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DossierFinances publiques · Eurostat

Dépenser plus d'argent public donne‑t‑il de meilleurs résultats en Europe ?

Dans l'UE, les pays qui dépensent le plus pour la santé et les prestations sociales obtiennent en général de meilleurs résultats. D'autres en obtiennent d'aussi bons, ou presque, pour moins cher. La France a la troisième mortalité évitable par les soins la plus basse (58,8 décès pour 100 000 habitants en 2023), et l'Espagne fait presque aussi bien en dépensant 27 % de moins par habitant. Ses prestations sociales sortent de la pauvreté 38,5 % des personnes qui y seraient sans elles, plus que la moyenne européenne ; la Tchéquie, la Pologne et la Slovaquie font mieux en dépensant de 28 % à 51 % de moins.

Publié le 23 octobre 2026 · 11 min de lecture

Données : Dépenses publiques par fonction (Eurostat, extraction du 22 octobre 2026), Statistiques nationales par catégorie (Eurostat, extraction du 22 octobre 2026), Causes de décès (Eurostat, extraction du 22 octobre 2026), Statistiques régionales (Eurostat, extraction du 22 octobre 2026)

À jour vérifié le 27 octobre 2026 ; prochaine diffusion attendue en mars 2027 (Causes de décès) État des données

Mortalité évitable par les soins, France58,8 pour 100 000décès avant 75 ans, 2023 : 3e taux le plus bas des 27 pays de l'UE (UE : 86,8)
Dépense de santé par habitant : Espagne face à la France−27 %pour une mortalité évitable par les soins de 60,2 pour 100 000 (France : 58,8), 2023
Pauvreté évitée par les prestations, France38,5 %des personnes pauvres sans les prestations (hors pensions) ne le sont plus avec ; enquête 2025, UE : 33,2 %
Jeunes de 18-24 ans ni en emploi ni en formation, France14,4 %en 2024, contre 12,1 % dans l'UE ; 21 pays de l'UE font mieux

Chaque point est un pays de l'UE : sa dépense de santé par habitant, toutes sources de financement, en standard de pouvoir d'achat (SPA), et sa mortalité évitable par les soins, sur un axe inversé pour que le mieux soit en haut. La ligne en escalier relie les pays qu'aucun autre ne bat à la fois sur la dépense et sur le résultat : la frontière. Un pays sous la ligne est dominé : un autre obtient au moins le même résultat en dépensant moins.

Dépense de santé par habitant et mortalité évitable par les soins, pays de l'UE (2023)

Eurostat (hlth_sha11_hf, hlth_cd_apr) · CC BY 4.0 · calculs Prisme · dépense courante de santé, tous financeurs, en SPA par habitant ; décès avant 75 ans pour 100 000 habitants, taux standardisés · échelle logarithmique

Données de la figure
PaysDépense courante de santé par habitant (SPA)Mortalité évitable par les soins (décès pour 100 000 hab.)Sur la frontière
Roumanie1 738199,7oui
Hongrie1 906172,3oui
Lettonie1 957189,4non
Croatie1 989126,1oui
Bulgarie2 074185,3non
Slovaquie2 100161,1non
Estonie2 151115,8oui
Grèce2 18784,1oui
Pologne2 237132,7non
Lituanie2 382163,3non
Chypre2 79362,9oui
Tchéquie2 966107,2non
Portugal3 01774,2non
Italie3 08261,9oui
Slovénie3 13567,0non
Espagne3 16560,2oui
Malte3 59374,3non
Finlande3 95368,2non
Danemark4 26566,1non
France4 31958,8France
Irlande4 42067,6non
Suède4 61458,4oui
Belgique4 63558,8non
Luxembourg4 66351,7oui
Pays-Bas4 91360,0non
Autriche4 99068,5non
Allemagne5 38183,3non

En santé, de bons résultats pour une dépense élevée

En 2023, la France compte 58,8 décès avant 75 ans pour 100 000 habitants dus à des maladies que des soins efficaces et donnés à temps auraient pu éviter (taux standardisé sur l'âge) : le troisième taux le plus bas de l'UE, après le Luxembourg et la Suède. Elle dépense 4 319 SPA par habitant pour sa santé, toutes sources de financement confondues, 13 % de plus que la moyenne de l'UE.

Aucun pays n'obtient une mortalité plus basse en dépensant moins : la France est sur la frontière. Elle y est de peu. L'Espagne a une mortalité de 60,2 (+2 %) pour 27 % de dépense en moins par habitant ; l'Italie, 61,9 (+5 %) pour 29 % de moins. Passer de la dépense de l'Espagne à celle de la France, 36 % de plus, va avec 1,4 décès évitable de moins pour 100 000 habitants.

Ce rendement s'épuise à mesure que la dépense monte. Parmi les 13 pays qui dépensent le moins (jusqu'à 3 017 SPA par habitant), ceux qui dépensent davantage ont moins de décès évitables, un lien établi (corrélation de −0,76). Parmi les 14 qui dépensent le plus, le lien n'est plus mesurable (+0,09, intervalle de −0,46 à +0,59).

Une partie de la dépense française protège les ménages contre les frais. En France, ils paient directement 10,2 % de la dépense de santé, la troisième part la plus faible de l'UE, contre 20,9 % en Espagne, 23,7 % en Italie et 15,2 % en moyenne dans l'UE.

La mortalité évitable par la prévention (cancers du poumon, maladies du foie, accidents, suicides), qui dépend davantage des comportements et des politiques de prévention que des soins, classe la France moins bien : 10e rang sur 27. Chypre, le Portugal, l'Italie, l'Espagne et Malte y font mieux en dépensant moins pour la santé.

D'autres pays évitent plus de pauvreté pour moins cher

Sans les prestations sociales autres que les pensions (allocations familiales et de logement, indemnités de chômage, de maladie et d'invalidité, minima sociaux), 26,5 % des habitants de la France vivraient sous le seuil de pauvreté, fixé à 60 % du revenu médian ; avec elles, 16,3 % (enquête de 2025, revenus de 2024). Les prestations sortent donc de la pauvreté 38,5 % des personnes qui y seraient sans elles, contre 33,2 % dans l'ensemble de l'UE.

Mais la Tchéquie, la Pologne et la Slovaquie en sortent une part plus grande en dépensant de 28 % à 51 % de moins par habitant pour ces prestations. Le constat résiste au choix des pays de comparaison : sur 400 tirages au hasard de ces pays, la France est dominée dans 96 % des cas.

La France part de plus haut : avant prestations, la pauvreté y touche 26,5 % de la population, contre 16,0 % à 21,6 % dans ces pays. Mesurée en points de pourcentage plutôt qu'en part des personnes pauvres, la baisse due aux prestations est plus forte en France (10,2 points) que dans ces pays, et aucun pays ne fait mieux en dépensant moins. Après prestations, la France a le taux de pauvreté de la moyenne de l'UE (16,3 %).

Une partie de la dépense française remplace un salaire perdu, quel que soit le niveau de vie du ménage : l'indemnisation du chômage représente 1,7 point de PIB en France en 2024, contre 0,2 à 0,4 point dans ces pays.

Prestations sociales hors pensions par habitant et pauvreté évitée, pays de l'UE (dépense 2024, enquête 2025)

Eurostat (gov_10a_exp, ilc_li02, ilc_li10, nama_10r_2gdp) · CC BY 4.0 · calculs Prisme · dépense des administrations pour la protection sociale, sans la vieillesse ni les survivants, en SPA par habitant (% du PIB × PIB par habitant en SPA) ; part des personnes pauvres avant prestations qui ne le sont plus après, au seuil de 60 % du revenu médian · échelle logarithmique

Données de la figure
PaysPrestations sociales hors pensions, par habitant (SPA)Pauvreté évitée par les prestations (%)Sur la frontière
Bulgarie1 00126,9oui
Grèce1 04115,5non
Roumanie1 13821,7non
Malte1 31424,9non
Croatie1 33623,5non
Chypre1 34331,3oui
Hongrie1 43023,1non
Portugal1 51226,0non
Lettonie1 58322,0non
Tchéquie1 70040,0oui
Estonie1 77029,6non
Pologne1 84938,9non
Italie1 95130,6non
Slovénie2 05734,4non
Espagne2 21923,2non
Slovaquie2 50440,8oui
Lituanie2 61927,3non
Autriche3 37134,8non
France3 48938,5France
Suède3 55138,3non
Allemagne3 98934,0non
Belgique4 10252,6oui
Finlande4 20544,6non
Irlande4 33551,5non
Pays-Bas5 59636,8non
Danemark6 25251,8non
Luxembourg9 28144,2non

Plus de diplômés et plus de jeunes sans emploi ni formation

En 2024, 53,1 % des 25-34 ans ont un diplôme du supérieur en France, contre 43,9 % dans l'UE (7e rang sur 27). La Lituanie et Chypre en comptent davantage en dépensant moins par habitant pour l'enseignement (4 % et 1 % de moins) : la France est près de la frontière.

Le tableau s'inverse pour les jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation : 14,4 % des 18-24 ans en France, contre 12,1 % dans l'UE ; 21 pays font mieux. Onze d'entre eux dépensent moins par habitant pour l'enseignement ; les plus proches de la France par la dépense sont l'Estonie, la Slovénie et la Pologne.

Ces deux résultats ne mesurent qu'une part de ce que finance la dépense d'enseignement, de l'école maternelle à l'université, et le diplôme des 25-34 ans doit à la dépense des années où ils étaient élèves. Avec la dépense moyenne des dix dernières années, le pays le moins dépensier qui compte au moins autant de diplômés que la France dépense 78 % de ce qu'elle dépense.

Dépense d'enseignement par habitant et diplômés du supérieur parmi les 25-34 ans, pays de l'UE (2024)

Eurostat (gov_10a_exp, edat_lfse_03, edat_lfse_20, nama_10r_2gdp) · CC BY 4.0 · calculs Prisme · dépense des administrations pour l'enseignement, en SPA par habitant ; part des 25-34 ans diplômés du supérieur (CITE 5 à 8) · échelle logarithmique

Données de la figure
PaysDépense d'enseignement par habitant (SPA)Diplômés du supérieur parmi les 25-34 ans (%)Sur la frontière
Grèce1 06844,5oui
Bulgarie1 13240,5non
Roumanie1 23023,2non
Portugal1 41343,2non
Hongrie1 49132,3non
Espagne1 49152,6oui
Slovaquie1 52037,2non
Croatie1 55339,4non
Italie1 56131,6non
Tchéquie1 62733,5non
Lettonie1 66545,0non
Pologne1 75545,7non
Lituanie1 92158,2oui
Chypre1 97560,3oui
Slovénie1 98543,1non
Estonie1 99142,7non
France2 00053,1France
Malte2 05947,1non
Allemagne2 08739,1non
Irlande2 38965,2oui
Autriche2 51744,1non
Finlande2 57239,1non
Pays-Bas2 71855,1non
Danemark2 82451,2non
Belgique2 93750,7non
Suède3 19654,4non
Luxembourg4 88563,8non
PaysDépense d'enseignement (SPA par habitant)Jeunes de 18-24 ans ni en emploi ni en formation (%)
Grèce1 06814,7
Bulgarie1 13214,2
Roumanie1 23021,3
Portugal1 41310,7
Hongrie1 49112,8
Espagne1 49112,9
Slovaquie1 52011,9
Croatie1 55310,8
Italie1 56116,2
Tchéquie1 6276,5
Lettonie1 66512,9
Pologne1 75510,0
Lituanie1 92118,7
Chypre1 97514,8
Slovénie1 9857,3
Estonie1 99113,2
France2 00014,4
Malte2 0597,6
Allemagne2 0879,7
Irlande2 3897,8
Autriche2 5179,9
Finlande2 57211,5
Pays-Bas2 7184,6
Danemark2 8248,6
Belgique2 93710,1
Suède3 1967,7
Luxembourg4 88510,0

Une dépense plus élevée va‑t‑elle avec un meilleur résultat ?

Entre les 27 pays, une dépense plus élevée de 10 % va avec 10,4 décès évitables de moins pour 100 000 habitants, 1,3 point de pauvreté évitée en plus, 1,7 point de diplômés du supérieur en plus et 0,5 point de jeunes sans emploi ni formation de moins (intervalles à 95 % dans le tableau).

À part de personnes de 65 ans ou plus et PIB par habitant égaux, le lien tient pour la santé et la pauvreté ; pour les diplômés et les jeunes sans emploi ni formation, il n'est plus distinct de zéro : les pays riches dépensent plus et obtiennent ces résultats, sans qu'on puisse séparer les deux.

À l'intérieur d'un même pays, d'une année à l'autre, le lien est plus faible. De 2014 à 2019, une hausse de 10 % de la dépense de santé ne va pas avec une baisse mesurable de la mortalité évitable (−1,1 décès pour 100 000, de −4,2 à +2,1). Jusqu'en 2023, pandémie comprise, non plus (+1,5, de −1,0 à +4,0).

La pauvreté évitée, elle, suit la dépense (+1,6 point, de +1,0 à +2,2), mais ce lien peut tenir à la conjoncture : quand le chômage monte, les indemnités montent et les prestations sortent plus de personnes de la pauvreté.

Pour l'école, une dépense en hausse ne va ni avec plus de diplômés, ni avec moins de jeunes sans emploi ni formation. Le diplôme se prépare sur quinze ans, plus longtemps que la période observée. Le lien avec les diplômés est même négatif, mais il ne tient plus à âge et richesse égaux.

RésultatEntre paysEntre pays, à âge et richesse égauxDans le temps, effets fixes pays et annéeDans le temps, à âge et richesse égaux
Mortalité évitable par les soins (décès pour 100 000 hab.)−10,4 (de −13,5 à −7,4)−9,2 (de −14,3 à −4,2)−1,1 (de −4,2 à +2,1)−0,5 (de −3,7 à +2,7)
Pauvreté évitée par les prestations (points de %)+1,3 (de +0,8 à +1,7)+1,2 (de +0,5 à +1,9)+1,6 (de +1,0 à +2,2)+1,6 (de +0,9 à +2,3)
Diplômés du supérieur, 25-34 ans (points de %)+1,7 (de +0,9 à +2,5)+0,8 (de −0,7 à +2,3)−0,8 (de −1,4 à −0,2)−0,6 (de −1,3 à +0,1)
Jeunes de 18-24 ans ni en emploi ni en formation (points de %)−0,54 (de −0,90 à −0,18)−0,43 (de −0,98 à +0,13)−0,11 (de −0,84 à +0,61)+0,48 (de −0,17 à +1,12)

Variation du résultat pour une dépense plus élevée de 10 %, entre parenthèses l'intervalle à 95 % · entre pays : moindres carrés sur le logarithme de la dépense, erreurs robustes ; à âge et richesse égaux : part des 65 ans ou plus et logarithme du PIB par habitant en SPA ; dans le temps : effets fixes pays et année, erreurs regroupées par pays, de 2014 à la dernière année (2019 pour la santé, avant la pandémie) · Eurostat · CC BY 4.0 · calculs Prisme

La frontière change‑t‑elle avec la mesure ou l'année ?

Rapportée au PIB plutôt qu'à l'habitant, la dépense mesure l'effort plus que les moyens : l'Irlande et le Luxembourg, au PIB gonflé par les multinationales et les travailleurs frontaliers, y paraissent dépenser peu. Mesurée ainsi, la France est dominée dans les trois fonctions ; en santé, par le Luxembourg et la Suède.

Avec les seuls financements publics et obligatoires, la France reste sur la frontière de la santé ; avec la dépense des administrations (classification par fonction), la Suède fait mieux pour 6 % de moins.

En santé, la France est sur la frontière chaque année de 2013 à 2023. Pour la pauvreté, elle l'est 4 années sur 16 ; pour les diplômés, 1 sur 21.

FonctionMesure de la dépense ou du résultatAnnéeRang du résultat de la FrancePays qui font au moins aussi bien en dépensant moinsDépense du moins dépensier d'entre eux, en % de celle de la France (tirages)
SantéDépense courante de santé par habitant (SPA)20233 sur 27aucun100 %
SantéLa même, en % du PIB20233 sur 27Luxembourg et Suède49 % (49 % à 100 %)
SantéFinancements publics et obligatoires seuls (SPA par habitant)20233 sur 27aucun100 %
SantéDépense des administrations pour la santé (SPA par habitant)20233 sur 27Suède94 % (94 % à 100 %)
SantéLa même, en % du PIB20233 sur 27Luxembourg et Suède61 % (61 % à 100 %)
SantéDépense courante, face à la mortalité évitable par la prévention202310 sur 27Chypre, Portugal, Italie, Espagne et Malte65 % (65 % à 71 %)
PauvretéPrestations hors pensions (SPA par habitant)2024 (enquête 2025)9 sur 27Tchéquie, Pologne et Slovaquie49 % (49 % à 72 %)
PauvretéLes mêmes, en % du PIB2024 (enquête 2025)9 sur 27Tchéquie, Irlande, Pologne, Slovaquie et Belgique53 % (53 % à 66 %)
PauvretéLes mêmes, face à la baisse du taux de pauvreté en points2024 (enquête 2025)6 sur 27aucun100 %
PauvretéToute la protection sociale, pensions comprises (SPA par habitant)2024 (enquête 2025)8 sur 27Tchéquie, Slovaquie et Pologne51 % (51 % à 62 %)
PauvretéLa même, en % du PIB2024 (enquête 2025)8 sur 27Tchéquie, Pologne, Slovaquie, Danemark, Luxembourg et Belgique56 % (56 % à 78 %)
DiplômésDépense d'enseignement par habitant (SPA)20247 sur 27Lituanie et Chypre96 % (96 % à 100 %)
DiplômésLa même, en % du PIB20247 sur 27Irlande, Chypre, Luxembourg et Pays-Bas53 % (53 % à 98 %)
DiplômésMoyenne des dix dernières années (SPA par habitant)20247 sur 27Lituanie et Chypre78 % (78 % à 100 %)
Jeunes sans emploi ni formationDépense d'enseignement par habitant (SPA), jeunes de 18-24 ans202422 sur 27Bulgarie, Portugal, Hongrie, Espagne, Slovaquie, Croatie, Tchéquie, Lettonie, Pologne, Slovénie et Estonie57 % (57 % à 75 %)
Jeunes sans emploi ni formationLa même, jeunes de 15-29 ans202421 sur 27Bulgarie, Portugal, Hongrie, Espagne, Slovaquie, Croatie, Tchéquie, Lettonie, Pologne, Chypre, Slovénie et Estonie57 % (57 % à 75 %)
Jeunes sans emploi ni formationLa même en % du PIB, jeunes de 18-24 ans202422 sur 27Irlande, Espagne, Bulgarie, Portugal, Tchéquie, Allemagne, Malte, Hongrie, Croatie, Luxembourg, Pays-Bas et Slovaquie53 % (53 % à 84 %)

La dernière colonne vaut 100 % quand aucun pays ne fait aussi bien pour moins cher. Entre parenthèses, les centiles 5 et 95 de cette part sur 400 tirages des pays de comparaison avec remise · Eurostat · CC BY 4.0 · calculs Prisme

Année de la dépenseSantéPauvretéDiplômésJeunes sans emploi ni formation
2024—49 % · 3 pays96 % · 2 pays57 % · 11 pays
2023sur la frontière44 % · 3 pays77 % · 3 pays70 % · 10 pays
2022sur la frontièresur la frontière87 % · 2 pays67 % · 9 pays
2021sur la frontièresur la frontière81 % · 2 pays66 % · 10 pays
2020sur la frontière44 % · 1 pays82 % · 2 pays65 % · 9 pays
2019sur la frontièresur la frontière73 % · 2 pays59 % · 10 pays
2018sur la frontière50 % · 2 pays69 % · 2 pays56 % · 10 pays
2017sur la frontière42 % · 1 pays65 % · 3 pays51 % · 11 pays
2016sur la frontière44 % · 1 pays66 % · 2 pays52 % · 11 pays
2015sur la frontière46 % · 3 pays68 % · 2 pays64 % · 10 pays
2014sur la frontière89 % · 1 pays67 % · 2 pays66 % · 6 pays
2013sur la frontièresur la frontière67 % · 2 pays63 % · 5 pays
2012—42 % · 3 pays66 % · 2 pays63 % · 7 pays
2011—43 % · 4 pays64 % · 1 pays62 % · 8 pays
2010—46 % · 4 pays60 % · 1 pays59 % · 6 pays

Chaque année de dépense où au moins 90 % des pays de l'UE ont la dépense et le résultat (mesures principales) : « sur la frontière », ou la dépense du pays le moins dépensier qui fait au moins aussi bien, en % de celle de la France, et le nombre de pays qui la dominent · Eurostat · CC BY 4.0 · calculs Prisme

Ce que le dossier ne dit pas

  • Une frontière compare des pays, elle ne dit pas ce qui cause leurs résultats. Avec 27 pays, des dépenses qui répondent aux besoins (un pays où l'on meurt plus dépense davantage pour soigner) et des effets qui tardent (un diplôme se prépare quinze ans), aucune de ces comparaisons ne prouve qu'une dépense en plus ou en moins changerait le résultat.
  • La frontière entre public et privé n'est pas la même partout : l'assurance maladie de base des Pays-Bas est privée et obligatoire, les complémentaires santé et l'enseignement privé pèsent plus ou moins selon les pays. C'est pourquoi la santé est comparée sur sa dépense totale, tous financeurs ; pour les prestations et l'école, seule la dépense des administrations est connue.
  • Les résultats dépendent d'autre chose que la dépense : la mortalité évitable des modes de vie et des revenus, la pauvreté avant prestations du marché du travail, le diplôme de l'organisation des études (les formations courtes, comme le BTS, comptent dans le supérieur).
  • L'enquête sur les revenus ne voit que l'argent versé aux ménages : les services (crèches, hébergement des personnes handicapées, aide sociale en nature) comptent dans la dépense mais pas dans la pauvreté évitée, ce qui désavantage les pays qui aident surtout en nature. Le seuil de pauvreté est propre à chaque pays (60 % de son revenu médian).
  • La frontière est tracée par les pays observés : une erreur de mesure dans un seul d'entre eux peut la déplacer, et les petits pays (Luxembourg, Chypre, Malte) y comptent autant que l'Allemagne. Les tirages au hasard et les variantes le mesurent en partie.
  • Le SPA convertit la dépense avec le niveau des prix de toute l'économie, pas celui des soins ou de l'enseignement, dont les salaires diffèrent d'un pays à l'autre.
  • Les années diffèrent d'une fonction à l'autre : 2023 pour la santé, 2024 pour les prestations (enquête 2025), 2024 pour l'école. Des données sont encore provisoires : les dépenses par fonction de 2024 pour 6 pays, dont la France, la dépense de santé de 2023 pour la Finlande et Malte et l'enquête sur les revenus de 2025 pour la Lituanie. Eurostat les révise ensuite, et un pays proche de la frontière peut changer de côté.

Recoupé avec les chiffres publiés

Une analyse peut être cohérente avec elle-même et fausse, à cause d'une jointure qui perd des territoires, d'une unité mal lue ou d'un champ voisin du bon. Ces chiffres de la page sont donc comparés à ceux que publient des sources de référence. L'écart admis tient à ce qui les sépare (champ, méthode, année, arrondi) ; au-delà, la page n'est pas publiée.

Chiffres de Prisme et chiffres publiés par les sources de référence
ChiffrePrismePubliéÉcart
Mortalité évitable par les soins avant 75 ans, France, 202358,8 pour 100 00058,8 pour 100 000
Eurostat
0,0 pour 100 000
admis : ± 0,05 pour 100 000
Pauvreté évitée par les transferts sociaux hors pensions, France, enquête 202538,49 %38,49 %
Eurostat
0,00 point
admis : ± 0,35 point
Taux de pauvreté après prestations, France, revenus de 202416,3 %15,4 %
Insee
+0,9 point
admis : ± 1,5 point
Sources, champs et écarts admis
  1. Mortalité évitable par les soins avant 75 ans, France, 2023. Chiffre publié : 58,8 pour 100 000 (2023 ; France, décès avant 75 ans, deux sexes, taux standardisé). Source : Eurostat, Preventable and treatable mortality statistics (Statistics Explained), données de mars 2026, figure des taux de mortalité évitable par les soins par sexe, consulté le 23 octobre 2026. Série « Both sexes » de la figure, France : 58,8 ; le texte situe la France, avec la Suède et la Belgique, « between 58.4 and 58.8 deaths per 100 000 inhabitants ». Écart admis (± 0,05 pour 100 000) : repère de lecture : même jeu (hlth_cd_apr), même champ ; Eurostat arrondit au dixième. La mortalité évitable par la prévention, un seul sexe ou l'ensemble des décès évitables s'en écarteraient de dizaines de décès pour 100 000.
  2. Pauvreté évitée par les transferts sociaux hors pensions, France, enquête 2025. Chiffre publié : 38,49 % (2025 ; France, ensemble de la population, seuil de 60 % du revenu équivalent médian). Source : Eurostat, Impact des transferts sociaux (pensions exclues) sur la réduction de la pauvreté (tespm050), mise à jour du 20 octobre 2026, consulté le 23 octobre 2026. Tableau de synthèse d'Eurostat, en % : réduction du taux de risque de pauvreté due aux transferts sociaux, pensions non comptées comme transferts. Écart admis (± 0,35 point) : repère de lecture : même enquête, autre tableau d'Eurostat. Prisme recalcule la réduction à partir des taux avant et après transferts publiés au dixième, d'où un écart d'arrondi de quelques dixièmes au plus ; la réduction en points, ou celle qui compte les pensions comme des transferts, s'en écarteraient de plusieurs dizaines de points.
  3. Taux de pauvreté après prestations, France, revenus de 2024. Chiffre publié : 15,4 % (2024 (revenus) ; France métropolitaine, personnes vivant dans un logement ordinaire, seuil de 60 % du niveau de vie médian). Source : Insee, Niveau de vie et pauvreté en 2024, Insee Première n° 2117, juillet 2026, consulté le 23 octobre 2026. Tableau des indicateurs de pauvreté au seuil de 60 %, « Taux de pauvreté (en %) », 2024. Chiffre de Prisme : enquête européenne sur les revenus (EU-SILC) de 2025, revenus de 2024, France. Écart admis (± 1,5 point) : repère indépendant : l'Insee mesure la pauvreté avec l'enquête Revenus fiscaux et sociaux (revenus déclarés au fisc et prestations, France métropolitaine), Eurostat avec l'enquête SRCV (revenus déclarés à l'enquêteur, autre échantillon, autre champ géographique, autre traitement des revenus du patrimoine) ; d'une année à l'autre, l'écart entre les deux séries change de sens. Le taux avant prestations, ou celui d'un groupe d'âge comme les enfants, s'en écarterait de plus de cinq points.
Méthode détaillée

Santé : dépense courante de santé (soins, biens médicaux, prévention, gouvernance, hors investissement) de tous les financeurs, en SPA par habitant, selon le système des comptes de la santé (Eurostat, hlth_sha11_hf) ; la part payée directement par les ménages est celle du financement « HF3 ». Résultat : taux standardisé de mortalité évitable par les soins avant 75 ans, deux sexes (liste de l'OCDE et d'Eurostat, hlth_cd_apr) ; les causes évitables à la fois par la prévention et par les soins y comptent pour moitié.

Pauvreté : dépense des administrations pour la protection sociale (COFOG 10, gov_10a_exp) moins la vieillesse (10.2) et les survivants (10.3), c'est-à-dire sans les pensions, comme l'enquête. Résultat : taux de risque de pauvreté avant transferts sociaux, pensions comptées comme revenu (ilc_li10), et après (ilc_li02), au même seuil de 60 % du revenu équivalent médian après transferts ; la pauvreté évitée est leur écart rapporté au taux avant transferts. L'enquête d'une année porte sur les revenus de l'année précédente : la dépense de l'année N est comparée à l'enquête N + 1. Variante : toute la protection sociale face à la pauvreté avant tout transfert, pensions comprises (ilc_li09).

École : dépense des administrations pour l'enseignement (COFOG 09) ; part des 25-34 ans diplômés du supérieur (CITE 5 à 8, edat_lfse_03) et part des 18-24 ans ni en emploi ni en études ou formation (edat_lfse_20), la même année.

Dépense par habitant en SPA : pour les dépenses des administrations, leur part du PIB multipliée par le PIB par habitant en SPA du pays, moyenne de ses régions NUTS 2 pondérée par leur population (nama_10r_2gdp) ; pour l'UE, moyenne des pays pondérée de même. Année retenue : la dernière où au moins 90 % des pays de l'UE ont la dépense et le résultat.

Frontière (méthode dite FDH, sans hypothèse sur sa forme) : un pays est dominé si un autre dépense au plus autant et obtient un résultat au moins aussi bon. Pour la France, on rapporte la dépense du pays le moins dépensier parmi ceux qui obtiennent au moins son résultat à la sienne (100 % sur la frontière). Un résultat « presque aussi bon » est à moins de 5 % du sien. Tirages : 400 ensembles de pays de comparaison tirés avec remise parmi les 26 autres ; on donne les centiles 5 et 95 de cette part et la proportion des tirages où la France est dominée.

Liens : pente du résultat sur le logarithme de la dépense, dite pour une dépense plus élevée de 10 %, intervalle à 95 %. Entre pays : moindres carrés, erreurs robustes (HC1), puis avec la part des 65 ans ou plus (régions NUTS 2 pondérées par la population) et le logarithme du PIB par habitant en SPA. Rendements : corrélation dans la moitié des pays qui dépensent le moins et dans l'autre. Dans le temps : panel équilibré, effets fixes pays et année (écarts aux moyennes du pays et de l'année), erreurs regroupées par pays, de 2014 à la dernière année (2019 pour la santé, la pandémie ayant bouleversé mortalité et dépense ; la pente jusqu'à la dernière année est donnée dans le texte).

Pour aller plus loin

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Dans l'atelier

Les données

Citer ce dossier

Prisme, « Dépenser plus d'argent public donne‑t‑il de meilleurs résultats en Europe ? », 23 octobre 2026, https://www.prisme-donnees.fr/analyses/argent-public-resultats. D'après : Eurostat, Dépense courante de santé par mécanisme de financement (hlth_sha11_hf) (CC BY 4.0) ; Eurostat, Mortalité évitable par la prévention et par les soins (hlth_cd_apr) (CC BY 4.0) ; Eurostat, Dépenses des administrations publiques par fonction (COFOG, gov_10a_exp) (CC BY 4.0) ; Eurostat, Taux de risque de pauvreté avant et après transferts sociaux (ilc_li02, ilc_li09, ilc_li10) (CC BY 4.0) ; Eurostat, Population par niveau de diplôme (edat_lfse_03) et jeunes ni en emploi ni en formation (edat_lfse_20) (CC BY 4.0) ; Eurostat, PIB régional par habitant en SPA (nama_10r_2gdp) et population des régions (CC BY 4.0).

Questions fréquentes

La France dépense‑t‑elle trop pour sa santé ?

Les chiffres ne permettent pas de le dire. Aucun pays de l'UE n'a une mortalité évitable par les soins plus basse en dépensant moins, mais l'Espagne fait presque aussi bien avec 27 % de dépense en moins par habitant. La dépense française achète aussi une protection contre les frais : les ménages en paient directement 10,2 %, contre 15,2 % en moyenne dans l'UE.

Les prestations sociales réduisent-elles la pauvreté en France ?

Oui : sans les prestations autres que les pensions, 26,5 % des habitants seraient pauvres ; avec elles, 16,3 % (enquête 2025). Elles en sortent 38,5 %, contre 33,2 % en moyenne dans l'UE ; la Tchéquie, la Pologne et la Slovaquie font mieux en dépensant moins.

Dépenser plus pour l'école donne‑t‑il plus de diplômés ?

Pas de façon établie. Entre pays de l'UE, une dépense d'enseignement plus élevée de 10 % va avec 1,7 point de diplômés du supérieur en plus parmi les 25-34 ans, mais le lien disparaît à richesse égale : les pays riches dépensent plus et diplôment davantage. Et à l'intérieur d'un pays, une dépense en hausse ne va pas avec plus de diplômés.