Analyse · Logement · Insee, DVF

Résidences secondaires : la mer, la montagne, et maintenant les grandes villes

La France métropolitaine compte 3,6 millions de résidences secondaires et logements occasionnels en 2023, 2,9 fois plus qu'en 1968. Les villes de 100 000 habitants ou plus n'en détenaient que 7 % en 2012 ; elles portent 31 % de la hausse depuis. Et là où ces logements abondent, acheter coûte plus cher à ceux qui vivent sur place.

Publié le 21 octobre 2026 · 8 min de lecture

Résidences secondaires3,62 M9,8 % des logements en 2023
Concentration389communes sur 34 746 en réunissent la moitié
Grandes villes31 %de la hausse 2012-2023, pour 7 % du stock

Un parc qui a triplé, mais une part stable depuis 1990

Le recensement compte ensemble résidences secondaires et logements occasionnels : maisons de vacances, pied-à-terre utilisés pour le travail, meublés de tourisme. Leur nombre est passé de 1 232 879 en 1968 à 3 624 778 en 2023. Leur part dans le parc a culminé à 10,7 % en 1990 ; elle est de 9,8 % en 2023, le reste du parc ayant grandi un peu plus vite.

Résidences secondaires et logements occasionnels en France métropolitaine, 1968-2023

Insee, recensements de la population, séries historiques · Licence Ouverte 2.0 · étiquettes : part dans l'ensemble des logements

Données de la figure
AnnéeLogementsPart du parc (%)
19681 232 8796,8
19751 686 2008,0
19822 267 3999,6
19902 818 80910,7
19992 909 16610,1
20073 082 0019,8
20123 163 2769,5
20173 419 9269,8
20233 624 7789,8

La mer et la montagne

La moitié des résidences secondaires se trouve dans 389 communes, sur 34 746. Les départements où elles pèsent le plus : Hautes-Alpes (45,2 %), Corse-du-Sud (38,5 %), Savoie (37,1 %), Haute-Corse (35,1 %) et Lozère (32,6 %). À l'autre bout : Seine-Saint-Denis (1,4 %), Val-d'Oise (1,6 %) et Nord (1,9 %).

Part des résidences secondaires et logements occasionnels par département, 2023

Insee, recensement de la population · Licence Ouverte 2.0 · contours : IGN, ADMIN EXPRESS COG CARTO, Licence Ouverte 2.0

Données de la figure
CodeDépartementPart des logements (%)
05Hautes-Alpes45,2
2ACorse-du-Sud38,5
73Savoie37,1
2BHaute-Corse35,1
48Lozère32,6
04Alpes-de-Haute-Provence30,4
66Pyrénées-Orientales27,3
11Aude25,2
06Alpes-Maritimes24,6
83Var24,2
09Ariège24,0
65Hautes-Pyrénées23,4
74Haute-Savoie23,4
85Vendée23,1
17Charente-Maritime22,2
15Cantal20,8
40Landes20,2
23Creuse19,7
46Lot18,3
14Calvados17,9
07Ardèche17,6
56Morbihan17,5
34Hérault17,2
12Aveyron16,9
22Côtes-d'Armor16,1
43Haute-Loire15,6
58Nièvre15,0
50Manche14,9
19Corrèze14,8
24Dordogne14,4
29Finistère13,5
64Pyrénées-Atlantiques13,2
30Gard12,6
36Indre10,7
61Orne10,6
88Vosges10,6
39Jura10,6
89Yonne10,5
63Puy-de-Dôme10,2
44Loire-Atlantique10,1
75Paris9,9
32Gers9,4
33Gironde9,2
84Vaucluse8,9
80Somme8,5
41Loir-et-Cher8,3
38Isère8,1
26Drôme7,8
18Cher7,7
52Haute-Marne7,7
87Haute-Vienne7,6
81Tarn7,4
71Saône-et-Loire7,4
03Allier7,3
35Ille-et-Vilaine7,2
62Pas-de-Calais6,7
47Lot-et-Garonne6,4
16Charente6,4
70Haute-Saône6,3
27Eure6,2
86Vienne6,0
21Côte-d'Or5,8
28Eure-et-Loir5,8
82Tarn-et-Garonne5,5
01Ain5,4
10Aube5,3
53Mayenne5,2
55Meuse5,0
45Loiret4,9
13Bouches-du-Rhône4,8
72Sarthe4,8
79Deux-Sèvres4,7
37Indre-et-Loire4,7
76Seine-Maritime4,4
25Doubs4,3
31Haute-Garonne4,3
92Hauts-de-Seine4,0
08Ardennes4,0
42Loire4,0
68Haut-Rhin3,7
69Rhône3,6
51Marne3,6
02Aisne3,4
67Bas-Rhin3,3
49Maine-et-Loire3,3
77Seine-et-Marne3,2
78Yvelines2,7
60Oise2,5
54Meurthe-et-Moselle2,4
57Moselle2,3
94Val-de-Marne2,1
90Territoire de Belfort2,1
91Essonne1,9
59Nord1,9
95Val-d'Oise1,6
93Seine-Saint-Denis1,4

La hausse récente vient des grandes villes

De 2012 à 2023, le nombre de résidences secondaires et logements occasionnels a augmenté de 461 502. Les communes de 100 000 habitants ou plus, qui n'en comptaient que 7 % en 2012, en portent 31 %. Les plus fortes hausses : Paris (+41 150), Lyon (+11 476), Bordeaux (+7 524), Marseille (+7 034) et Toulouse (+6 857). Les communes de moins de 2 000 habitants, qui détenaient 43 % du parc, n'en portent que 9 %. Le recensement ne distingue pas les meublés de tourisme des autres résidences secondaires ; la location de courte durée et les pied-à-terre font partie des explications possibles de cette hausse urbaine, sans que ces données permettent d'en mesurer la part.

Part du stock en 2012 et part de la hausse 2012-2023, selon la taille de la commune

Insee, recensements de la population · Licence Ouverte 2.0 · communes de métropole présentes en 2012 et 2023, taille selon la population municipale la plus récente

Données de la figure
TailleCommunesStock 2012Hausse 2012-2023Part du stockPart de la hausse
100 000 habitants ou plus40215 273+145 1677 %31 %
20 000 à 100 000 habitants415347 607+121 96711 %26 %
2 000 à 20 000 habitants4 9421 237 379+151 21939 %33 %
moins de 2 000 habitants29 3491 363 016+43 14943 %9 %

Plus de résidences secondaires, un effort d'achat plus lourd

Entre communes d'un même département, la part de résidences secondaires va avec un prix au m² des appartements plus élevé (corrélation 0,45, intervalle de 0,41 à 0,49, 1 716 communes), mais à peine avec le niveau de vie des habitants (0,10). L'effort d'achat s'alourdit donc : 10 points de résidences secondaires en plus vont, à département égal, avec 7 % d'années de niveau de vie en plus pour 50 m² d'appartement (intervalle de 6 % à 8 %), et 8 % pour une maison.

Ce lien ne prouve pas que les résidences secondaires font monter les prix : les communes qui les attirent, au bord de la mer ou en montagne, sont recherchées pour les mêmes raisons par d'autres acheteurs. Il dit en revanche ce que vivent leurs habitants : un marché où les prix ne suivent pas les revenus locaux.

Part de résidences secondaires et effort d'achat, à département égal

Insee, recensement de la population ; DGFiP, DVF, géolocalisation Etalab ; Insee, Filosofi · Licence Ouverte 2.0 · communes où le prix des appartements est diffusé (au moins 20 ventes) ; écarts à la moyenne du département, moyennes par vingtile

Données de la figure
VingtileÉcart de part (points)Écart d'effort (%)Communes
1−37,4−22,386
2−22,7−18,586
3−16,3−9,586
4−13,1−9,986
5−10,8−10,686
6−5,7−3,986
7−3,1−4,186
8−2,0−0,986
9−1,5−2,086
10−1,1−2,086
11−0,8−2,386
12−0,5−4,986
13−0,3−4,086
14+0,1+0,985
15+0,7+4,485
16+1,8+8,285
17+7,0+12,885
18+20,4+19,085
19+35,3+33,485
20+51,3+37,385

Ce que l'analyse ne dit pas

  • Le recensement range dans la même catégorie résidences secondaires et logements occasionnels ; les meublés de tourisme y figurent sans être distingués.
  • Les prix ne sont diffusés qu'à partir de 20 ventes dans l'année : les petites communes, souvent les plus touristiques, manquent dans la comparaison des prix.
  • Le niveau de vie médian est celui des habitants permanents, pas celui des acheteurs ni des propriétaires de résidences secondaires.
  • L'association entre résidences secondaires et prix ne permet pas de dire laquelle entraîne l'autre.
  • Alsace-Moselle et Mayotte sont absentes de DVF ; les départements d'outre-mer sont hors du champ de cette analyse.
Méthode détaillée

Résidences secondaires et logements occasionnels du recensement (séries historiques 1968-2023), communes de métropole en géographie de référence. Hausse récente : communes présentes en 2012 et 2023, classées selon leur population municipale la plus récente. Concentration : nombre minimal de communes réunissant la moitié du stock.

Lien avec les prix : corrélation de Pearson entre la part de résidences secondaires (2023) et le log du prix médian au m² des appartements (DVF 2025) ou du niveau de vie médian (Filosofi 2023), sur les écarts à la moyenne du département. Effort : régression du log des années de niveau de vie pour 50 m² sur la part de résidences secondaires, effets fixes départementaux, erreurs regroupées par département.

Citer cette analyse

Prisme, « Résidences secondaires : la mer, la montagne, et maintenant les grandes villes », 21 octobre 2026, https://www.prisme-donnees.fr/analyses/residences-secondaires. D'après : Insee, Recensement de la population, séries historiques du logement (Licence Ouverte 2.0) ; DGFiP, géolocalisation Etalab, Demandes de valeurs foncières géolocalisées (DVF) (Licence Ouverte 2.0).

Questions fréquentes

Combien y a‑t‑il de résidences secondaires en France ?

En 2023, la France métropolitaine compte 3 624 778 résidences secondaires et logements occasionnels, soit 9,8 % des logements.

Où se trouvent les résidences secondaires ?

Les départements où elles pèsent le plus sont Hautes-Alpes (45,2 %), Corse-du-Sud (38,5 %) et Savoie (37,1 %). La moitié du parc se trouve dans 389 communes.

Les résidences secondaires augmentent-elles dans les grandes villes ?

Oui : de 2012 à 2023, les villes de 100 000 habitants ou plus portent 31 % de la hausse, pour 7 % du stock de départ. Paris en compte 138 426, contre 97 276 en 2012.

Les résidences secondaires font-elles monter les prix ?

Les données montrent une association, pas une cause : à département égal, les communes où elles sont nombreuses ont des prix plus élevés (corrélation 0,45) sans que les revenus des habitants suivent, d'où un effort d'achat plus lourd pour ceux qui vivent sur place.