Analyse · Santé · DREES

Déserts médicaux : où l'accès au médecin généraliste manque, et pourquoi ce n'est pas qu'une affaire de campagne

En 2024, 11,4 millions d'habitants, soit 16,8 % de la population (France hors Mayotte), vivent dans une commune où l'on accède à moins de 2,5 consultations de médecin généraliste par an : le seuil de sous-densité de la DREES. Les communes les moins denses sont les plus exposées, mais pas les seules : la grande couronne francilienne compte parmi les départements les plus touchés, et 21 % des habitants sous le seuil, en métropole, vivent dans des communes de plus de 2 270 habitants au km².

Publié le 21 octobre 2026 · 8 min de lecture

Sous le seuil de 2,511,4 Mhabitants, 16,8 % de la population (France hors Mayotte, 2024)
Moins de la moitié de la moyenne4,2 Mhabitants à 1,8 consultation ou moins, 6,1 % de la population
Écarts entre départements35 %de la variance de l'APL entre communes de métropole ; 65 % se joue à l'intérieur des départements

Un habitant sur six sous le seuil

L'accessibilité potentielle localisée (APL), calculée par la DREES, compte pour chaque commune les consultations de médecin généraliste accessibles par habitant et par an à moins de 20 minutes de route. Elle tient compte de l'activité réelle des médecins, de la demande des communes voisines qui puisent dans la même offre, et des besoins de la population selon son âge. La DREES qualifie de sous-dense un territoire où l'APL passe sous 2,5 consultations ; c'était aussi la borne sous laquelle le zonage de 2017 classait d'office un territoire en zone d'intervention prioritaire.

En 2024, un habitant dispose en moyenne de 3,7 consultations accessibles par an (France hors Mayotte, moyenne pondérée par la population). 11,4 millions d'habitants, soit 16,8 %, vivent dans l'une des 12 724 communes sous le seuil. Sous un seuil plus sévère, la moitié de la moyenne nationale (1,86 consultation, soit 1,8 ou moins dans les valeurs publiées), ils sont encore 4,2 millions (6,1 %) : un habitant y a accès à moins de la moitié des consultations dont dispose un habitant moyen.

La distribution, pondérée par la population, est large : le dixième des habitants le moins bien loti vit dans une commune à 2,1 consultations ou moins, le dixième le mieux loti à 5,5 ou plus, 2,6 fois plus. La moitié de la population est à 3,6 ou moins.

Habitants selon l'accès aux médecins généralistes de leur commune, 2024

DREES, APL aux médecins généralistes 2024 (SNIIR-AM, Cnam ; Insee), diffusion ANCT ; Insee, recensement de la population · Licence Ouverte 2.0 · France hors Mayotte ; une barre par valeur publiée de l'APL (au dixième), population municipale 2023

Données de la figure
APL (consultations par an et par habitant)Habitants
0,0117 217
0,18 554
0,28 727
0,313 550
0,438 220
0,530 715
0,633 098
0,764 782
0,888 385
0,997 543
1,0119 955
1,1197 843
1,2183 826
1,3338 691
1,4350 040
1,5481 905
1,6522 286
1,7743 162
1,8726 504
1,9824 302
2,01 044 645
2,11 255 575
2,21 146 852
2,31 464 348
2,41 543 485
2,51 757 048
2,62 005 258
2,71 809 801
2,81 845 882
2,91 729 429
3,01 941 469
3,11 970 156
3,21 742 100
3,32 267 253
3,41 862 254
3,51 986 602
3,61 694 400
3,71 946 974
3,82 048 263
3,92 195 862
4,01 827 668
4,11 841 336
4,21 537 259
4,31 103 718
4,41 678 787
4,51 249 467
4,61 566 039
4,71 525 721
4,81 382 135
4,91 460 891
5,01 630 467
5,11 071 074
5,21 418 554
5,3665 405
5,4516 454
5,52 621 898
5,6248 168
5,7480 835
5,8269 082
5,9381 330
6,0412 444
6,196 369
6,2483 185
6,3432 957
6,4128 812
6,5475 748
6,683 477
6,7233 419
6,8209 441
6,980 146
7,0 ou plus734 302

La grande couronne francilienne aux côtés de départements peu denses

La part de la population sous le seuil va de 0 % à 69 % selon les départements. Les plus touchés : Guyane (69 %), Val-d'Oise (65 %), Essonne (61 %), Seine-et-Marne (59 %), Eure-et-Loir (58 %), Cher (58 %), Ain (51 %) et Yonne (50 %). Parmi les dix départements où la part est la plus forte, 4 sont en grande couronne francilienne : Val-d'Oise, Essonne, Seine-et-Marne et Yvelines. Les autres, hors outre-mer, sont moins denses que la moyenne de la métropole : Eure-et-Loir, Cher, Ain, Yonne et Lozère. Les moins touchés, en métropole : Paris (0,0 %), Bouches-du-Rhône (1,4 %), Haute-Garonne (2,3 %), Nord (2,4 %) et Indre-et-Loire (3,0 %).

Outre-mer : Guyane (69 %), Guadeloupe (11 %), Martinique (8 %) et La Réunion (0 %) ; Mayotte n'a pas de valeur dans le fichier diffusé.

Part de la population sous le seuil de 2,5 consultations, par département, 2024

DREES, APL aux médecins généralistes 2024 (SNIIR-AM, Cnam ; Insee), diffusion ANCT ; Insee, recensement de la population · Licence Ouverte 2.0 · contours : IGN, ADMIN EXPRESS COG CARTO, Licence Ouverte 2.0 · départements d'outre-mer dans la table

Données de la figure
CodeDépartementAPL moyenneSous 2,5 (%)À 1,8 ou moins (%)Habitants sous le seuil
973Guyane1,7469,341,6203 598
95Val-d'Oise2,3865,418,8837 563
91Essonne2,3861,417,9821 703
77Seine-et-Marne2,3258,622,4859 925
28Eure-et-Loir2,3658,421,4252 853
18Cher2,2857,639,0172 092
01Ain2,5650,925,3345 734
89Yonne2,5249,628,3164 702
48Lozère2,5748,728,737 240
78Yvelines2,4748,016,0712 917
27Eure2,5645,919,6276 412
36Indre2,6142,816,392 539
53Mayenne2,7839,513,8120 654
58Nièvre2,6837,622,775 774
45Loiret2,6235,417,4244 792
07Ardèche2,9333,113,6110 559
71Saône-et-Loire2,8332,816,5180 622
72Sarthe2,7232,213,1182 708
23Creuse2,9631,916,036 855
60Oise2,9130,516,2253 210
41Loir-et-Cher2,7629,713,297 507
61Orne2,8029,210,680 306
85Vendée2,9127,910,1199 161
79Deux-Sèvres3,0027,98,3104 635
47Lot-et-Garonne2,9427,712,892 409
10Aube3,0926,111,480 900
02Aisne3,1223,57,9122 930
46Lot3,1523,410,841 347
03Allier3,1423,06,776 520
74Haute-Savoie3,4822,17,2190 634
81Tarn3,3221,93,987 078
52Haute-Marne3,0121,810,036 651
24Dordogne3,1221,78,390 421
50Manche3,1621,64,5107 465
82Tarn-et-Garonne3,0820,94,655 504
19Corrèze3,1320,410,049 247
55Meuse3,3818,88,033 849
90Territoire de Belfort3,3318,72,726 186
08Ardennes3,5617,97,147 620
12Aveyron3,3817,510,548 846
04Alpes-de-Haute-Provence3,5817,09,728 506
68Haut-Rhin3,4416,76,5128 574
2ACorse-du-Sud3,9716,612,427 926
2BHaute-Corse3,8816,213,030 312
57Moselle3,7715,75,0165 201
22Côtes-d'Armor3,3015,64,995 368
38Isère3,5614,95,1193 178
09Ariège3,7914,77,522 839
54Meurthe-et-Moselle4,1614,63,1107 021
39Jura3,6214,65,637 693
63Puy-de-Dôme3,7514,47,095 402
43Haute-Loire3,6214,28,832 549
16Charente3,0914,13,949 861
32Gers3,4113,75,626 470
11Aude3,5113,45,350 723
26Drôme3,2612,93,567 655
93Seine-Saint-Denis3,3812,80,0218 387
94Val-de-Marne3,9112,32,2175 652
42Loire3,4712,35,195 271
65Hautes-Pyrénées3,7912,14,527 989
88Vosges3,6112,15,843 081
15Cantal3,8311,98,317 067
30Gard3,4211,63,189 764
70Haute-Saône3,7011,64,827 059
971Guadeloupe3,5811,01,442 268
73Savoie4,4110,36,446 114
35Ille-et-Vilaine4,0410,24,3114 409
25Doubs4,1410,25,355 638
21Côte-d'Or4,069,74,052 401
83Var3,679,33,6104 607
49Maine-et-Loire3,979,25,377 012
92Hauts-de-Seine3,279,20,0152 246
51Marne4,189,14,751 130
44Loire-Atlantique3,908,82,3131 469
66Pyrénées-Orientales3,948,23,340 874
972Martinique3,738,03,528 768
14Calvados4,187,72,054 420
76Seine-Maritime3,877,60,795 233
87Haute-Vienne3,977,52,327 857
56Morbihan4,227,00,755 028
86Vienne3,956,92,030 406
05Hautes-Alpes4,826,64,39 507
62Pas-de-Calais4,086,42,193 527
69Rhône3,986,22,9118 835
17Charente-Maritime4,256,20,741 663
64Pyrénées-Atlantiques4,585,82,040 945
40Landes4,265,31,922 995
29Finistère4,365,31,649 259
84Vaucluse3,555,01,728 751
06Alpes-Maritimes4,475,02,155 902
80Somme4,494,70,926 500
34Hérault4,413,91,448 548
33Gironde4,833,50,558 613
67Bas-Rhin4,943,31,037 959
37Indre-et-Loire4,143,01,418 305
59Nord4,522,40,363 748
31Haute-Garonne4,302,30,834 254
13Bouches-du-Rhône4,611,40,329 803
75Paris5,500,00,00
974La Réunion5,450,00,00

Une moyenne correcte n'exclut pas les poches

La moyenne départementale cache l'essentiel : 66 % des habitants sous le seuil, 7,6 millions, vivent dans un département dont l'APL moyenne est au-dessus du seuil. Et 20 % vivent dans l'un des 40 départements mieux dotés que la moyenne nationale, comme dans le Val-de-Marne (APL moyenne de 3,9, mais 176 000 habitants sous le seuil, 12 %), en Moselle (APL moyenne de 3,8, mais 165 000 habitants sous le seuil, 16 %) et en Loire-Atlantique (APL moyenne de 3,9, mais 131 000 habitants sous le seuil, 9 %).

Ville ou campagne ? Les deux

Rangées par densité, les communes de métropole forment ici 10 groupes d'environ 6,6 millions d'habitants chacun : des groupes d'habitants, pas de communes, puisque l'APL se lit par habitant. La part sous le seuil est la plus forte dans le groupe le moins dense (moins de 48 habitants au km²) : 43 %. Elle diminue ensuite à chaque groupe jusqu'au groupe 7 (1 161 à 2 274 habitants au km²), où elle tombe à 8,4 %. Puis elle remonte : 13,9 % dans les groupes 8 et 9, des communes de 2 274 à 6 909 habitants au km², avant de retomber à 6,9 % dans le groupe le plus dense.

Les communes peu denses restent le premier foyer : 54 % des 11,2 millions d'habitants de métropole sous le seuil vivent dans les trois groupes les moins denses (moins de 180 habitants au km²). Mais 21 % vivent dans les trois groupes les plus denses, au-delà de 2 270 habitants au km². Ce sont des citadins, et 99 % d'entre eux habitent en Île-de-France. En métropole, les 9 communes de 50 000 habitants ou plus sous le seuil sont toutes en Île-de-France : Argenteuil (1,7), Antony (2,3), Villejuif (2,1), Sarcelles (2,4), Bobigny (2,4), Chelles (2,1), Corbeil-Essonnes (1,8), Sartrouville (1,9) et Sevran (2,3).

Part de la population sous le seuil selon la densité de la commune, métropole, 2024

DREES, APL aux médecins généralistes 2024 (SNIIR-AM, Cnam ; Insee), diffusion ANCT ; Insee, recensement de la population · Licence Ouverte 2.0 · densité 2023 ; dix groupes de même population, communes entières

Données de la figure
GroupeDensité (hab./km²)CommunesHabitantsAPL moyenneSous le seuil (%)Habitants sous le seuil
10,2 à 47,219 0276 615 6552,7642,52 813 436
247,2 à 94,46 7446 617 3473,1027,91 843 985
394,5 à 171,83 8936 610 2443,3220,01 319 623
4171,8 à 318,72 3246 624 8173,5615,71 038 016
5318,8 à 612,81 2586 613 6623,7910,0664 633
6613,1 à 1 160,76856 615 7693,969,7641 872
71 161,5 à 2 274,34146 619 5054,058,4553 826
82 274,4 à 3 875,01916 606 6714,2313,9915 140
93 898,3 à 6 909,01186 618 0174,1013,9919 175
107 002,7 à 28 253,9826 623 3974,276,9459 870

Un écart qui se joue surtout à l'intérieur des départements

Entre les communes de métropole, pondérées par leur population, la variance de l'APL se partage en deux : 35 % tient aux écarts entre les moyennes des départements, 65 % aux écarts entre communes d'un même département. Les régions n'en expliquent que 7 %. Pour l'action publique, cela invite à la prudence avec les moyennes départementales : elles laissent de côté l'essentiel des écarts, et un département bien doté en moyenne peut compter des communes qui ne le sont pas. Le diagnostic gagne à se faire plus finement, à l'échelle des territoires de vie-santé sur laquelle les agences régionales de santé établissent leur zonage. La décomposition ne dit pas, en revanche, quelle mesure réduirait les écarts.

Plus de médecins accessibles là où la ville est dense, sans lien avec l'âge ou le revenu

L'APL est déjà standardisée par l'âge : les besoins plus élevés des personnes âgées sont comptés dans la population qu'elle rapporte à l'offre. Un lien avec la part des 65 ans ou plus parlerait donc de l'offre de médecins, pas d'une demande plus forte.

Entre communes, en pondérant par la population, l'APL est d'abord liée à la densité de population (0,37, lien modéré) et à la part de cadres (0,28, lien faible) ; elle ne l'est quasiment pas à la part des 65 ans ou plus (−0,07) ni au niveau de vie médian (0,00). Entre départements, après correction pour tests multiples, la densité de population (0,24, intervalle de 0,04 à 0,42) et la part de cadres (0,28, intervalle de 0,08 à 0,45) restent liées à l'APL moyenne, faiblement ; la part des 65 ans ou plus et le niveau de vie médian ne le sont pas.

Les corrélations entre communes sont données sans intervalle : deux communes voisines puisent dans les mêmes cabinets à moins de 20 minutes, leurs APL ne sont pas des observations indépendantes, et un intervalle calculé comme si elles l'étaient serait trompeur. Ce sont des liens entre territoires, qui ne disent rien de l'accès aux soins de chaque habitant.

Profil des territoires et accès aux médecins généralistes : corrélations avec l'APL, métropole

DREES, APL aux médecins généralistes 2024 (SNIIR-AM, Cnam ; Insee), diffusion ANCT ; Insee, recensement de la population ; Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Filosofi · Licence Ouverte 2.0 · départements : APL moyenne, intervalle de Fisher à 95 % ; communes : pondération par la population, sans intervalle

Données de la figure
CaractéristiqueAnnéeDépartementsIntervalle à 95 %p corrigée (BH)Communes (pondéré)Communes retenues
Densité de population (log)20230,240,04 à 0,420,0400,3734 736
Part de cadres20230,280,08 à 0,450,0260,2834 664
Part des 65 ans ou plus2023−0,13−0,32 à 0,080,222−0,0734 736
Niveau de vie médian (log)20230,16−0,04 à 0,350,1470,0030 770

Ce que l'analyse ne dit pas

  • Un seul millésime (2024) : l'analyse décrit une situation, pas une évolution. Elle ne dit pas si l'accès se dégrade ni où.
  • L'APL mesure une offre potentielle, pas les délais pour obtenir un rendez-vous, ni la possibilité de trouver un médecin traitant : un médecin compté comme accessible peut ne plus prendre de nouveaux patients.
  • Au-delà de 20 minutes de route, l'offre n'est pas comptée, et le recours décroît avec la distance en deçà. Les temps de trajet sont ceux d'un trajet en voiture : ils ne disent rien de l'accès de qui n'en a pas. Les consultations externes des hôpitaux ne sont pas comptées.
  • Les valeurs sont publiées au dixième. Avec la convention « inférieure ou égale à 2,5 » de la publication de 2020, la part sous le seuil passerait de 16,8 % à 19,4 % : les communes à 2,5 exactement pèsent lourd.
  • L'indicateur compte les médecins quel que soit leur âge : une partie de l'offre d'aujourd'hui tient à des médecins proches de la retraite. L'ANCT diffuse une variante limitée aux médecins de moins de 65 ans, non utilisée ici.
  • Mayotte n'a pas de valeur dans le fichier diffusé : elle est hors du champ.
  • Effets de frontière : l'APL ne compte que les médecins exerçant en France. Près des frontières, des habitants consultent sans doute à l'étranger, et leur accès est sous-estimé. Entre départements, en revanche, il n'y a pas de frontière : une commune compte les médecins du département voisin.
Méthode détaillée

APL aux médecins généralistes 2024 de la DREES, diffusée par l'ANCT dans la géographie communale récente, ramenée à la géographie de référence par les seuls liens un pour un. Poids : population municipale 2023 de l'Insee ; les communes sans habitants ne pèsent rien. Toutes les moyennes, distributions et parts sont pondérées par la population : un département vaut la somme de ses communes, jamais leur moyenne simple. Champ des décomptes et du classement : France hors Mayotte, 34 848 communes ; champ des comparaisons de densité, de variance et de profil : métropole, 34 736 communes.

Seuils : moins de 2,5 consultations par an et par habitant (DREES, Études et résultats n° 1144, 2020 ; arrêté du 13 novembre 2017) ; seuil sévère : moins de la moitié de la moyenne nationale pondérée (1,86). Groupes de densité : communes rangées par densité 2023, chacune placée dans le dixième de la population où tombe le milieu de ses habitants cumulés.

Décomposition de la variance : variance pondérée par la population de l'APL des communes = variance des moyennes départementales (pondérées) + moyenne pondérée des variances dans chaque département. L'arrondi au dixième ne compte que pour 0,05 % de la variance totale.

Profils : dernière année publiée pour au moins neuf départements sur dix (recensement, Filosofi). Entre départements, corrélation de Pearson avec l'APL moyenne, intervalle de Fisher, correction de Benjamini-Hochberg sur les 4 tests. Entre communes, corrélation pondérée par la population ; les communes sous secret statistique sont écartées, jamais remplacées par zéro (3 966 pour le niveau de vie médian). Densité et niveau de vie en logarithme.

Citer cette analyse

Prisme, « Déserts médicaux : où l'accès au médecin généraliste manque, et pourquoi ce n'est pas qu'une affaire de campagne », 21 octobre 2026, https://www.prisme-donnees.fr/analyses/deserts-medicaux. D'après : DREES, diffusion Observatoire des territoires (ANCT), Accessibilité potentielle localisée (APL) aux médecins généralistes (Licence Ouverte 2.0) ; Insee, Recensement de la population : populations de référence, densité, âges, catégories socioprofessionnelles (Licence Ouverte 2.0) ; Insee, Fichier localisé social et fiscal (Filosofi) (Licence Ouverte 2.0) ; IGN, ADMIN EXPRESS COG CARTO (contours des départements) (Licence Ouverte 2.0).

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un désert médical ?

Le terme n'a pas de définition unique. La DREES qualifie de sous-dense un territoire où l'accessibilité potentielle localisée (APL) aux médecins généralistes est inférieure à 2,5 consultations par an et par habitant, en comptant les médecins à moins de 20 minutes de route et les besoins de la population selon son âge. Les agences régionales de santé délimitent de leur côté, avec leurs propres bornes, les zones où s'appliquent les aides à l'installation des médecins.

Combien de Français vivent dans un désert médical ?

En 2024, 11,4 millions d'habitants, 16,8 % de la population (hors Mayotte), vivent dans une commune où l'APL aux médecins généralistes est inférieure à 2,5 consultations par an. 4,2 millions (6,1 %) disposent de moins de la moitié de la moyenne nationale.

Les déserts médicaux sont-ils seulement à la campagne ?

Non. Les communes peu denses sont les plus touchées, mais 21 % des habitants de métropole sous le seuil vivent dans des communes de plus de 2 270 habitants au km², en majorité en Île-de-France, comme à Argenteuil, Antony et Villejuif. Dans le Val-d'Oise, dans l'Essonne et en Seine-et-Marne, plus de la moitié des habitants vit sous le seuil.

Quels départements manquent le plus de médecins généralistes ?

En part de la population sous le seuil : Guyane (69 %), Val-d'Oise (65 %), Essonne (61 %), Seine-et-Marne (59 %), Eure-et-Loir (58 %) et Cher (58 %).