Analyse · Démographie · Insee

Exode rural, périurbanisation, retour des campagnes : un demi-siècle de population des communes

De 1968 à 2023, la France métropolitaine est passée de 49,7 à 66,2 millions d'habitants, mais pas partout au même rythme. Jusqu'en 1975, les communes les moins denses perdaient des habitants ; elles en gagnent depuis, d'abord près des villes, puis plus loin. Ce regain a culminé de 1999 à 2007. Depuis 2012, il s'est nettement ralenti : de 2017 à 2023, 51 % de ces communes ont perdu des habitants.

Publié le 21 octobre 2026 · 9 min de lecture

Communes plus peuplées qu'en 196864 %des communes de métropole ; 76 % des habitants de 2023 y vivent
Communes les moins denses de 1968 en déclin51 %de 2017 à 2023, contre 27 % de 1999 à 2007
Départements en déclin depuis 201230 sur 96contre 16 sur toute la période 1968-2023

Une croissance qui ralentit

La série historique du recensement suit chaque commune de 1968 à 2023, dans ses limites d'aujourd'hui. Ses recensements sont espacés de 5 à 9 ans : pour comparer les périodes, la croissance est rapportée à leur durée, en taux annuel moyen. La population de la France métropolitaine n'a jamais augmenté aussi vite que de 1968 à 1975 (+0,81 % par an). Le rythme le plus lent est celui de la période 1990-1999 (+0,37 % par an) ; de 2017 à 2023, il est de +0,39 % par an. Le sursaut de 1999 à 2007 (+0,68 % par an) enjambe le passage au recensement rénové : son taux mêle deux méthodes de collecte et se lit avec prudence.

Avec les départements d'outre-mer (hors Mayotte, absente de la série), la France compte 50,8 millions d'habitants au premier recensement de la série et 68,1 millions en 2023. L'outre-mer est passé de 1 086 259 à 1 928 465 habitants ; la suite de l'analyse porte sur la métropole.

Taux de croissance annuel moyen de la population, France métropolitaine, 1968-2023

Insee, recensements de la population, séries historiques · Licence Ouverte 2.0 · population sans doubles comptes jusqu'en 1999, population municipale ensuite

Données de la figure
PériodeAnnéesPopulation au débutPopulation à la finTaux annuel (%)
1968-1975749 711 85352 591 584+0,81
1975-1982752 591 58454 334 871+0,47
1982-1990854 334 87156 615 155+0,52
1990-1999956 615 15558 518 395+0,37
1999-2007858 518 39561 795 238+0,68
2007-2012561 795 23863 375 971+0,51
2012-2017563 375 97164 639 133+0,40
2017-2023664 639 13366 165 815+0,39

Qui a gagné, qui a perdu

Sur les 34 741 communes de métropole, 22 212 (64 %) comptent plus d'habitants en 2023 qu'en 1968 ; elles réunissent 76 % de la population de 2023. À l'opposé, 965 communes ont perdu plus de la moitié de leurs habitants.

16 départements sur 96 ont moins d'habitants en 2023 qu'en 1968 : Creuse (−26,4 %), Haute-Marne (−21,5 %), Paris (−18,8 %), Nièvre (−18,7 %), Cantal (−14,8 %), Ardennes (−14,1 %), Meuse (−13,9 %), Allier (−13,8 %), Indre (−12,6 %), Vosges (−8,0 %), Orne (−4,6 %), Cher (−2,0 %), Lozère (−1,0 %), Aveyron (−0,7 %), Aisne (−0,5 %) et Saône-et-Loire (−54 habitants). Hors Paris, la plupart dessinent une bande qui va des Ardennes au Massif central, celle que les géographes appellent la « diagonale du vide ». Le déclin s'étend : de 2012 à 2023, 30 départements perdent des habitants, dont 15 qui en avaient gagné sur l'ensemble de la période (Charente, Corrèze, Haute-Saône, Haute-Vienne, Jura, Loir-et-Cher, Manche, Marne, Mayenne, Meurthe-et-Moselle, Pas-de-Calais, Sarthe, Somme, Territoire de Belfort et Yonne). Sur la seule période 2017-2023, ils sont 28.

Taux de croissance annuel moyen de la population par département, 1968-2023 et 2012-2023

Insee, recensements de la population, séries historiques · Licence Ouverte 2.0 · contours : IGN, ADMIN EXPRESS COG CARTO, Licence Ouverte 2.0

Données de la figure
CodeDépartementPopulation 1968Population 2023Taux annuel 1968-2023 (%)Taux annuel 2012-2023 (%)
01Ain339 262679 344+1,27+0,95
02Aisne525 953523 342−0,01−0,30
03Allier386 533333 298−0,27−0,26
04Alpes-de-Haute-Provence104 813168 054+0,86+0,38
05Hautes-Alpes91 790143 467+0,82+0,25
06Alpes-Maritimes722 0701 128 418+0,82+0,38
07Ardèche256 927334 231+0,48+0,44
08Ardennes309 380265 893−0,28−0,56
09Ariège138 478155 722+0,21+0,20
10Aube270 325310 447+0,25+0,14
11Aude278 323379 648+0,57+0,43
12Aveyron281 568279 609−0,01+0,11
13Bouches-du-Rhône1 470 2712 087 658+0,64+0,46
14Calvados518 950709 441+0,57+0,29
15Cantal169 330144 196−0,29−0,20
16Charente331 016352 683+0,12−0,03
17Charente-Maritime483 622672 279+0,60+0,61
18Cher304 601298 660−0,04−0,39
19Corrèze237 858240 826+0,02−0,02
21Côte-d'Or421 192540 100+0,45+0,22
22Côtes-d'Armor506 102611 859+0,35+0,25
23Creuse156 876115 527−0,55−0,46
24Dordogne374 073417 614+0,20+0,03
25Doubs426 458547 163+0,45+0,27
26Drôme342 891524 207+0,77+0,59
27Eure383 385602 714+0,83+0,17
28Eure-et-Loir302 064433 129+0,66+0,02
29Finistère768 929933 455+0,35+0,32
2ACorse-du-Sud89 566168 306+1,15+1,34
2BHaute-Corse115 702187 180+0,88+0,83
30Gard478 544770 940+0,87+0,55
31Haute-Garonne690 7121 471 468+1,38+1,28
32Gers181 577192 645+0,11+0,15
33Gironde1 009 3901 690 493+0,94+1,19
34Hérault591 3971 230 289+1,34+1,21
35Ille-et-Vilaine652 7221 120 666+0,99+0,97
36Indre247 178216 069−0,24−0,51
37Indre-et-Loire437 866619 362+0,63+0,34
38Isère767 6781 298 990+0,96+0,53
39Jura233 441257 973+0,18−0,10
40Landes277 381433 570+0,82+0,90
41Loir-et-Cher267 900328 543+0,37−0,09
42Loire722 443774 133+0,13+0,24
43Haute-Loire208 337228 654+0,17+0,12
44Loire-Atlantique862 0821 487 570+1,00+1,14
45Loiret430 629691 268+0,86+0,39
46Lot151 198176 473+0,28+0,11
47Lot-et-Garonne290 592333 602+0,25+0,04
48Lozère77 25876 486−0,02−0,05
49Maine-et-Loire584 933833 776+0,65+0,43
50Manche452 705497 522+0,17−0,04
51Marne485 302563 076+0,27−0,09
52Haute-Marne214 340168 331−0,44−0,71
53Mayenne252 762305 468+0,34−0,06
54Meurthe-et-Moselle705 554732 236+0,07−0,01
55Meuse209 372180 290−0,27−0,61
56Morbihan540 474783 390+0,68+0,61
57Moselle971 3141 051 309+0,14+0,04
58Nièvre247 702201 417−0,38−0,67
59Nord2 418 8472 615 635+0,14+0,10
60Oise540 988829 899+0,78+0,22
61Orne288 503275 201−0,09−0,48
62Pas-de-Calais1 397 0991 457 905+0,08−0,04
63Puy-de-Dôme547 743664 453+0,35+0,37
64Pyrénées-Atlantiques508 734706 564+0,60+0,61
65Hautes-Pyrénées225 730231 349+0,04+0,10
66Pyrénées-Orientales281 976496 855+1,04+0,75
67Bas-Rhin827 3671 163 810+0,62+0,48
68Haut-Rhin585 018770 738+0,50+0,19
69Rhône1 326 3831 914 667+0,67+0,75
70Haute-Saône214 396233 185+0,15−0,25
71Saône-et-Loire550 364550 3100,00−0,08
72Sarthe461 839566 733+0,37−0,01
73Savoie288 921448 226+0,80+0,57
74Haute-Savoie378 550861 158+1,51+1,18
75Paris2 590 7712 103 778−0,38−0,57
76Seine-Maritime1 113 9771 260 964+0,23+0,05
77Seine-et-Marne604 3401 468 108+1,63+0,74
78Yvelines854 3821 485 086+1,01+0,46
79Deux-Sèvres325 608375 229+0,26+0,09
80Somme511 491565 413+0,18−0,09
81Tarn332 011397 352+0,33+0,43
82Tarn-et-Garonne183 572265 817+0,68+0,67
83Var555 9261 119 307+1,28+0,83
84Vaucluse353 966572 056+0,88+0,42
85Vendée421 250713 609+0,96+0,87
86Vienne340 256438 897+0,46+0,19
87Haute-Vienne341 589373 167+0,16−0,07
88Vosges388 201357 248−0,15−0,49
89Yonne283 376332 267+0,29−0,26
90Territoire de Belfort118 450140 255+0,31−0,24
91Essonne673 3251 338 485+1,26+0,72
92Hauts-de-Seine1 461 6191 654 712+0,23+0,38
93Seine-Saint-Denis1 249 6061 704 316+0,57+0,93
94Val-de-Marne1 121 3191 426 929+0,44+0,56
95Val-d'Oise693 2691 281 653+1,12+0,70

Trois temps, mais pas tout à fait ceux qu'on croit

Pour comparer villes et campagnes, les communes sont rangées selon leur densité en 1968, puis réparties en 10 classes de même population en 1968. La classe la moins dense compte 17 067 communes de moins de 31 habitants au km² ; la plus dense, 42 communes, où Paris pèse 52 % de la population. Ces taux mêlent naissances, décès et migrations : ils disent où la population augmente ou diminue, pas pourquoi.

De 1968 à 1975, la classe la moins dense perd des habitants (−0,81 % par an), comme le veut l'image de l'exode rural. Mais la plus dense en perd aussi (−1,22 % par an) : la croissance va aux communes de densité intermédiaire, de 252 à 621 habitants au km² (+2,14 % par an). Le premier temps n'est donc pas celui de la croissance de toutes les villes : les centres les plus denses perdent déjà des habitants.

De 1975 à 1982, les 4 classes les plus denses perdent des habitants, et la croissance la plus forte passe aux communes peu denses, de 55 à 106 habitants au km² en 1968 (+1,70 % par an) : c'est le temps que l'on associe à la périurbanisation. Même la classe la moins dense gagne désormais des habitants (+0,53 % par an).

De 1999 à 2007, toutes les classes gagnent des habitants, les moins denses comme les plus denses. Les écarts se resserrent ensuite : entre la classe qui croît le plus et celle qui croît le moins, l'écart passe de 3,37 points par an de 1968 à 1975 à 0,72 point de 2017 à 2023. Ce rééquilibrage ne profite plus aux campagnes : de 2017 à 2023, la classe la moins dense (+0,21 % par an) a la croissance la plus faible après la plus dense (−0,14 % par an).

Taux de croissance annuel moyen de la population par classe de densité de 1968, France métropolitaine

Insee, recensements de la population, séries historiques · Licence Ouverte 2.0 · 10 classes de même population en 1968, rangées par densité ; communes dans leurs limites actuelles

Données de la figure
Densité 1968 (hab/km²)CommunesPopulation 19681968-1975 (%/an)1975-1982 (%/an)1982-1990 (%/an)1990-1999 (%/an)1999-2007 (%/an)2007-2012 (%/an)2012-2017 (%/an)2017-2023 (%/an)
moins de 3117 0674 971 085−0,81+0,53+0,65+0,52+1,18+0,95+0,33+0,21
31 à 558 3414 970 997+0,23+1,30+1,02+0,62+1,31+1,11+0,55+0,39
55 à 1064 8054 971 720+1,25+1,70+1,24+0,73+1,06+0,93+0,61+0,51
106 à 2522 5444 970 304+1,75+1,47+1,17+0,65+0,73+0,59+0,50+0,49
252 à 6211 0224 971 659+2,14+0,92+0,61+0,38+0,39+0,22+0,32+0,43
621 à 1 3594704 964 955+1,82+0,30+0,27+0,11+0,20+0,01+0,33+0,45
1 359 à 2 7922575 005 131+1,36−0,10−0,03−0,04+0,12−0,05+0,16+0,28
2 792 à 3 992954 937 412+0,90−0,57−0,24+0,19+0,40+0,14+0,44+0,53
3 992 à 8 914984 951 430+0,26−0,640,00+0,14+0,48+0,25+0,43+0,58
8 914 ou plus424 997 160−1,22−0,75−0,05+0,07+0,75+0,54+0,06−0,14

Près des villes d'abord

Les 17 065 communes de la classe la moins dense sont ici réparties selon leur distance, à vol d'oiseau, à la plus proche des 93 communes qui comptaient au moins 50 000 habitants en 1968 (2 communes sans coordonnées sont écartées). De 1968 à 1975, celles qui sont à moins de 20 km d'une ville gagnent déjà des habitants (+0,95 % par an) quand les plus éloignées en perdent (−0,99 % par an). La croissance des premières culmine de 1975 à 1982, à +3,04 % par an, plus du double du meilleur taux des communes éloignées : c'est la signature attendue de la périurbanisation, une croissance qui gagne d'abord les communes peu denses proches des villes. Les communes à 40 km ou plus cessent de perdre des habitants dès la période 1975-1982 (+0,14 % par an), et n'en perdent plus depuis, en moyenne. Mais de 2017 à 2023, leur population est quasi stable (+0,07 % par an).

Communes les moins denses de 1968, selon leur distance à une ville : taux de croissance annuel moyen

Insee, recensements de la population, séries historiques · Licence Ouverte 2.0 · classe la moins dense de 1968 ; ville : commune d'au moins 50 000 habitants en 1968 ; distance à vol d'oiseau entre les coordonnées des communes

Données de la figure
CommunesNombre1968-1975 (%/an)1975-1982 (%/an)1982-1990 (%/an)1990-1999 (%/an)1999-2007 (%/an)2007-2012 (%/an)2012-2017 (%/an)2017-2023 (%/an)
À moins de 20 km d'une ville1 317+0,95+3,04+2,13+1,25+1,67+1,32+0,79+0,63
De 20 à 40 km5 283−0,86+0,62+0,83+0,72+1,49+1,22+0,51+0,28
À 40 km ou plus10 465−0,99+0,14+0,33+0,28+0,92+0,72+0,13+0,07
France métropolitaine—+0,81+0,47+0,52+0,37+0,68+0,51+0,40+0,39

Paris à part

Paris a perdu des habitants de 1968 à 1999, passant de 2 590 771 à 2 125 246 (−0,64 % par an). La ville en a regagné ensuite, jusqu'à 2 240 621 en 2012 (+0,41 % par an), puis en a reperdu : 2 103 778 en 2023 (−0,57 % par an), moins qu'en 1999. Les autres grandes villes ont suivi un autre chemin. Sur les 36 communes qui comptaient au moins 100 000 habitants en 1968, Paris comprise, 17 avaient moins d'habitants en 1999 qu'en 1968, et 27 en ont gagné depuis. Prises ensemble, les 35 grandes villes autres que Paris croissent de 2017 à 2023 plus vite que la France métropolitaine (+0,52 % par an, contre +0,39 % par an).

Paris et les autres grandes villes de 1968 : taux de croissance annuel moyen

Insee, recensements de la population, séries historiques · Licence Ouverte 2.0 · grandes villes : communes d'au moins 100 000 habitants en 1968, dans leurs limites actuelles

Données de la figure
CommunePopulation 1968199920122023
Paris2 590 7712 125 2462 240 6212 103 778
Marseille889 029798 430852 516886 040
Lyon527 800445 452496 343519 127
Toulouse370 796390 350453 317514 819
Nice322 442342 738343 629357 737
Bordeaux266 662215 363241 287267 991
Nantes260 244270 251291 604327 734
Strasbourg249 396264 115274 394293 771
Lille238 554212 597228 652238 246
Saint-Étienne223 223180 210171 483173 136
Le Havre207 150190 905173 142166 687
Rennes180 943206 229209 860230 890
Toulon174 746160 639164 899179 116
Montpellier161 910225 392268 456310 240
Grenoble161 616153 317158 346156 140
Reims154 534187 206181 893177 674
Brest154 023149 634139 676142 346
Clermont-Ferrand148 759137 140141 569146 351
Dijon145 357149 867152 071161 830
Le Mans143 246146 105143 599146 249
Limoges133 019133 994136 221129 937
Angers128 557151 279149 017159 022
Tours128 120132 820134 978139 259
Nancy123 428103 605105 067103 671
Nîmes123 292133 424146 709151 839
Rouen120 471106 592111 557117 662
Villeurbanne119 879124 215146 282163 684
Saint-Denis118 285111 648136 199149 077
Amiens117 888135 501132 727136 449
Mulhouse116 336110 359110 755104 978
Roubaix114 54796 98494 53698 286
Besançon113 220117 733116 353118 489
Caen110 262113 987108 365109 400
Boulogne-Billancourt109 008106 367117 126119 019
Metz107 537123 776119 551122 572
Perpignan102 191105 115120 489121 616

Depuis quand les campagnes ne se vident plus

Avec les classes de 1968, la classe la moins dense gagne des habitants à chaque période depuis 1975-1982, encore de 2017 à 2023 (+0,21 % par an). Ce chiffre moyen cache une France divisée : de 2017 à 2023, 51 % de ses communes perdent des habitants, contre 27 % de 1999 à 2007.

Ce résultat dépend en partie du classement. Des classes fixées en 1968 suivent les campagnes de 1968, y compris celles que les villes ont rattrapées depuis : les 1 304 communes de la classe la moins dense de 1968 qui n'y sont plus en 1999 ont gagné +4,36 % par an de 1975 à 1982, quand les autres stagnaient (−0,01 % par an). Classées selon leur densité de 1999, les communes les moins denses ne gagnent plus que +0,05 % par an de 2017 à 2023 ; classées selon leur densité au début de chaque période, −0,03 % par an. Selon ces deux classements, leur population est désormais quasi stable. Le retour des campagnes a bien eu lieu : classées selon leur densité au début de chaque période, les communes les moins denses gagnent des habitants de 1975 à 2012. Il ne se lit plus dans les données récentes.

Taux de croissance annuel moyen de la classe la moins dense, selon la date du classement :

PériodeClasses de 1968 (%/an)Classes de 1999 (%/an)Classes du début de période (%/an)Classe de 1968, à 40 km ou plus d'une ville (%/an)
1968-1975−0,81—−0,81−0,99
1975-1982+0,53—+0,33+0,14
1982-1990+0,65—+0,34+0,33
1990-1999+0,52—+0,29+0,28
1999-2007+1,18+0,99+0,99+0,92
2007-2012+0,95+0,84+0,76+0,72
2012-2017+0,33+0,15+0,06+0,13
2017-2023+0,21+0,05−0,03+0,07

Ce que l'analyse ne dit pas

  • Géographie de référence : chaque commune est suivie dans ses limites actuelles, et une commune nouvelle comme si elle avait toujours existé. Les densités se calculent sur la superficie de 2023, la même à toutes les dates.
  • Le recensement a changé de méthode en 2004 : depuis, un millésime réunit 5 enquêtes annuelles, et deux millésimes ne se comparent qu'à 5 ans d'écart au moins, ce que respecte la série. Jusqu'en 1999, elle compte la population sans doubles comptes, ensuite la population municipale : deux définitions voisines, pas identiques. Les évolutions qui enjambent le changement de méthode se lisent avec prudence. Voir le recensement, mode d'emploi.
  • Outre-mer : la série commence au recensement de 1967, rangé avec celui de 1968 de la métropole. Mayotte n'y figure pas. L'analyse par commune porte sur la seule métropole.
  • Ces données ne séparent pas le solde naturel (naissances moins décès) du solde migratoire (arrivées moins départs) : une commune qui gagne des habitants peut en attirer de nouveaux ou compter plus de naissances que de décès. Exode rural et périurbanisation ne sont pas mesurés ici directement, seulement l'évolution de la population là où on les attend.
  • Des classes de densité fixées en 1968 vieillissent : elles mêlent aux campagnes d'aujourd'hui des communes devenues périurbaines, et une commune peu dense en 1968 par accident (une usine fermée, une caserne partie) tend à revenir vers la moyenne. Les classes de 1999 et celles du début de chaque période servent de contrôle.
  • La distance à une ville est mesurée à vol d'oiseau jusqu'à la plus proche commune de 50 000 habitants ou plus en 1968 : ni un temps de trajet, ni l'aire d'influence d'une ville.
  • Le taux d'une classe est celui de sa population totale : une classe peut gagner des habitants alors que la moitié de ses communes en perdent.
Méthode détaillée

Population de chaque commune aux recensements de 1968, 1975, 1982, 1990, 1999, 2007, 2012, 2017 et 2023 (séries historiques de l'Insee), dans la géographie de référence ; une commune sans valeur à l'un des deux recensements d'une période en est écartée, jamais comptée pour zéro. Taux de croissance annuel moyen d'un ensemble de communes : rapport des populations totales de fin et de début, élevé à la puissance un sur le nombre d'années, moins un. Une population qui varie de moins de 0,1 % par an est dite quasi stable.

Classes de densité : communes de métropole rangées par densité en 1968 (population divisée par la superficie), puis découpées en 10 classes de même population en 1968 (des déciles d'habitants, et non de communes), une commune allant entière à la classe où tombe le milieu de sa population cumulée. Contrôles : le même découpage selon les densités de 1999, puis selon celles du début de chaque période. Une commune sans habitant à la date du classement n'est pas classée, sa croissance ne partant d'aucune population (5 en 1968 : Beaumont-en-Verdunois, Bezonvaux, Haumont-près-Samogneux, Les Ulis et Louvemont-Côte-du-Poivre).

Distance à une ville : distance du grand cercle entre les coordonnées de la commune et celles de la plus proche des 93 communes de 50 000 habitants ou plus en 1968. Départements : sommes des populations communales, valeurs des communes rétablies après une fusion comprises.

Citer cette analyse

Prisme, « Exode rural, périurbanisation, retour des campagnes : un demi-siècle de population des communes », 21 octobre 2026, https://www.prisme-donnees.fr/analyses/exode-rural-periurbanisation. D'après : Insee, Recensement de la population, séries historiques (population et superficie des communes) (Licence Ouverte 2.0).

Questions fréquentes

Quelles communes perdent des habitants ?

De 2017 à 2023, 48 % des communes de métropole ont perdu des habitants, et 51 % des communes les moins denses. Depuis 2012, 30 départements sur 96 perdent des habitants ; les plus fortes baisses : Haute-Marne (−0,71 % par an), Nièvre (−0,67 % par an), Meuse (−0,61 % par an), Paris (−0,57 % par an) et Ardennes (−0,56 % par an). Sur toute la période 1968-2023, 16 départements ont décliné, la Creuse le plus fortement (−26,4 %).

Qu'est-ce que la périurbanisation ?

On appelle périurbanisation l'extension des villes vers les communes rurales qui les entourent, où s'installent des ménages qui travaillent en ville. Le recensement ne mesure pas ces installations, seulement la population : de 1975 à 1982, les communes peu denses à moins de 20 km d'une ville ont gagné +3,04 % par an, contre +0,14 % par an pour celles à 40 km ou plus.

La France rurale se dépeuple‑t‑elle encore ?

En moyenne, non : les communes les moins denses ne perdent plus d'habitants depuis la période 1975-1982. Mais leur croissance s'est presque arrêtée : de 2017 à 2023, elle est de +0,21 % par an pour les communes les moins denses de 1968 et de −0,03 % par an pour celles qui étaient les moins denses en 2017, et 51 % des communes les moins denses de 1968 ont perdu des habitants.