La carte du vote se répète‑t‑elle d'une présidentielle à l'autre ?
En grande partie. Pour chacune des 7 personnes candidates en 2017 qui se sont représentées en 2022, les départements où elle avait fait ses meilleurs scores restent, pour l'essentiel, ceux où elle les refait : selon la personne, la corrélation entre les deux cartes va de 0,74 à 0,96 (1 : la même carte). Au second tour, qui opposait les deux mêmes candidats, la carte se répète jusque dans les communes (0,92). Les résultats ne disent pas, en revanche, comment ont voté au second tour les électeurs des candidats éliminés.
Publié le 23 octobre 2026 · 9 min de lecture
Données : Résultats électoraux (Ministère de l'Intérieur, extraction du 22 octobre 2026)
À jour vérifié le 27 octobre 2026 État des données
Ministère de l'Intérieur, résultats des élections (fichiers consolidés par data.gouv.fr) · Licence Ouverte 2.0 · parts des suffrages exprimés ; communes dont les résultats sont publiés aux deux scrutins, pondérées par leurs suffrages ; trait : intervalle de confiance à 95 % (bootstrap par département) ; ordre des panneaux de 2022, second tour : Emmanuel MACRON, Marine LE PEN
Données de la figure
| Candidat ou candidate (ordre des panneaux) | Part des exprimés 2017 (%) | Part des exprimés 2022 (%) | Corrélation entre communes | Intervalle à 95 % | À l'intérieur des départements | Métropole seule | Corrélation entre départements | Intervalle à 95 % | Communes |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nathalie ARTHAUD | 0,6 | 0,6 | 0,47 | 0,42 à 0,52 | 0,31 | 0,44 | 0,93 | 0,89 à 0,96 | 30 256 |
| Emmanuel MACRON | 23,8 | 27,5 | 0,69 | 0,63 à 0,74 | 0,66 | 0,71 | 0,74 | 0,58 à 0,84 | 30 256 |
| Jean LASSALLE | 1,2 | 3,2 | 0,84 | 0,76 à 0,88 | 0,65 | 0,84 | 0,96 | 0,95 à 0,98 | 30 256 |
| Marine LE PEN | 21,5 | 23,4 | 0,95 | 0,93 à 0,96 | 0,94 | 0,95 | 0,96 | 0,94 à 0,98 | 30 256 |
| Jean-Luc MÉLENCHON | 19,7 | 22,0 | 0,83 | 0,78 à 0,88 | 0,87 | 0,86 | 0,77 | 0,58 à 0,88 | 30 256 |
| Philippe POUTOU | 1,1 | 0,8 | 0,40 | 0,33 à 0,48 | 0,32 | 0,42 | 0,77 | 0,65 à 0,91 | 30 256 |
| Nicolas DUPONT-AIGNAN | 4,8 | 2,1 | 0,60 | 0,52 à 0,67 | 0,55 | 0,61 | 0,80 | 0,66 à 0,89 | 30 256 |
| Second tour (Emmanuel MACRON – Marine LE PEN) | 65,7 | 58,1 | 0,92 | 0,87 à 0,96 | 0,96 | 0,96 | 0,92 | 0,84 à 0,97 | 30 233 |
Une carte qui se répète
Pour chaque personne candidate aux deux scrutins, on compare sa part des suffrages exprimés dans chaque commune en 2017 et en 2022. Une corrélation de 1 voudrait dire que les écarts entre communes se reproduisent à l'identique, même si le score national change ; 0, qu'il n'y a aucun rapport entre les deux cartes. Une grande commune pèse davantage qu'un village, au prorata de ses suffrages.
Au second tour, qui opposait Emmanuel MACRON et Marine LE PEN en 2017 comme en 2022, la corrélation entre les cartes des communes atteint 0,92. La part d'Emmanuel MACRON est passée de 65,7 % à 58,1 % des exprimés dans les communes de métropole et d'outre-mer, mais les communes ont, pour l'essentiel, gardé leur rang. En métropole seule, la ressemblance est plus forte encore (0,96) : les communes d'outre-mer ont davantage changé de place.
Au premier tour, parmi les candidats qui ont dépassé un exprimé sur dix aux deux scrutins, la carte qui se répète le plus est celle du vote pour Marine LE PEN (0,95 entre communes) ; celle qui change le plus, celle du vote pour Emmanuel MACRON (0,69).
Pour les candidats aux scores plus faibles, la corrélation entre communes va de 0,40 à 0,84 : avec quelques voix par commune, une poignée d'électeurs suffit à déplacer un score, et la carte paraît moins stable qu'elle ne l'est. Entre départements, où ces petits nombres se compensent, la corrélation est plus forte pour chacun d'eux : 0,77 au moins.
La ressemblance se voit aussi à l'intérieur d'un même département : les communes y gardent leur place d'un scrutin à l'autre (corrélation de 0,66 à 0,96 pour le second tour et les candidats qui ont dépassé un exprimé sur dix).
Ces chiffres décrivent des communes et des bureaux de vote, pas des électeurs : qu'une commune vote de la même façon à cinq ans d'écart ne dit pas que ses électeurs ont fait deux fois le même choix (inférence écologique).
Un vote plus ou moins concentré
Une carte peut se répéter tout en se resserrant ou en s'étalant. L'indice de dissimilarité le mesure : c'est la part des électeurs d'un candidat qu'il faudrait faire changer de commune pour qu'il ait la même part des exprimés partout. À 0, le vote est réparti uniformément ; plus l'indice monte, plus il est concentré dans certaines communes.
Le vote pour Jean-Luc MÉLENCHON est plus concentré en 2022 qu'en 2017 : son indice passe de 14,4 à 20,7 % entre communes, de 7,5 à 12,3 % entre départements. Pour Emmanuel MACRON, Marine LE PEN et le second tour, l'indice varie de moins de 2 points d'un scrutin à l'autre.
Selon le vote et le scrutin, de 30 à 51 % des écarts entre communes tiennent au département où elles se trouvent ; le reste oppose des communes d'un même département.
Pour les candidats aux scores faibles, l'indice est gonflé par les petits nombres : un vote réparti au hasard donnerait déjà de 4 à 12 %. Ses variations d'un scrutin à l'autre ne se lisent pas (table de la figure).
Ministère de l'Intérieur, résultats des élections (fichiers consolidés par data.gouv.fr) · Licence Ouverte 2.0 · indice de dissimilarité entre les électeurs du candidat et les autres votants exprimés, communes publiées aux deux scrutins ; barre grise : indice d'un vote réparti au hasard, avec la même part partout
Données de la figure
| Candidat ou candidate (ordre des panneaux) | Indice entre communes 2017 (%) | Indice entre communes 2022 (%) | Intervalle du changement (points) | Hasard 2017 (%) | Hasard 2022 (%) | Indice entre départements 2017 (%) | Indice entre départements 2022 (%) | Part des écarts entre communes qui tient au département, 2017 (%) | Idem, 2022 (%) |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nathalie ARTHAUD | 22,4 | 20,7 | — | 11,2 | 12,2 | 14,4 | 12,3 | 31,8 | 21,6 |
| Emmanuel MACRON | 12,3 | 13,1 | −0,1 à 1,7 | 2,1 | 2,1 | 9,3 | 8,5 | 44,9 | 42,6 |
| Jean LASSALLE | 28,5 | 24,5 | — | 8,3 | 5,2 | 24,1 | 20,1 | 58,2 | 63,2 |
| Marine LE PEN | 21,2 | 20,7 | −1,2 à 0,4 | 2,2 | 2,2 | 16,8 | 15,1 | 50,1 | 46,4 |
| Jean-Luc MÉLENCHON | 14,4 | 20,7 | 4,5 à 8,3 | 2,3 | 2,2 | 7,5 | 12,3 | 29,9 | 44,7 |
| Philippe POUTOU | 16,4 | 16,6 | — | 8,7 | 10,5 | 9,6 | 8,3 | 28,4 | 15,1 |
| Nicolas DUPONT-AIGNAN | 14,3 | 15,2 | — | 4,2 | 6,4 | 9,2 | 9,2 | 28,1 | 24,4 |
| Second tour | 22,9 | 22,0 | −1,6 à −0,1 | 2,0 | 2,0 | 18,0 | 16,6 | 51,1 | 50,3 |
Les résultats officiels ne donnent que des bornes aux reports de voix
Combien d'électeurs d'un candidat éliminé au premier tour ont voté pour l'un ou l'autre finaliste ? Les résultats officiels donnent, bureau par bureau, le total de chaque tour, pas le parcours des électeurs. Sans hypothèse, on n'en tire que des bornes : dans un bureau, le nombre d'électeurs passés d'un choix à l'autre ne peut dépasser aucun des deux totaux, ni descendre sous ce que le reste du bureau ne peut pas absorber.
Ces bornes sont larges. Pour chacun des 10 candidats éliminés en 2022, la part de ses électeurs qui a voté pour Emmanuel MACRON au second tour peut prendre n'importe quelle valeur de moins de 1 % à 85 % ; de même pour Marine LE PEN. Tant que, dans un bureau, les électeurs d'un candidat éliminé sont moins nombreux que ceux de chaque finaliste au second tour, et que les autres inscrits, rien dans les totaux n'interdit qu'ils aient tous choisi l'un, tous l'autre, ou se soient abstenus.
Même pour les deux finalistes, les résultats ne prouvent pas que leurs électeurs du premier tour ont de nouveau voté pour eux : la borne basse reste sous 1 %. En revanche, il est certain qu'au moins 47 % des voix d'Emmanuel MACRON au second tour, et 38 % de celles de Marine LE PEN, viennent d'inscrits qui avaient fait un autre choix au premier : autre candidat, vote blanc ou nul, abstention.
En 2017, les bornes sont aussi larges : toute part de moins de 1 % à 84 % reste possible, pour chacun des 9 candidats éliminés et chaque finaliste.
Les reports publiés ailleurs viennent d'enquêtes auprès d'électeurs, ou de modèles qui ajoutent une hypothèse (par exemple, le même comportement dans tous les bureaux) : les résultats seuls ne permettent ni de les confirmer ni de les infirmer.
Ministère de l'Intérieur, résultats des élections (fichiers consolidés par data.gouv.fr) · Licence Ouverte 2.0 · pour chaque choix du premier tour, la part de ses électeurs qui a pu faire chaque choix au second : bornes certaines (Duncan et Davis), bureau par bureau puis sommées, tous les bureaux de France entière sauf ceux aux suffrages annulés ; ordre des panneaux
Données de la figure
| Scrutin | Choix au 1er tour | Puis Emmanuel MACRON au 2d tour (%) | Puis Marine LE PEN au 2d tour (%) | Puis abstention, blanc ou nul au 2d tour (%) |
|---|---|---|---|---|
| 2022 | Nathalie ARTHAUD | 0 à 100 | 0 à 100 | 0 à 100 |
| 2022 | Fabien ROUSSEL | 0 à 100 | 0 à 100 | 0 à 100 |
| 2022 | Emmanuel MACRON | 0 à 100 | 0 à 86 | 0 à 96 |
| 2022 | Jean LASSALLE | 0 à 100 | 0 à 100 | 0 à 100 |
| 2022 | Marine LE PEN | 0 à 97 | 0 à 100 | 0 à 97 |
| 2022 | Éric ZEMMOUR | 0 à 100 | 0 à 100 | 0 à 100 |
| 2022 | Jean-Luc MÉLENCHON | 0 à 99 | 0 à 85 | 0 à 100 |
| 2022 | Anne HIDALGO | 0 à 100 | 0 à 100 | 0 à 100 |
| 2022 | Yannick JADOT | 0 à 100 | 0 à 99 | 0 à 100 |
| 2022 | Valérie PÉCRESSE | 0 à 100 | 0 à 100 | 0 à 100 |
| 2022 | Philippe POUTOU | 0 à 100 | 0 à 100 | 0 à 100 |
| 2022 | Nicolas DUPONT-AIGNAN | 0 à 100 | 0 à 100 | 0 à 100 |
| 2022 | Abstention, blancs et nuls | 0 à 87 | 0 à 76 | 6 à 99 |
| 2017 | Nicolas DUPONT-AIGNAN | 0 à 100 | 0 à 100 | 0 à 100 |
| 2017 | Marine LE PEN | 0 à 98 | 0 à 100 | 0 à 99 |
| 2017 | Emmanuel MACRON | 0 à 100 | 0 à 79 | 0 à 98 |
| 2017 | Benoît HAMON | 0 à 100 | 0 à 97 | 0 à 100 |
| 2017 | Nathalie ARTHAUD | 0 à 100 | 0 à 100 | 0 à 100 |
| 2017 | Philippe POUTOU | 0 à 100 | 0 à 100 | 0 à 100 |
| 2017 | Jacques CHEMINADE | 0 à 100 | 0 à 100 | 0 à 100 |
| 2017 | Jean LASSALLE | 0 à 100 | 0 à 100 | 0 à 100 |
| 2017 | Jean-Luc MÉLENCHON | 0 à 100 | 0 à 88 | 0 à 100 |
| 2017 | François ASSELINEAU | 0 à 100 | 0 à 100 | 0 à 100 |
| 2017 | François FILLON | 1 à 100 | 0 à 85 | 0 à 97 |
| 2017 | Abstention, blancs et nuls | 0 à 92 | 0 à 72 | 4 à 99 |
Ce que le dossier ne dit pas
- Ces chiffres décrivent des communes et des bureaux de vote, pas des électeurs : qu'une commune vote de la même façon à cinq ans d'écart ne dit pas que ses électeurs ont fait deux fois le même choix (inférence écologique).
- Une ressemblance entre deux cartes ne dit pas pourquoi elles se ressemblent : ce dossier décrit la géographie des résultats et n'avance aucune explication.
- Une personne n'est comparée qu'à elle-même, sous le nom que publie le ministère. Deux candidats différents ne sont jamais rapprochés, ni des partis : le vote pour une personne en 2022 n'est pas le prolongement de celui pour une autre en 2017.
- Les européennes ne sont pas comparées d'un scrutin à l'autre : le fichier consolidé ne donne la tête de liste qu'en 2019, et deux listes de même nom n'ont pas forcément la même tête de liste.
- Les corrélations et les indices portent sur les communes dont les résultats sont publiés aux deux scrutins : au moins 100 inscrits, aucun bureau aux suffrages annulés. Elles réunissent au moins 94 % des suffrages exprimés de chaque scrutin dans les communes de métropole et d'outre-mer ; les autres restent dans les totaux des départements.
- Les bornes des reports supposent que les inscrits d'un bureau sont les mêmes aux deux tours ; les quelques inscriptions et radiations entre les tours ne les déplacent qu'à peine.
- Deux scrutins ne font pas une tendance : qu'une carte se soit répétée une fois ne dit pas qu'elle se répétera. Aucune de ces mesures n'annonce le résultat d'une élection à venir.
Recoupé avec les chiffres publiés
Une analyse peut être cohérente avec elle-même et fausse, à cause d'une jointure qui perd des territoires, d'une unité mal lue ou d'un champ voisin du bon. Ces chiffres de la page sont donc comparés à ceux que publient des sources de référence. L'écart admis tient à ce qui les sépare (champ, méthode, année, arrondi) ; au-delà, la page n'est pas publiée.
| Chiffre | Prisme | Publié | Écart |
|---|---|---|---|
| Voix d'Emmanuel MACRON au 1er tour de la présidentielle 2022, France entière | 9 783 058 voix | 9 783 058 voix Ministère de l'Intérieur | 0 voix admis : ± 0,5 voix |
| Part de Marine LE PEN au 2d tour de la présidentielle 2022, Paris | 14,89 % | 14,89 % Ministère de l'Intérieur | 0,00 point admis : ± 0,005 point |
| Voix d'Emmanuel MACRON au 2d tour de la présidentielle 2017, France entière | 20 743 128 voix | 20 743 128 voix Conseil constitutionnel | 0 voix admis : ± 0,5 voix |
Sources, champs et écarts admis
- Voix d'Emmanuel MACRON au 1er tour de la présidentielle 2022, France entière. Chiffre publié : 9 783 058 voix (2022 ; France entière : métropole, outre-mer et Français établis hors de France). Source : Ministère de l'Intérieur, Élection présidentielle des 10 et 24 avril 2022, résultats définitifs du 1er tour, résultats France entière, consulté le 22 octobre 2026. Panneau 3, colonne « Voix ». Écart admis (± 0,5 voix) : même résultat officiel, compté à la voix près par le ministère et repris bureau par bureau dans le fichier consolidé : un bureau perdu, compté deux fois ou rattaché au mauvais candidat en sortirait.
- Part de Marine LE PEN au 2d tour de la présidentielle 2022, Paris. Chiffre publié : 14,89 % (2022 ; Paris (75), en % des suffrages exprimés). Source : Ministère de l'Intérieur, Élection présidentielle des 10 et 24 avril 2022, résultats définitifs du 2nd tour, résultats par département, consulté le 22 octobre 2026. Ligne du département 75, colonne « % Voix/Exp » du panneau 2 (141 405 voix pour 949 512 exprimés). Écart admis (± 0,005 point) : même résultat officiel, publié au centième ; le département est ici la somme de ses communes en géographie de référence, sans changement de limites depuis le scrutin. Un arrondissement perdu ou des voix attribuées au mauvais candidat en sortiraient.
- Voix d'Emmanuel MACRON au 2d tour de la présidentielle 2017, France entière. Chiffre publié : 20 743 128 voix (2017 ; France entière, résultats proclamés). Source : Conseil constitutionnel, Décision n° 2017-171 PDR du 10 mai 2017, proclamation des résultats de l'élection du Président de la République, consulté le 22 octobre 2026. Point 17 : 31 381 603 suffrages exprimés, dont 20 743 128 et 10 638 475 voix. Écart admis (± 0,5 voix) : résultat proclamé après les annulations du Conseil constitutionnel, que le fichier consolidé reprend en comptant parmi les nuls les suffrages des bureaux annulés : un bureau annulé encore compté, ou perdu, en sortirait.
Méthode détaillée
Résultats officiels par bureau de vote (ministère de l'Intérieur, fichiers consolidés par data.gouv.fr), sommés à la commune puis ramenés à la géographie communale de référence par la table de passage du COG ; départements : sommes de leurs communes. Part d'un candidat : ses voix rapportées aux suffrages exprimés. Une même personne, c'est un même nom publié aux deux scrutins ; l'ordre est celui des panneaux, tiré au sort.
Corrélation : coefficient de Pearson pondéré par la moyenne des exprimés des deux scrutins. À l'intérieur des départements : la même corrélation sur les écarts de chaque commune à la moyenne pondérée de son département. Intervalles de confiance à 95 % : 300 tirages de départements avec remise (toutes leurs communes avec eux), parce que des communes voisines ne votent pas indépendamment les unes des autres. Au second tour, les parts des deux candidats se complètent : une seule corrélation, la même pour les deux.
Indice de dissimilarité : la moitié de la somme, sur les communes, des écarts entre la part de la commune dans les voix du candidat et sa part dans les autres suffrages exprimés. Hasard : moyenne de 10 simulations où chaque votant choisit le candidat avec la même probabilité partout. Changement : intervalle par le même bootstrap des départements ; « net » au-delà de 2 points si l'intervalle exclut zéro. Part qui tient au département : variance pondérée des moyennes départementales rapportée à la variance pondérée des parts entre communes. Ces lectures ne portent que sur le second tour et sur les candidats qui ont dépassé 10 % des exprimés aux deux scrutins : en deçà, le hasard des petits nombres pèse sur l'indice.
Reports : pour chaque bureau présent aux deux tours, les inscrits sont répartis au premier tour entre chaque candidat et « abstention, blancs et nuls », au second entre chaque finaliste et « abstention, blanc ou nul » ; le second tour est ramené aux inscrits du premier. Dans un bureau de N inscrits, le passage d'un choix de n électeurs à un choix de m électeurs est compris entre max(0, n + m − N) et min(n, m) (bornes de Duncan et Davis, 1953) : ce sont les plus étroites que permettent ces comptes, sans autre hypothèse. Les bornes des bureaux se somment. France entière, Français établis hors de France compris ; 85 bureaux écartés en 2022 (suffrages annulés à l'un des tours, ou bureau sans inscrit).
Pour aller plus loin
À lire aussi
- DossierÀ quelles élections et où s'abstient-on le plus ?la participation, scrutin par scrutin et territoire par territoire
- En brefOù et quand vote‑t‑on blanc ?les votes blancs et nuls, par scrutin et taille de commune
Pages indicateurs
Dans l'atelier
- La participation à la présidentielle, département par départementclassement et carte des départements
Les données
- La participation aux présidentielles par commune dans la console SQLchaque commune, chaque scrutin : les voix des candidats ne sont pas dans le cube
Citer ce dossier
Prisme, « La carte du vote se répète‑t‑elle d'une présidentielle à l'autre ? », 23 octobre 2026, https://www.prisme-donnees.fr/analyses/geographie-du-vote. D'après : Ministère de l'Intérieur, Résultats des élections, fichiers consolidés par data.gouv.fr (Licence Ouverte 2.0).
Questions fréquentes
Les électeurs votent-ils de la même façon d'une présidentielle à l'autre ?
Les résultats ne permettent pas de le dire pour des personnes : ils décrivent des communes et des bureaux. Ce qu'ils montrent, c'est que la carte du vote pour une même personne se répète : entre départements, la corrélation des scores de 2017 et de 2022 va de 0,74 à 0,96 pour les 7 personnes candidates aux deux scrutins.
Peut-on calculer les reports de voix avec les résultats officiels ?
Pas sans hypothèse. Les résultats donnent les totaux de chaque tour, bureau par bureau, pas le parcours des électeurs. Ils n'en fixent que des bornes, et ces bornes sont larges : en 2022, la part des électeurs d'un candidat éliminé qui a voté pour l'un ou l'autre finaliste peut prendre n'importe quelle valeur de moins de 1 % à 85 %.
Pourquoi ne pas comparer les partis ou les « familles politiques » d'une élection à l'autre ?
Parce que regrouper des candidats différents serait un choix de Prisme, pas un résultat : la charte de neutralité l'exclut. Le dossier ne compare qu'une personne à elle-même, sous le nom publié par le ministère.