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Les déserts médicaux sont-ils surtout ruraux ?

Publié le 21 octobre 2026 · mis à jour le 23 octobre 2026 · 3 min de lecture

Données : APL aux médecins généralistes 2024 (DREES), Populations de référence 2023 (Insee), Recensement de la population 2023 (Insee)

À jour vérifié le 27 octobre 2026 ; prochaine diffusion annoncée en décembre 2026 (Populations de référence) État des données

L'affirmation

« Les déserts médicaux sont surtout ruraux. »

Formulation répandue dans le débat public, sous cette forme ou une forme voisine. Elle n'est attribuée à personne.

Verdict

Exact, mais incomplet

Un peu plus de la moitié des habitants des déserts médicaux vivent dans les communes les moins denses ; mais une large part vit ailleurs, jusque dans les communes les plus denses.

En 2024, au moins 11,2 millions d'habitants de métropole vivent dans une commune sous le seuil de 2,5 consultations de médecin généraliste accessibles par an et par habitant, et jusqu'à 12,9 millions : l'APL est diffusée arrondie au dixième, et une commune affichée à 2,5 peut être juste au-dessous.

54 % d'entre eux vivent dans les communes les moins denses, qui n'abritent que 30 % de la population : les déserts y touchent 30 % des habitants, contre 11 % ailleurs.

Mais au moins 5,2 millions vivent dans des communes plus denses, dont 2,3 millions dans les 3 dixièmes les plus denses.

Habitants sous le seuil d'accès au médecin généraliste, par dixième de population classé selon la densité de la commune, 2024

DREES, APL aux médecins généralistes (SNIIR-AM, Cnam ; Insee), diffusion ANCT ; Insee, recensement · Licence Ouverte 2.0 · métropole ; communes affichées sous 2,5, un minimum (APL arrondie au dixième)

Données de la figure
DixièmeHabitants au km²PopulationSous le seuilPart sous le seuil
10 à 476,6 millions2,8 millions42,5 %
247 à 946,6 millions1,8 million27,9 %
394 à 1726,6 millions1,3 million20,0 %
4172 à 3196,6 millions1,0 million15,7 %
5319 à 6136,6 millions0,7 million10,0 %
6613 à 1 1616,6 millions0,6 million9,7 %
71 161 à 2 2746,6 millions0,6 million8,4 %
82 274 à 3 8756,6 millions0,9 million13,9 %
93 898 à 6 9096,6 millions0,9 million13,9 %
107 003 à 28 2546,6 millions0,5 million6,9 %

Ce que disent exactement les données

  • Accessibilité potentielle localisée (DREES) : consultations de médecin généraliste accessibles à moins de 20 minutes de route, par an et par habitant, rapportées à une population standardisée par l'âge ; 2024. Seuil de sous-densité : 2,5, repère national retenu par la DREES.
  • Le fichier diffusé par l'ANCT arrondit l'APL au dixième, alors que le seuil porte sur la valeur calculée par la DREES : une commune affichée à 2,5 peut être juste au-dessous. Les décomptes de la page ne retiennent que les communes affichées sous 2,5 : ce sont des minimums.
  • Un indicateur par habitant : chaque commune pèse sa population (2023), jamais une commune pour une commune. Métropole, 34 736 communes.
  • « Rural » est approché par la densité de la commune (2023) : les communes les moins denses qui abritent ensemble 3 dixièmes de la population, soit moins de 172 habitants au km². L'Insee définit le rural autrement, par une grille de densité à maille fine que l'entrepôt n'a pas.
  • L'analyse des déserts médicaux détaille les départements et le profil des communes touchées.

Comment le verdict est décidé

La règle est écrite dans le code de la page, avec ses seuils, et appliquée telle quelle au calcul : les cas sont examinés dans l'ordre, le premier vérifié donne le verdict. Elle ne dépend pas des valeurs observées. Si de nouvelles données donnent un autre verdict, la page n'est pas republiée avant d'avoir été revue.

  1. Exact Au moins deux habitants des déserts médicaux sur trois vivent dans les communes les moins denses, qui abritent 3 dixièmes de la population.
  2. Exact, mais incomplet Plus de la moitié, mais moins des deux tiers, des habitants des déserts médicaux vivent dans ces communes : surtout ruraux, mais une large part vit ailleurs. C'est le cas ici.
  3. Trompeur Moins de la moitié des habitants des déserts médicaux vivent dans ces communes, mais plus que leur part de la population : les déserts y sont plus fréquents sans y être majoritaires.
  4. Faux Les communes les moins denses ne comptent pas plus d'habitants des déserts que leur part de la population.
  5. Les données ne permettent pas de trancher Aucun autre cas n'est possible : les précédents couvrent toutes les parts.

Ce qui changerait le verdict

  • Compter aussi les communes affichées à 2,5, dont l'APL exacte peut être juste au-dessous du seuil (12,9 millions d'habitants en tout), ne le change pas : 52 % des habitants des déserts vivent alors dans les communes les moins denses, verdict « Exact, mais incomplet ».
  • Une autre définition du rural, plus large ou plus étroite : avec 2 dixièmes de la population, 42 % des habitants des déserts et le verdict « Trompeur » ; avec 4 dixièmes de la population, 63 % des habitants des déserts et le verdict « Exact, mais incomplet ».
  • Deux habitants des déserts sur trois dans les communes les moins denses donneraient « Exact » ; moins de la moitié, « Trompeur ».
  • Le zonage réglementaire des agences régionales de santé, qui retient d'autres seuils et d'autres critères que l'APL.

Sources et licences

Mentions à reprendre :

Toutes les sources et leurs conditions d'usage · L'échelle des verdicts

Corrections

  • 23 octobre 2026 · Précision. Avant : « En 2024, 11,2 millions d'habitants de métropole vivent dans une commune sous le seuil de 2,5 consultations de médecin généraliste accessibles par an et par habitant. ». Désormais : « En 2024, au moins 11,2 millions d'habitants de métropole vivent dans une commune sous le seuil de 2,5 consultations de médecin généraliste accessibles par an et par habitant, et jusqu'à 12,9 millions : l'APL est diffusée arrondie au dixième, et une commune affichée à 2,5 peut être juste au-dessous. ». Calcul : le fichier de l'ANCT arrondit l'APL au dixième, et une commune affichée à 2,5 peut être sous le seuil. Le décompte est donc un minimum, comme l'établit la correction du 21 octobre 2026 sur l'analyse des déserts médicaux, qui n'avait pas été reportée ici. Le verdict, « Exact, mais incomplet », ne change pas : en comptant aussi les communes affichées à 2,5, 52 % des habitants des déserts vivent dans les communes les moins denses, contre 54 % sur le décompte minimal. Vu lors de l'audit du site du 22 octobre 2026.

Journal de toutes les corrections

Citer cette vérification

Prisme, « Les déserts médicaux sont-ils surtout ruraux ? », 21 octobre 2026, mis à jour le 23 octobre 2026, https://www.prisme-donnees.fr/verifications/deserts-medicaux-surtout-ruraux. D'après : DREES, diffusion Observatoire des territoires (ANCT), Accessibilité potentielle localisée (APL) aux médecins généralistes (Licence Ouverte 2.0) ; Insee, Recensement de la population : populations de référence et densité (Licence Ouverte 2.0).