouvriers ordonne la carte mieux que la part de cadres ou le diplôme. Vu lors de l'audit des méthodes du 22 octobre 2026.
  • 22 octobre 2026 · Précision. Avant : « La mortalité avant 65 ans a reculé de 23 % en France métropolitaine depuis 1998, et dans presque tous les départements. ». Désormais : « La mortalité avant 65 ans est passée de 2,2 à 1,7 décès pour 1 000 habitants de moins de 65 ans en France métropolitaine, de 1998 à 2025 : une baisse de 19 % à 27 %, les taux publiés au dixième ne permettant pas d'être plus précis. ». Calcul : l'évolution était calculée sur deux taux publiés arrondis au dixième, comme s'ils étaient exacts ; 2,2 recouvre 2,15 à 2,25 et 1,7 recouvre 1,65 à 1,75. Vu lors de la revue des analyses ; la page est désormais une section du dossier sur l'espérance de vie.
  • 22 octobre 2026 · Précision. Avant : « L'écart entre les sexes s'est réduit, de 7,8 ans en 1975 à 5,5 ans. ». Désormais : « Leur écart, 7,9 ans en 1975, est monté jusqu'à 8,3 ans en 1987 et de 1990 à 1992, avant de se refermer (France métropolitaine) ; la moyenne simple des départements, plus basse, n'est plus donnée comme niveau national. ». Rédaction : la page donnait l'écart de la moyenne non pondérée des départements (7,8 ans), une autre page celui de la France métropolitaine publié par l'Insee (7,9 ans). Vu lors de la revue des analyses ; le dossier sur l'espérance de vie ne donne plus que le second, recoupé avec le bilan démographique de l'Insee.
  • 22 octobre 2026 · Erreur corrigée. Avant : « Part d'ouvriers dans la population de 15 ans ou plus (axe de la figure) ». Désormais : « Part des ouvriers parmi les actifs (personnes de 15 ans ou plus classées dans une profession) ». Rédaction : l'indicateur rapporte les ouvriers aux actifs classés dans une profession, pas à toute la population de 15 ans ou plus. Vu en relisant les figures pendant la fusion des analyses de santé.

Journal de toutes les corrections

Citer ce dossier

Prisme, « Qui vit le plus longtemps en France ? », 22 octobre 2026, mis à jour le 23 octobre 2026, https://www.prisme-donnees.fr/analyses/esperance-de-vie. D'après : Insee, Espérance de vie et taux de mortalité prématurée par sexe et par département (statistiques de l'état civil) (Licence Ouverte 2.0) ; Insee, Recensement de la population et Filosofi (Licence Ouverte 2.0) ; DREES, diffusion ANCT, Accessibilité potentielle localisée (APL) aux médecins généralistes (Licence Ouverte 2.0).

Questions fréquentes

Combien d'années les femmes vivent-elles de plus que les hommes en France ?

Aux conditions de mortalité de 2025, 5,5 ans en France métropolitaine : 85,9 ans d'espérance de vie à la naissance pour les femmes, 80,4 ans pour les hommes. L'écart atteignait 8,3 ans en 1987 et de 1990 à 1992.

Dans quel département vit-on le plus longtemps ?

En moyenne sur 2023-2025, les départements où les hommes vivent le plus longtemps sont les Hauts-de-Seine (83,0 ans), le Val-de-Marne (82,6 ans) et les Yvelines (82,4 ans). Ceux où ils vivent le moins longtemps sont la Nièvre (77,1 ans), la Haute-Marne (77,2 ans) et le Pas-de-Calais (77,3 ans). Pour les femmes, les trois premiers sont les Hauts-de-Seine (87,4 ans), le Rhône (87,2 ans) et Paris (87,0 ans).

La mortalité avant 65 ans baisse‑t‑elle en France ?

Oui : en France métropolitaine, elle est passée de 2,2 à 1,7 décès pour 1 000 habitants de moins de 65 ans de 1998 à 2025, une baisse de 19 % à 27 % selon l'arrondi des taux publiés. Elle a reculé dans 95 départements sur 96, davantage dans les plus diplômés.

Les déserts médicaux réduisent-ils l'espérance de vie ?

À l'échelle des départements, l'accès aux généralistes ne rend compte que d'une faible part des écarts (4 %), et son lien avec l'espérance de vie disparaît à composition sociale égale. Les données n'excluent pas pour autant un effet plus local, ou d'autres soins.