Analyse · Démographie · Insee

Naissances ou arrivées : d'où vient la croissance des communes

De 1968 à 2023, la France métropolitaine a gagné 16,5 millions d'habitants, dont 73 % par l'excédent des naissances sur les décès. Les deux moteurs de cette croissance ne tournent pas aux mêmes endroits : Paris a plus de naissances que de décès, mais perd des habitants par les départs ; les communes peu denses qui se repeuplent depuis 1975 le doivent surtout aux arrivées. Et de 2017 à 2023, le solde naturel n'a jamais été aussi faible : les décès dépassent les naissances dans 60 départements sur 96.

Publié le 21 octobre 2026 · 9 min de lecture

Naissances par an, 2017-2023707 000en France métropolitaine, contre 843 000 de 1968 à 1975
Départements où les décès dépassent les naissances60 sur 96de 2017 à 2023, contre 13 de 1968 à 1975
Part des arrivées dans le regain des campagnes86 %communes les moins denses de 1968 plus peuplées en 2023 qu'en 1975

Deux moteurs, dont un s'essouffle

Entre deux recensements, la population d'une commune change pour deux raisons : des naissances et des décès (le solde naturel), des arrivées et des départs (le solde migratoire). L'état civil enregistre chaque naissance et chaque décès, au domicile ; personne ne compte les arrivées et les départs. Le solde migratoire se déduit donc par différence : la variation de la population, moins le solde naturel. On le dit apparent parce qu'il recueille aussi ce que les recensements mesurent mal : leurs erreurs, et leurs changements de méthode.

De 1968 à 2023, la population de la métropole est passée de 49,7 millions à 66,2 millions d'habitants. Sur ce gain, le solde naturel apporte 12,0 millions (73 %), le solde migratoire apparent 4,5 millions. Le premier moteur faiblit. De 1968 à 1975, la métropole comptait 843 000 naissances par an ; de 2017 à 2023, 707 000, le plus bas de la série. Les décès, eux, n'ont jamais été aussi nombreux : 622 000 par an, contre 550 000. Rapporté à la population, le solde naturel passe de +0,57 % par an à +0,13 % par an, son plus bas niveau.

De 2017 à 2023, pour la première fois de la série, le solde migratoire apparent (170 000 habitants par an) pèse plus que le solde naturel (84 000). Il se lit avec les précautions données plus bas : les changements de questionnaire et de collecte du recensement y laissent leur trace. Le solde migratoire apparent de la période 1999-2007 (+0,28 % par an) dépasse ceux des périodes qui l'encadrent ; mais cette période enjambe le passage au recensement rénové et un changement de définition de la population, et une part de l'écart peut tenir à la mesure.

Solde naturel et solde migratoire apparent de la France métropolitaine, 1968-2023

Insee, recensements de la population, séries historiques (population, naissances et décès) · Licence Ouverte 2.0 · taux annuels rapportés à la population moyenne de chaque période

Données de la figure
PériodeAnnéesNaissances par anDécès par anSolde naturel (%/an)Solde migratoire apparent (%/an)Variation (%/an)
1968-19757843 000550 000+0,57+0,23+0,80
1975-19827763 000551 000+0,40+0,07+0,47
1982-19908768 000539 000+0,41+0,10+0,51
1990-19999734 000527 000+0,36+0,01+0,37
1999-20078768 000528 000+0,40+0,28+0,68
2007-20125793 000531 000+0,42+0,09+0,51
2012-20175770 000563 000+0,32+0,07+0,39
2017-20236707 000622 000+0,13+0,26+0,39

Classe par classe : les naissances en ville, les arrivées à la campagne

Comme dans l'analyse de la population des communes, les communes de métropole sont rangées selon leur densité en 1968, puis réparties en 10 classes de même population en 1968, de la moins dense (17 067 communes de moins de 31 habitants au km²) à la plus dense (42 communes, où Paris pèse 52 % de la population de 1968).

À chaque période, la classe la plus dense a un solde naturel plus fort que la moins dense, et un solde migratoire apparent plus faible. La plus dense a toujours plus de naissances que de décès et plus de départs que d'arrivées : son solde naturel va de +0,41 % par an à +0,91 % par an selon les périodes, son solde migratoire apparent de −1,74 % par an à −0,11 % par an. À l'autre bout, les 4 classes les moins denses ont un solde migratoire apparent positif à chaque période depuis 1975. De 2017 à 2023, la classe la plus dense a encore le solde naturel le plus fort (+0,67 % par an) et le solde migratoire apparent le plus faible (−0,81 % par an).

Solde naturel et solde migratoire apparent par classe de densité de 1968, France métropolitaine

Insee, recensements de la population, séries historiques (population, naissances et décès) · Licence Ouverte 2.0 · 10 classes de même population en 1968, rangées par densité ; communes dans leurs limites actuelles

Données de la figure
Densité 1968 (hab/km²)Communes1968-1975 : naturel / migratoire (%/an)1975-1982 : naturel / migratoire (%/an)1982-1990 : naturel / migratoire (%/an)1990-1999 : naturel / migratoire (%/an)1999-2007 : naturel / migratoire (%/an)2007-2012 : naturel / migratoire (%/an)2012-2017 : naturel / migratoire (%/an)2017-2023 : naturel / migratoire (%/an)
moins de 3117 067−0,24 / −0,58−0,37 / +0,90−0,16 / +0,81−0,06 / +0,58+0,14 / +1,03+0,22 / +0,73+0,10 / +0,23−0,07 / +0,27
31 à 558 341+0,11 / +0,12−0,02 / +1,30+0,11 / +0,90+0,12 / +0,50+0,29 / +1,01+0,35 / +0,76+0,21 / +0,34+0,02 / +0,37
55 à 1064 805+0,30 / +0,94+0,17 / +1,52+0,23 / +1,00+0,19 / +0,54+0,24 / +0,81+0,24 / +0,68+0,12 / +0,49−0,08 / +0,59
106 à 2522 544+0,46 / +1,27+0,28 / +1,18+0,30 / +0,86+0,22 / +0,43+0,20 / +0,52+0,18 / +0,41+0,06 / +0,44−0,14 / +0,63
252 à 6211 022+0,77 / +1,35+0,57 / +0,35+0,50 / +0,12+0,36 / +0,02+0,28 / +0,11+0,26 / −0,04+0,14 / +0,18−0,07 / +0,49
621 à 1 359470+0,96 / +0,84+0,74 / −0,44+0,65 / −0,37+0,49 / −0,37+0,41 / −0,21+0,39 / −0,38+0,31 / +0,02+0,09 / +0,36
1 359 à 2 792257+1,03 / +0,32+0,80 / −0,90+0,70 / −0,72+0,55 / −0,59+0,50 / −0,38+0,52 / −0,57+0,45 / −0,30+0,25 / +0,03
2 792 à 3 99295+0,93 / −0,03+0,68 / −1,25+0,63 / −0,87+0,57 / −0,37+0,60 / −0,20+0,64 / −0,51+0,63 / −0,19+0,46 / +0,07
3 992 à 8 91498+0,83 / −0,57+0,63 / −1,28+0,67 / −0,67+0,69 / −0,55+0,77 / −0,28+0,84 / −0,59+0,82 / −0,38+0,63 / −0,05
8 914 ou plus42+0,51 / −1,74+0,41 / −1,16+0,56 / −0,61+0,67 / −0,60+0,86 / −0,11+0,91 / −0,37+0,84 / −0,78+0,67 / −0,81

Les campagnes repeuplées par les arrivées

De 1968 à 1975, les communes les moins denses perdent des habitants des deux côtés : plus de décès que de naissances (−0,24 % par an), plus de départs que d'arrivées (−0,58 % par an). De 1975 à 1999, elles regagnent des habitants alors que leurs décès dépassent toujours leurs naissances : leur solde naturel reste négatif (−0,37 % par an, −0,16 % par an et −0,06 % par an), et la croissance vient des arrivées (+0,90 % par an, +0,81 % par an et +0,58 % par an).

Depuis 1999, leur solde migratoire apparent reste positif à chaque période. Leur solde naturel, redevenu positif de 1999 à 2017, est de nouveau négatif de 2017 à 2023 (−0,07 % par an). Commune par commune, 10 524 des 17 063 communes de la classe (62 %) comptent plus d'habitants en 2023 qu'en 1975. Ensemble, elles ont gagné 2 094 000 habitants, dont 86 % par le solde migratoire apparent. Leur solde naturel cumulé n'est pourtant négatif que dans 36 % d'entre elles : la plupart de ces communes ont eu, sur l'ensemble de la période, plus de naissances que de décès.

Le constat ne tient pas au choix des classes : rangées selon leur densité au début de chaque période, les communes les moins denses ont elles aussi un solde migratoire apparent positif à chaque période depuis 1975, et un solde naturel négatif de 1975 à 1999.

Communes les moins denses de 1968 : solde naturel, solde migratoire apparent et variation totale

Insee, recensements de la population, séries historiques (population, naissances et décès) · Licence Ouverte 2.0 · classe la moins dense de 1968 (moins de 31 hab/km², 17 067 communes)

Données de la figure
PériodeClasse de 1968 : naturel (%/an)Classe de 1968 : migratoire (%/an)Classe de 1968 : variation (%/an)Classe du début de période : naturel (%/an)Classe du début de période : migratoire (%/an)
1968-1975−0,24−0,58−0,81−0,24−0,58
1975-1982−0,37+0,90+0,53−0,40+0,72
1982-1990−0,16+0,81+0,65−0,24+0,59
1990-1999−0,06+0,58+0,52−0,18+0,47
1999-2007+0,14+1,03+1,17+0,02+0,96
2007-2012+0,22+0,73+0,94+0,09+0,68
2012-2017+0,10+0,23+0,33−0,06+0,12
2017-2023−0,07+0,27+0,21−0,25+0,22

Les grandes villes : des naissances, et des départs

Paris a, à chaque période, plus de naissances que de décès (de +0,30 % par an à +0,76 % par an selon les périodes) et plus de départs que d'arrivées (de −2,09 % par an à −0,33 % par an). Son solde migratoire apparent s'est rapproché de zéro jusqu'à la période 2007-2012 (−0,33 % par an), puis creusé de nouveau : −1,20 % par an de 2017 à 2023.

Les 35 autres communes qui comptaient au moins 100 000 habitants en 1968 suivent le même chemin jusqu'en 2017 : prises ensemble, elles ont un solde naturel positif à chaque période, et un solde migratoire apparent négatif de 1968 à 2017. De 2017 à 2023, ce dernier est proche de zéro (+0,07 % par an). Ville par ville, la règle se défait : de 1975 à 1982, 34 des 36 grandes villes avaient à la fois plus de naissances que de décès et plus de départs que d'arrivées ; de 2017 à 2023, 17.

Paris et les autres grandes villes de 1968 : solde naturel, solde migratoire apparent et variation totale

Insee, recensements de la population, séries historiques (population, naissances et décès) · Licence Ouverte 2.0 · grandes villes : communes d'au moins 100 000 habitants en 1968, dans leurs limites actuelles

Données de la figure
PériodeParis : naturel (%/an)Paris : migratoire (%/an)Autres grandes villes : naturel (%/an)Autres grandes villes : migratoire (%/an)Grandes villes à solde naturel positif et migratoire négatif
1968-1975+0,39−2,09+0,78−0,6228 sur 36
1975-1982+0,30−1,08+0,57−1,2334 sur 36
1982-1990+0,45−0,59+0,56−0,7034 sur 36
1990-1999+0,55−0,69+0,52−0,2329 sur 36
1999-2007+0,75−0,36+0,58−0,0925 sur 36
2007-2012+0,76−0,33+0,64−0,4532 sur 36
2012-2017+0,67−1,15+0,62−0,2427 sur 36
2017-2023+0,55−1,20+0,46+0,0717 sur 36

Plus de décès que de naissances dans la majorité des départements

De 1968 à 1975, 13 départements de métropole sur 96 comptaient plus de décès que de naissances ; de 2012 à 2017, 42 ; de 2017 à 2023, 60, plus de la moitié. 18 ont basculé sur la dernière période : Aisne, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Ardennes, Aube, Calvados, Côte-d'Or, Gard, Mayenne, Meurthe-et-Moselle, Moselle, Puy-de-Dôme, Haute-Saône, Sarthe, Somme, Tarn-et-Garonne, Vendée et Vienne. Le solde naturel le plus faible est celui de la Creuse (−1,04 % par an), le plus fort celui de la Seine-Saint-Denis (+1,08 % par an).

De 2017 à 2023, 37 de ces 60 départements gagnent pourtant des habitants, par un solde migratoire apparent positif. Le solde migratoire apparent le plus négatif est celui de Paris (−1,20 % par an), le plus fort celui des Landes (+1,34 % par an).

Solde naturel et solde migratoire apparent par département, 2017-2023

Insee, recensements de la population, séries historiques (population, naissances et décès) · Licence Ouverte 2.0 · contours : IGN, ADMIN EXPRESS COG CARTO, Licence Ouverte 2.0

Données de la figure
CodeDépartementSolde naturel 2012-2017 (%/an)Solde naturel 2017-2023 (%/an)Solde migratoire apparent 2017-2023 (%/an)Variation 2017-2023 (%/an)
01Ain+0,40+0,25+0,66+0,91
02Aisne+0,14−0,10−0,25−0,35
03Allier−0,36−0,54+0,31−0,23
04Alpes-de-Haute-Provence−0,15−0,38+0,80+0,42
05Hautes-Alpes+0,02−0,20+0,46+0,26
06Alpes-Maritimes+0,06−0,09+0,77+0,68
07Ardèche−0,10−0,33+0,76+0,43
08Ardennes+0,04−0,22−0,26−0,47
09Ariège−0,28−0,49+0,77+0,28
10Aube+0,12−0,08+0,10+0,02
11Aude−0,17−0,37+0,79+0,42
12Aveyron−0,35−0,50+0,52+0,02
13Bouches-du-Rhône+0,45+0,27+0,24+0,51
14Calvados+0,13−0,10+0,47+0,37
15Cantal−0,57−0,76+0,65−0,11
16Charente−0,18−0,39+0,41+0,02
17Charente-Maritime−0,27−0,49+1,20+0,71
18Cher−0,21−0,43+0,12−0,31
19Corrèze−0,45−0,57+0,52−0,04
21Côte-d'Or+0,18−0,01+0,21+0,19
22Côtes-d'Armor−0,22−0,43+0,79+0,36
23Creuse−0,86−1,04+0,60−0,44
24Dordogne−0,48−0,67+0,83+0,16
25Doubs+0,42+0,15+0,10+0,25
26Drôme+0,28+0,05+0,35+0,41
27Eure+0,33+0,07−0,05+0,02
28Eure-et-Loir+0,31+0,06−0,060,00
29Finistère−0,11−0,28+0,73+0,44
2ACorse-du-Sud−0,05−0,17+1,30+1,13
2BHaute-Corse−0,01−0,17+1,04+0,87
30Gard+0,15−0,05+0,63+0,59
31Haute-Garonne+0,56+0,40+0,88+1,28
32Gers−0,38−0,56+0,70+0,13
33Gironde+0,29+0,17+0,92+1,09
34Hérault+0,27+0,09+1,10+1,20
35Ille-et-Vilaine+0,42+0,25+0,68+0,92
36Indre−0,46−0,67+0,20−0,47
37Indre-et-Loire+0,20+0,01+0,34+0,35
38Isère+0,53+0,29+0,24+0,52
39Jura−0,01−0,24+0,10−0,14
40Landes−0,12−0,31+1,34+1,04
41Loir-et-Cher−0,06−0,31+0,14−0,17
42Loire+0,22+0,02+0,23+0,24
43Haute-Loire−0,16−0,35+0,45+0,10
44Loire-Atlantique+0,43+0,29+0,79+1,07
45Loiret+0,36+0,19+0,13+0,32
46Lot−0,47−0,65+0,90+0,25
47Lot-et-Garonne−0,17−0,38+0,42+0,04
48Lozère−0,38−0,57+0,54−0,03
49Maine-et-Loire+0,37+0,15+0,26+0,41
50Manche−0,12−0,34+0,37+0,02
51Marne+0,29+0,09−0,27−0,17
52Haute-Marne−0,15−0,46−0,25−0,71
53Mayenne+0,19−0,06−0,04−0,11
54Meurthe-et-Moselle+0,22−0,02−0,01−0,03
55Meuse−0,04−0,34−0,28−0,63
56Morbihan−0,07−0,28+0,99+0,71
57Moselle+0,16−0,08+0,20+0,12
58Nièvre−0,54−0,77+0,30−0,47
59Nord+0,50+0,26−0,19+0,07
60Oise+0,52+0,29−0,18+0,11
61Orne−0,19−0,44−0,05−0,49
62Pas-de-Calais+0,26+0,01−0,12−0,12
63Puy-de-Dôme+0,08−0,07+0,34+0,27
64Pyrénées-Atlantiques−0,08−0,23+0,93+0,70
65Hautes-Pyrénées−0,32−0,51+0,71+0,20
66Pyrénées-Orientales−0,11−0,35+1,12+0,77
67Bas-Rhin+0,36+0,16+0,40+0,56
68Haut-Rhin+0,29+0,04+0,10+0,15
69Rhône+0,77+0,57+0,06+0,63
70Haute-Saône+0,02−0,250,00−0,25
71Saône-et-Loire−0,15−0,38+0,28−0,10
72Sarthe+0,17−0,05+0,06+0,01
73Savoie+0,28+0,07+0,58+0,65
74Haute-Savoie+0,59+0,45+0,63+1,07
75Paris+0,67+0,55−1,20−0,65
76Seine-Maritime+0,29+0,090,00+0,09
77Seine-et-Marne+0,77+0,60+0,15+0,74
78Yvelines+0,75+0,58−0,05+0,53
79Deux-Sèvres−0,02−0,26+0,30+0,04
80Somme+0,15−0,07−0,14−0,21
81Tarn−0,09−0,33+0,74+0,40
82Tarn-et-Garonne+0,12−0,09+0,57+0,47
83Var−0,01−0,21+1,13+0,93
84Vaucluse+0,32+0,08+0,29+0,37
85Vendée+0,05−0,23+1,16+0,92
86Vienne+0,11−0,11+0,19+0,08
87Haute-Vienne−0,11−0,26+0,20−0,06
88Vosges−0,15−0,40−0,08−0,48
89Yonne−0,12−0,38+0,08−0,30
90Territoire de Belfort+0,27+0,02−0,30−0,28
91Essonne+0,88+0,74−0,21+0,54
92Hauts-de-Seine+0,91+0,70−0,23+0,46
93Seine-Saint-Denis+1,30+1,08−0,27+0,81
94Val-de-Marne+0,93+0,76−0,30+0,46
95Val-d'Oise+1,04+0,90−0,20+0,70

Ce que l'analyse ne dit pas

  • Le solde migratoire apparent n'est pas mesuré : c'est la variation de la population moins le solde naturel. Il contient les arrivées et les départs, mais aussi les erreurs des deux recensements qui bornent chaque période et tout changement de méthode entre eux. À l'échelle d'une commune, il recueille aussi les naissances et les décès enregistrés ailleurs : une commune créée après le premier recensement n'a pas d'état civil avant sa création, alors que sa population est reconstituée dans ses limites actuelles.
  • Jusqu'en 1999, la série compte la population sans doubles comptes, ensuite la population municipale, et le recensement est devenu annuel en 2004 : la période 1999-2007 enjambe ces deux changements, que son solde migratoire apparent contient.
  • En 2018, l'Insee a modifié le questionnaire du recensement pour ne plus compter deux fois les enfants de parents séparés. Ce changement abaisse les populations mesurées à partir de celle de 2016, donc la croissance et le solde migratoire apparent des deux dernières périodes ; des évolutions plus récentes de la collecte jouent en sens inverse. L'Insee corrige ces effets dans ses bilans démographiques, pas dans les populations de référence qu'utilise cette page (conseils de l'Insee pour l'utilisation des résultats du recensement).
  • Les durées sont comptées en années entières entre deux recensements. Depuis le recensement rénové, naissances et décès couvrent exactement ces années civiles ; avant, les recensements avaient lieu en février ou en mars, et la durée réelle diffère de quelques jours.
  • Les grandes villes sont les communes d'au moins 100 000 habitants en 1968, dans leurs limites actuelles : la commune seule, pas son agglomération. Un déménagement de la ville vers sa banlieue y compte comme un départ.
  • Les classes de densité sont fixées en 1968 : elles suivent le sort des campagnes de 1968, y compris celles que les villes ont rattrapées depuis. Les classes du début de chaque période servent de contrôle.
  • Le taux d'une classe ou d'un groupe est celui de sa population totale : il peut être positif alors que bien des communes du groupe ont un solde négatif. L'analyse porte sur la France métropolitaine ; l'outre-mer, recensé à d'autres dates que la métropole, en est écarté.
Méthode détaillée

Population de chaque commune aux recensements de 1968, 1975, 1982, 1990, 1999, 2007, 2012, 2017 et 2023, naissances et décès domiciliés entre deux recensements consécutifs (séries historiques de l'Insee), dans la géographie de référence. Solde naturel : naissances moins décès. Solde migratoire apparent : variation de la population moins solde naturel. Les effectifs d'un groupe de communes sont sommés avant tout calcul de taux. Une commune sans solde pour une période (commune rétablie après une fusion, sans valeur communale) en est écartée, jamais comptée pour zéro : 5 communes en 2012-2017.

Taux annuel d'un solde : le solde divisé par le nombre d'années de la période et par la population moyenne (moyenne des populations de début et de fin). Taux naturel et taux migratoire s'additionnent en un taux de variation annuel, très proche du taux composé de l'analyse de la population des communes.

Classes de densité : celles de l'analyse de la population des communes, 10 classes de même population selon la densité de 1968. Contrôle : le même découpage selon la densité du début de chaque période. Communes qui ont regagné des habitants : communes de la classe la moins dense de 1968 plus peuplées en 2023 qu'en 1975, parmi celles qui ont un solde à chaque période ; leurs soldes sont cumulés de 1975 à 2023.

Départements : sommes des communes, valeurs des communes rétablies après une fusion comprises. Les 36 grandes villes : Amiens, Angers, Besançon, Bordeaux, Boulogne-Billancourt, Brest, Caen, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Le Havre, Le Mans, Lille, Limoges, Lyon, Marseille, Metz, Montpellier, Mulhouse, Nancy, Nantes, Nice, Nîmes, Paris, Perpignan, Reims, Rennes, Roubaix, Rouen, Saint-Denis, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulon, Toulouse, Tours et Villeurbanne.

Citer cette analyse

Prisme, « Naissances ou arrivées : d'où vient la croissance des communes », 21 octobre 2026, https://www.prisme-donnees.fr/analyses/naissances-ou-arrivees. D'après : Insee, Recensement de la population, séries historiques (population, naissances et décès des communes) (Licence Ouverte 2.0).

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le solde migratoire apparent ?

C'est la part de la variation de la population que les naissances et les décès n'expliquent pas : la variation entre deux recensements, moins le solde naturel. Il mesure les arrivées moins les départs, mais aussi les erreurs et les changements de méthode du recensement, d'où le mot apparent. De 2017 à 2023, il vaut +0,26 % par an en France métropolitaine, contre +0,13 % par an pour le solde naturel.

Combien de départements ont plus de décès que de naissances ?

De 2017 à 2023, 60 départements de métropole sur 96, contre 42 de 2012 à 2017 et 13 de 1968 à 1975. Le solde naturel le plus faible est celui de la Creuse (−1,04 % par an).

La croissance des campagnes vient-elle des naissances ou des arrivées ?

Des arrivées, surtout. Les communes les moins denses de 1968 qui ont plus d'habitants en 2023 qu'en 1975 doivent 86 % de leur gain au solde migratoire apparent. De 1975 à 1999, la classe entière gagnait des habitants avec plus de décès que de naissances à chaque période : sa croissance ne venait que des arrivées.