Analyse · Logement · Insee

Logements vacants : la carte d'une France qui se vide

La France métropolitaine compte 2,9 millions de logements vacants en 2023, 7,8 % du parc. Ils se concentrent là où la population diminue : dans les communes qui ont perdu le plus d'habitants depuis 1999, la vacance médiane atteint 10,9 %, contre 5,8 % dans celles qui en ont gagné le plus. La vacance est d'abord le signe d'une demande qui s'en va.

Publié le 21 octobre 2026 · 7 min de lecture

Logements vacants2,86 M7,8 % du parc en 2023
Communes qui perdent des habitants10,9 %de vacance médiane, quintile de plus forte baisse (1999-2023)
Communes qui en gagnent le plus5,8 %de vacance médiane, quintile de plus forte hausse

Une vacance qui remonte depuis 2007

Le recensement compte comme vacant un logement inoccupé le jour de la collecte : proposé à la vente ou à la location, en attente d'un occupant ou d'une succession, gardé sans affectation, ou trop vétuste pour être habité. Leur part est tombée à 6,4 % en 2007, puis elle est remontée à 7,8 % en 2023 : 2 861 778 logements, contre 2 013 892 en 2007.

Logements vacants en France métropolitaine, 1968-2023

Insee, recensement de la population · Licence Ouverte 2.0 · étiquettes : part dans l'ensemble des logements

Données de la figure
AnnéeLogements vacantsPart du parc (%)
19681 197 2196,6
19751 608 9627,6
19821 784 4247,5
19901 879 9527,2
19991 968 7386,9
20072 013 8926,4
20122 481 5647,5
20172 826 3728,1
20232 861 7787,8

La vacance suit le déclin de la population

De 1999 à 2023, 28 % des 34 740 communes comparables ont perdu des habitants. Classées en cinq groupes égaux selon l'évolution de leur population, elles dessinent une pente régulière : la vacance médiane passe de 10,9 % dans le groupe de plus forte baisse à 5,8 % dans celui de plus forte hausse. Elle a augmenté partout, mais bien plus là où la population recule (+3,5 points en médiane, contre +0,8 dans les communes en forte croissance).

Entre communes d'un même département, plus la vacance est forte, plus le prix des maisons est bas (corrélation −0,59, intervalle de −0,61 à −0,58, 5 413 communes, prix 2025) : un logement vide est d'abord un logement que personne ne cherche à occuper au prix demandé.

Vacance selon l'évolution de la population de la commune, 1999-2023

Insee, recensement de la population · Licence Ouverte 2.0 · communes de métropole, évolution de la population mesurée par celle de la densité (superficie constante) ; cinq groupes d'effectifs égaux

Données de la figure
GroupeÉvolution médiane de la population (%)Vacance médiane 2023 (%)Hausse depuis 1999 (points)Communes
La plus forte baisse−12,610,9+3,56 948
Baisse ou stabilité+0,88,6+2,46 948
Hausse modérée+12,17,4+1,86 948
Hausse nette+25,36,6+1,36 948
La plus forte hausse+51,05,8+0,86 948

Où la vacance pèse le plus

Les départements où la vacance pèse le plus : Creuse (15,3 %), Allier (14,4 %), Nièvre (13,5 %), Indre (12,8 %) et Cher (12,2 %). Les moins concernés : Haute-Corse (3,1 %), Corse-du-Sud (3,1 %), Vendée (5,0 %) et Loire-Atlantique (5,4 %).

Part des logements vacants par département, 2023

Insee, recensement de la population · Licence Ouverte 2.0 · contours : IGN, ADMIN EXPRESS COG CARTO, Licence Ouverte 2.0

Données de la figure
CodeDépartementPart vacante (%)
23Creuse15,3
03Allier14,4
58Nièvre13,5
36Indre12,8
18Cher12,2
43Haute-Loire11,8
52Haute-Marne11,7
89Yonne11,6
55Meuse11,4
47Lot-et-Garonne11,3
08Ardennes11,3
15Cantal11,2
12Aveyron11,1
19Corrèze10,9
63Puy-de-Dôme10,5
41Loir-et-Cher10,4
61Orne10,3
88Vosges10,3
70Haute-Saône10,1
16Charente10,0
32Gers9,9
75Paris9,9
90Territoire de Belfort9,9
46Lot9,9
02Aisne9,9
71Saône-et-Loire9,7
24Dordogne9,7
42Loire9,7
87Haute-Vienne9,6
39Jura9,4
86Vienne9,4
82Tarn-et-Garonne9,3
84Vaucluse9,2
53Mayenne9,2
07Ardèche9,2
51Marne9,1
10Aube9,1
54Meurthe-et-Moselle9,1
57Moselle9,0
68Haut-Rhin9,0
81Tarn8,6
65Hautes-Pyrénées8,6
72Sarthe8,6
25Doubs8,5
45Loiret8,5
48Lozère8,5
37Indre-et-Loire8,5
79Deux-Sèvres8,4
09Ariège8,3
28Eure-et-Loir8,3
21Côte-d'Or8,3
30Gard8,2
26Drôme8,2
80Somme8,1
04Alpes-de-Haute-Provence8,0
67Bas-Rhin7,9
22Côtes-d'Armor7,9
69Rhône7,8
06Alpes-Maritimes7,8
11Aude7,8
76Seine-Maritime7,7
01Ain7,7
38Isère7,6
66Pyrénées-Orientales7,5
50Manche7,5
27Eure7,4
13Bouches-du-Rhône7,1
59Nord7,1
31Haute-Garonne7,0
62Pas-de-Calais7,0
60Oise7,0
64Pyrénées-Atlantiques6,9
92Hauts-de-Seine6,8
34Hérault6,7
29Finistère6,6
91Essonne6,6
17Charente-Maritime6,5
77Seine-et-Marne6,5
56Morbihan6,4
74Haute-Savoie6,4
14Calvados6,2
49Maine-et-Loire6,2
40Landes6,1
95Val-d'Oise6,0
35Ille-et-Vilaine6,0
93Seine-Saint-Denis6,0
33Gironde6,0
94Val-de-Marne5,9
78Yvelines5,9
83Var5,5
05Hautes-Alpes5,5
73Savoie5,4
44Loire-Atlantique5,4
85Vendée5,0
2ACorse-du-Sud3,1
2BHaute-Corse3,1

L'exception des grandes villes

Les grandes villes ont une autre histoire. À Paris, logements vacants et résidences secondaires représentent 19,8 % du parc en 2023 (9,9 % de vacants, 9,9 % de résidences secondaires), contre 16,0 % en 1999. Parmi les villes de 100 000 habitants ou plus, les parts les plus élevées : Nice (26,2 %), Paris (19,8 %), Perpignan (18,9 %), Mulhouse (18,2 %) et Grenoble (17,7 %). Rotation des locations, logements en travaux, meublés laissés libres entre deux séjours : le recensement ne permet pas de distinguer ces cas.

Ce que l'analyse ne dit pas

  • La vacance du recensement est une photographie le jour de la collecte : elle inclut une vacance de rotation, de quelques semaines, entre deux occupants.
  • Les fichiers fiscaux (LOVAC) mesurent la vacance autrement, à partir des déclarations ; les deux sources ne donnent pas les mêmes niveaux.
  • L'évolution de la population est mesurée par celle de la densité, ce qui suppose une superficie constante : c'est le cas en géographie de référence.
  • Le lien entre vacance et prix est une association entre communes, pas une cause.
  • Les départements d'outre-mer, où la vacance est élevée, sont hors du champ de cette analyse.
Méthode détaillée

Part des logements vacants et des résidences secondaires du recensement (séries historiques 1968-2023), communes de métropole en géographie de référence. Évolution de la population 1999-2023 : rapport des densités. Quintiles : cinq groupes d'effectifs égaux de communes, médianes dans chaque groupe.

Lien avec les prix : corrélation de Pearson entre la part vacante (2023) et le log du prix médian au m² des maisons (DVF 2025, communes d'au moins 20 ventes), sur les écarts à la moyenne du département.

Citer cette analyse

Prisme, « Logements vacants : la carte d'une France qui se vide », 21 octobre 2026, https://www.prisme-donnees.fr/analyses/logements-vacants. D'après : Insee, Recensement de la population, séries historiques du logement (Licence Ouverte 2.0) ; DGFiP, géolocalisation Etalab, Demandes de valeurs foncières géolocalisées (DVF) (Licence Ouverte 2.0).

Questions fréquentes

Combien y a‑t‑il de logements vacants en France ?

En 2023, la France métropolitaine compte 2 861 778 logements vacants selon le recensement, soit 7,8 % des logements.

Où y a‑t‑il le plus de logements vacants ?

Dans les départements Creuse (15,3 %), Allier (14,4 %) et Nièvre (13,5 %), et plus généralement dans les communes qui perdent des habitants.

Pourquoi y a‑t‑il des logements vacants dans les zones tendues ?

Une partie de la vacance est une vacance de rotation entre deux occupants, plus fréquente là où l'on déménage beaucoup ; s'y ajoutent les logements en travaux, en succession ou laissés libres entre des locations de courte durée, que le recensement ne distingue pas.